Cameroun – Edgard Alain MEBE NGO’O « Je vous prie de me croire, la résurrection de Camair-Co est en cours »

Aeroport de Douala

Nous vous proposons l’entretien que le ministre des Transports a accordé à nos confères du poste national de la CRTV le 27 mars 2016 dans le cadre de l’émission Dimanche Midi.
Dans cette sortie, le ministre des Transports présente l’environnement global du secteur dont il a la charge depuis le 2 octobre 2015. 237online.com Il aborde les points sur les aéroports du pays, ainsi que la situation de la compagnie nationale Camair-Co dans un contexte d’ouverture continue au ciel Cameroun à des compagnies étrangères.

M. le ministre autant on a apprécié le respect des délais de la livraison des 2350 mètres de la piste de l’aéroport international de Douala, autant on s’est posé la question de savoir pourquoi n’avoir pas couvert dans ses réfections, l’ensemble des 2850 mètres. Est-ce que la course au respect des délais ne vous a pas imposé des travaux provisoires ?
Bien je dois vous dire qu’il est exact que la piste de l’aéroport international de Douala fait bel et bien 2850 mètres linéaires. 237online.com Mais l’option qui a été prise dès le départ lorsqu’on a pris la décision d’interrompre le trafic à l’aéroport international de Douala pour trois semaines c’était de faire en sorte que dans un premier temps seuls 2350 mètres linéaires fassent l’objet des travaux. C’est une option qui était prise dès le départ. Par conséquent, le 21 mars lorsque les travaux ont été livrés, ces travaux portaient sur 2350 mètres.

Que fait-on des 500 mètres supplémentaires ?
Les travaux se poursuivent (jusqu’au 1er avril) et seront livrés le 1er avril 2016.

Est-ce que ce n’est pas cela qui donne raison à cette opinion relayée ou amplifiée par la presse selon laquelle la réception que nous avons vécu à Douala n’était qu’une réception provisoire et n’était qu’une réception pour les caméras?
Je crois que cela ne peut pas justifier ces spéculations. Dans la mesure où c’est ce qui était prévu dès le départ. Je dois d’ailleurs vous rappeler que les travaux d’une manière générale concernant la piste et les autres parkings etc. sont prévus de se poursuivre jusqu’au mois de décembre. Mais ceux qui concernent uniquement la piste d’atterrissage étaient prévus pour se dérouler en deux temps.

Autrement dit, l’aéroport de Douala demeure un aéroport en chantier ?
Oui, il va le demeurer même jusqu’à l’année prochaine. Puisque après les travaux concernant les chaussées aéronautiques c’est-à-dire la piste et les parkings, il va falloir attaquer maintenant les travaux du terminal passagers.

Mais maintenant, les spécialistes disent que les 2850 mètres de longueur de piste de l’aéroport international de Douala ne suffisent pas pour voir atterrir au Cameroun certains gros porteurs, prenons l’exemple d’un Airbus A380. On se serait attendu à ce qu’à l’occasion de ce « reliftage » de l’aéroport international de Douala qu’on fasse un peu plus …
Je vous rappelle que l’aéroport de Douala, la piste a été construite il y a 40 ans. Il y a quarante ans on ne parlait pas encore du « A380 ». Je voudrais vous dire également que la programmation des travaux concernant les aéroports obéit à des audits très pointus. 237online.com La piste de Douala en ce moment fait 2850 mètres, cette piste est en mesure de recevoir la plupart des gros porteurs. Evidemment s’il s’agit d’un airbus A380 ce ne serait pas possible. Mais les impératifs de l’exploitation en ce moment ne commandent pas encore qu’on envisage l’extension de la piste de l’aéroport de Douala. Je précise d’ailleurs que cette piste présente beaucoup de difficultés d’extension dans la mesure où elle est envahie vous le savez bien par les populations riveraines.

Je voulais justement vous posez la question. C’est justement l’une des préoccupations qui devraient être les vôtres. Les questions de sécurité du fait de cet envahissement se posent à l’intérieur comme autour de des aéroports au Cameroun…
Oui je souscris à votre observation. Mais il n’y a pas de résignation. De problème est très bien adressé. La solution pourrait consister soit à déplacer les populations soit à envisager une autre infrastructure.

Et précisément monsieur le ministre, si on ne peut pas déplacer les populations on peut déplacer l’aéroport… Qu’est-ce qui interdit au Cameroun d’envisager un aéroport différent de celui qui est installé à Douala en ce moment ?
Aucune interdiction. Mais simplement vous savez la construction d’un aéroport ce n’est pas une opération du jour au lendemain. Il faut des études, il faut des moyens. Mais c’est une possibilité qui existe.

Un regard actuellement du côté de l’aéroport international de Yaoundé – Nsimalen qui du temps de la fermeture pour travaux de l’aéroport de Douala a accueilli tout le trafic délocalisé là également avec succès soulignez-vous ?
Oui avec un succès retentissant et à ce sujet nous avons eu des messages de satisfactions des compagnies aériennes des pays amis. Naturellement de nos compatriotes également.

Lorsque vous dites succès retentissant monsieur le ministre, faites-vous allusion à cette salle d’attente des bagages où on voyait des passagers piaffer d’impatience du fait de l’existence de seulement deux tapis pour réceptionner les bagages dans un contexte où il y avait quand même une forte activité d’atterrissage et de décollage d’aéronefs ?
D’abord je voudrais vous dire que dans tous les aéroports du monde, il y a forcément un temps d’attente des bagages. Et puis je voudrais vous dire que l’aéroport international de Yaoundé est également appelé à faire l’objet de travaux. Et ces travaux vont concerner aussi bien la piste mais pas dans les mêmes conditions qu’à Douala. 237online.com Il va simplement s’agir à Yaoundé du renforcement de la portance de la piste. Et puis dans un deuxième temps il va s’agir d’apporter des équipements supplémentaires : les escaliers, les ascenseurs, les escalators et puis les tapis pour les bagages. Au moment où je vous parle, il y a 500 charriots à l’aéroport international de Nsimalen.

Restons à l’aéroport international de Yaoundé – Nsimalen, un aéroport qui se veut international dans un contexte de mondialisation, dans un contexte où vous vous engagez à faire venir de nombreuses compagnies au Cameroun du fait de vos accords. Un aéroport international de Yaoundé Nsimalen où on n’a pas de free shop comment comprendre cela ?
Le problème du free shop est déjà résolu. Dans moins d’un mois, Yaoundé et Douala vont disposer de l’un des meilleurs free shop qui existe dans notre sous-région. Il y a un opérateur qui a fait se preuve dans beaucoup d’aéroports dans le monde qui va s’installer à l’aéroport international de Yaoundé.

Vous avez tellement confiance en l’avenir que vous nous tracez monsieur le ministre. On note que vous multipliez ces derniers temps la signature des accords aériens avec plusieurs pays invitant ici au Cameroun des très grosses compagnies certaines étant des majors mondiales, est-ce que c’est forcément bénéfique pour un pays comme le nôtre qui a une compagnie Camair-Co qu’on voudrait voir s’envoler définitivement ?
D’abord je voudrais vous dire que de plus en plus, l’espace aérien est libéralisé. Il y a des conventions qui existent auxquels le Cameroun est partie. Donc sous prétexte de vouloir protéger la compagnie nationale on ne va pas refuser l’accès du ciel camerounais aux compagnies internationales et qui viennent des pays amis. Et il faut savoir que la venue de ces compagnies au Cameroun emporte des effets bénéfiques.

Mais comment on fait pour la compagnie nationale dans ce contexte-là. Un petit poucet à côté de ces géants que vous invitez sans cesse chaque jour ?
La compagnie nationale, le gouvernement s’en occupe également. Elle est en pleine montée en puissance. Ce n’est peut-être pas encore visible mais je vous dis que le processus est en cours.

Vous faites bien de préciser monsieur le ministre, parce que nous les voyageurs au quotidien nous voyons peut-être moins de vol d’ailleurs que par le passé. Moi je ne suis pas d’accord avec vous. Montée en puissance dites-vous monsieur le ministre avec cinq aéronefs devant des compagnies qui en compte en centaine?
Quand je prenais la tête de ce ministère, nous avions trois aéronefs qui étaient en exploitations. Les MA60 sont là aujourd’hui. 237online.com Tout ce qu’il a eu autour de ces avions relève de la désinformation. Ce sont des aéronefs qui ont été certifiés et qui sont en exploitation non seulement au Cameroun mais aussi dans d’autres pays.

Quelles sont les lignes qu’effectuent ces aéronefs ?
Pour le moment, les MA60 sont exploités entre Douala et Yaoundé. Ils n’étaient pas en exploitation pendant la fermeture de l’aéroport de Douala. Mais ils ont vocation à desservir le réseau domestique et quelques localités dans le réseau régional.

D’où la question des voyageurs monsieur le ministre de la partie septentrionale du pays. Ils se demandent où sont passés ces MA60 ?
Les MA60 vont desservir Ngaoundéré, Yaoundé, Douala, Bafoussam, Koutaba, Bamenda, Bertoua. L’exploitation des MA60 va évoluer en fonction des travaux qui sont en cours dans les aéroports comme à Bafoussam comme à Koutaba et à Bamenda. Parce que pour qu’un aéronef opère sur un aéroport, il faut que cet aéroport soit certifié par l’autorité aéronautique.

Et le développement global de Camair-Co monsieur le ministre bien sûr il y a les aéronefs, il y a les aéroports mais il y a la compagnie en elle-même et ses pratiques et sa santé…
Là également le gouvernement a pris le problème à bras le corps. Je vous prie de me croire la résurrection de Camair-Co est en cours. Il fallait faire voler les deux avions MA60, c’est important pour une compagnie. 237online.com Et il fallait faire un audit de la compagnie pour savoir exactement qu’est-ce qui va bien et qu’est-ce qui ne va pas. Et pour ce faire vous savez que le Cameroun a fait appel à la maison Boeing qui est mondialement reconnue et que personne ne remet en cause.

Dans un contexte où vous travaillez également avec l’expert chinois…
Non, il n’y a pas d’incompatibilité. L’expert chinois nous a accompagnés dans l’acquisition de deux avions. C’est-à-dire sur un plan tout à fait commercial.

Qu’en sera-t-il de l’entretien ?
La maintenance est assurée par le partenaire chinois. Dans une logique d’ailleurs qui prévoit un transfert progressif de compétence en faveur des techniciens camerounais.

Le partenaire chinois, le partenaire américain au tour de la compagnie Camair-Co. Est-ce que tous les ingrédients ne sont pas réunis pour que précisément on n’avance pas ?
Non. Justement, le Cameroun a engagé une démarche méthodique et pragmatique. De poser d’abord le bon diagnostic. Et quand le bon diagnostic est posé le gouvernement prend les décisions qui s’imposent. Justement Boeing vient de remettre un pré-rapport qui concerne le réseau général c’est-à-dire au plan intercontinental, au plan régional, et au plan domestique. Boeing propose également un plan d’acquisition de la flotte. La flotte qui va permettre d’assurer l’exploitation du réseau que Boeing va mettre en place.

Le Cameroun en a-t-il les moyens ?
S’agissant de Camair-Co il y aura de l’argent puisqu’il y a la volonté politique au sommet. Le président de la République fait du problème de Camair-Co son affaire personnelle.

Prenons un contexte africain. Une compagnie comme Ethiopian Airlines compte une centaine d’aéronefs…
Non. Ethiopian compte 68 aéronefs. Et Ethiopian n’a pas eu ces aéronefs du jour au lendemain. Ils ont suivi exactement le même processus que Camair-Co est en train de suivre. C’est-à-dire faire un audit, poser un diagnostic et prendre les bonnes décisions. C’est d’ailleurs un processus qui s’inscrit dans le temps.

Est-ce que vous pouvez nous donner un chiffre des projections en termes de nombre d’appareils ?
L’audit n’est pas achevé. Je vous ai parlé d’un pré-rapport. Ce pré-rapport c’est le président de la République qui doit avoir la primeur. Maintenant ce qu’il faut attendre c’est le rapport définitif et vous verrez que lorsque ce rapport sera achevé, le gouvernement prendra les décisions qui conviennent. L’audit que nous attendons de Boeing ce n’est pas seulement le réseau ni les aéronefs, mais c’est tous les pans de l’exploitation y compris donc les problèmes de qua lité de services, les problèmes de personnels.

Source CRTV-Radio, Dimanche Midi, du 27 mars 2016
Transcription Pierre Nka

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