Cameroun – Difficultés : La diaspora présente ses problèmes

Diaspora camerounaise

C’était hier, 08 juillet 2021 au palais des congrès, au cours d’une séance de travail entre des Camerounais vivant en étranger et le réseau présidé par l’honorable Louis Henri Ngantcha.

Créative, inventive et bouillonnante d’idées, la diaspora camerounaise investit son énergie loin de ses terres. Elle développe de nombreux projets pour plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest ; des pays où les autorités mettent des moyens et créent des facilités pour les investisseurs. C’est le cas du Dr Jean Louis Benae. Le neurochirurgien basé à Dallas, aux Etats-Unis, est à la tête d’une clinique. Il est également investi dans le cadre humanitaire à travers une fondation nommée #Brain project Africa. L’objectif est de changer les conditions de santé sur le continent avec la participation de plusieurs experts dans le domaine de la santé. « Notre fondation envoie au Ghana, un à deux conteneurs de 40 pieds de produits tous les trois mois parce que le Ghana a pris la disposition de nous aider à les aider. Quand le support du pays hôte n’est pas là, on baisse les bras».
Des compétences comme celles-ci, il y en a à ras bord au niveau de la diaspora. Le problème est qu’elles rechignent à revenir investir au pays. Elles préfèrent aller vers des pays ouverts car les tracasseries administratives rencontrées au Cameroun n’encouragent pas des initiatives de retour. Ils sont nombreux dont la destination Cameroun n’attire pas au regard des mauvaises expériences passées : longue attente, rackette… Ces membres de la diaspora se sont ouverts hier, 08 juillet au cours d’une séance de travail avec le réseau parlementaire de la diaspora. Le président de ce réseau, l’honorable Louis Henri Ngantcha, s’est montré satisfait face à l’étendue du savoir et du savoir-faire des Camerounais de l’étranger. L’idée est de les voir participer au développement de leur pays.

Double nationalité

La question de la double nationalité reste un frein pour beaucoup. Face aux contraintes qui meublent leur retour, ils préfèrent investir dans leur pays de résidence. Le Pr Lambert Sonna a conté son « expérience amère » : « C’est quand on se frotte au système qu’on comprend sa complexité. C’est un problème de volonté. Si la volonté administrative n’est pas sincère, on aura toujours les mêmes difficultés », a-t-il martelé. La diaspora plaide pour une amélioration de la qualité de nos lois afin de faciliter les retours et les investissements en portant une attention particulière sur la question de la double nationalité. Ce problème revient à chaque fois sans réussir à faire bouger les lignes. L’honorable Louis Henri Ngantcha se veut optimiste. Pour lui : « Nous ne voulons pas politiser le réseau. Nous parlons opportunité. Ma conviction personnelle c’est que le problème de la double nationalité va être résolu. On ne cesse pas d’être Camerounais parce qu’on a pris une autre nationalité. La diaspora est un bien précieux pour le Cameroun. Nous connaissons vos difficultés », a rassuré le parlementaire.

Dans son souci de donner un plus au Cameroun, Samuel Erve Mandeng a lancé il y a peu le concept #Give back to Mama. « Give back to mama c’est la dîme des compétences de la diaspora. Chaque année, elle vient au Cameroun transmettre ses compétences et leur expertise dans tous les domaines différents ».

Le réseau est déterminé à convertir la diaspora afin qu’elle revienne investir pour le développement du Cameroun. L’initiative d’établir un fichier des experts par domaines de compétences est enclenchée pour le retour des « cerveaux » camerounais. La diaspora veut une réelle collaboration.

Solière Champlain Paka

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