Cameroun – Discours du 10 février: Paul Biya met les jeunes en haut

Plan triennal «Spécial jeunes » de 102 milliards, programme d’industrialisation avec à la clé moult opportunités d’emplois, intensification de la professionnalisation de l’enseignement secondaire… Le chef de l’État a dessiné l’avenir des jeunes générations en rose.
C’est le discours le plus sincère et le plus alléchant que Paul Biya ait jamais prononcé en l’endroit de la jeunesse en 34 ans de pouvoir. Pas de promesse au vent. Rien que du concret avec des chiffres et un calendrier à l’appui. Dans les trois prochaines années, si entretemps aucun grain de sable ne vient enrayer la mécanique bien huilée du président de la République, on comptera par milliers ces jeunes à qui l’occasion aura été donné de s’employer. 237online.com En effet, dans son discours à la jeunesse, le 10 février, Paul Biya a annoncé le lancement « d’un plan triennal Spécial Jeunes, doté d’une enveloppe globale de 102 milliards de francs CFA ». Ce plan aura pour objet de « faciliter et accélérer l’insertion économique de notre jeunesse », explique le chef de l’État. Celui-ci d’ajouter particulièrement à l’intention de ses jeunes compatriotes, «  Vous aurez-là, je crois, l’occasion de faire la preuve de votre patriotisme économique »

Les nuages se dissipent peu à peu
Sans lire dans une boule de Crystal, avec 102 milliards de Fcfa, c’est plus de moyens alloués au financement des projets des jeunes, dont on ne sait que trop le dynamisme entrepreneurial. Dans son discours, le président de la République a clairement marqué sa préférence pour l’économie agricole et numérique. 237online.com Si le second secteur, de part sa nouveauté et les multiples commodités qui sont siennes, suscite naturellement l’engouement des jeunes et passe pour battre les records en termes de création d’emploi et de richesse dans le monde, le premier, quoique plein de promesse, exerce à contrario un effet repoussoir sur une certaine catégorie de Camerounais. En ayant conscience, Paul Biya  a choisi dans le vocabulaire les mots les plus engageants pour réviser l’opinion des 18-35 ans sur l’agriculture. Morceaux choisis : «La terre ne trahit jamais. N’ayez pas peur de franchir le pas, soyez les entrepreneurs agricoles dont le Cameroun a besoin. C’est un métier noble et rémunérateur» ; « Dans l’agriculture, il est souvent possible de faire beaucoup avec peu. De nombreux programmes existent au niveau du gouvernement pour soutenir le développement rural. Informez-vous sur ces programmes. Vous devez pouvoir en profiter. »  
Cerise sur le gâteau : pour ceux des jeunes qui en expriment l’envie, ils pourront «tirer un grand bénéfice des programmes d’éducation citoyenne offerts par l’Agence du Service Civique de Participation au Développement», propose le président de la République.

Sollicitude constante
Auprès de la jeunesse, Paul Biya a toujours su jouer les papas noël. Les grandes annonces immortalisent bien de ses discours du 10 février. On se souvient de sa promesse (depuis lors tenue) d’instaurer des primes au profit des étudiants méritants. On a encore frais en mémoire le recrutement dans la fonction publique en 2011, dans la foulée de son allocution y afférente, de 25.000 jeunes diplômés.  Cette opération, une des plus importantes de l’histoire des recrutements publics au Cameroun, tira du chômage un plus grand nombre encore de jeunes, leur octroyant une responsabilité, une autonomie financière et une sécurité sociale inespérées, qui plus est, dans un environnement économique peu généreux en emploi.
Mercredi dernier, le chef de l’État en annonçant notamment un Plan triennal «Spécial jeunes» de 102 milliards Fcfa a tout bonnement perpétué la bonne vieille tradition de gracieuseté au bénéfice de ses « chers jeunes compatriotes ».

Un président paternel
Une jeunesse épanouie, patriote et responsable : c’est ce dont Paul Biya rêve pour son pays. Autant il loue ces «jeunes engagés au front » qui  « protègent notre pays de la menace terroriste» autant il fustige ces « autres jeunes qui se sont fait recruter, au prix d’importants sacrifices, dans l’administration, désertent ensuite leurs postes d’affectation, tout en continuant de recevoir une rémunération». Avec force, il appelle à se défier de ces individus : «Ceux-là sont l’exemple de ce qu’il ne faut pas faire». Pour cause «la recherche du gain facile et l’enrichissement sans cause sont des voies de perdition qu’il faut bannir des milieux jeunes». 237online.com Comme parlant à lui-même, mais à l’observation c’est plus une invite aux jeunes générations, Paul Biya estime qu’il est «bon que notre jeunesse s’imprègne des valeurs républicaines et citoyennes. Elle devrait en faire le fondement d’un engagement authentique, sur tous les fronts, qu’ils soient sécuritaires, économiques, culturels ou sociopolitiques». Une jeunesse qu’on conseille est une jeunesse qu’on gagne !

Michel Tafou

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