Cameroun – Développement: Ngoumou, un village très citadin

Une ville cinquantenaire qui veut devenir l’un des socles socio-économiques de la région. Sa proximité avec la capitale est favorable à cette ambition.
Etenga, Mvog Tsoung’Mballa, Nkong-Zok, Nkong-Abok, Nkong-Meyos et Otele sont les 6 groupements qui constituent l’arrondissement de Ngoumou. Cette ville doit sa notoriété actuelle au club Renaissance, qui a évolué pendant près d’une décennie au sein de l’élite du football. Renaissance de Nkong-Abok, de son appellation originelle, est pourtant reléguée depuis cette saison en Ligue 2, occupant même une très mauvaise position au classement.
La commune rurale Ngoumou, située à quelque 45km de Yaoundé, la capitale, doit malgré tout poursuivre son développement. Elle limitrophe à Bikok à l’est, à Akono au sud, à Mbankomo au nord et à Otélé du côté ouest, couvrant une superficie d’un peu plus de 407km2 que peuplent plus de 5000 âmes composées des Etenga, des Ewondo et des Bassa, des populations autochtones qui côtoient les Bamiléké, Haoussa, Nigérians et autres Maliens, marquant ainsi le caractère hospitalier de cette commune située en zone rurale et qui a, longtemps, souffert de l’enclavement en dépit de sa proximité avec Yaoundé.
«Nous sommes une petite commune qui a besoin de se développer économiquement et de s’épanouir socialement. Pour cela, nous avons besoin de la contribution de tous les enfants de cette cité que nous voulons sortir de la torpeur», explique Antoine Amié Assouh, son maire et membre du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), en poste depuis 2002, est petit-fils des Eléga, une des nombreuses grandes familles qui peuplent le chef-lieu du département de la Mefou et Akono. Dans un conseil municipal de 25 membres, tous issus du parti au pouvoir, il est assisté de Victorine Essomba (enseignante) et de Vincent Zoa (inspecteur des impôts à la retraite) avec, depuis 2013, Julien Abena au secrétariat général. Le maire reconnait et loue le «caractère éclectique» de sa commune, malgré quelques divergences. Mais «on finit toujours par accorder les violons, au nom des populations de notre ville que nous aimons tous».

Elig nlang
Ngoumou a connu une très forte évolution depuis 2002, année au cours de laquelle Antoine Amié Assouh a remplacé Jean Martin Etoundi à la tête de la mairie. Cet essor est marqué par de nombreux projets socioéconomiques, dont l’un des plus marquants est le programme «se loger à Ngoumou», qui prend corps depuis 2012 avec ses 307 parcelles à commercialiser, dont le coût total est de 355 millions de FCfa avec une composante aménagement de lots équipés et un volet logement. La superficie totale du lotissement, de 27ha situé au cœur de la ville, au quartier Elig Nlang, finira par abriter le nouveau marché, la gare routière, la place des fêtes ainsi qu’un espace pour le divertissement.
Au stade actuel de la réalisation du lotissement, le plan de financement intègre les ressources provenant du Programme national de développement participatif (Pndp), du Fonds spécial d’équipement et d’intervention intercommunale (Feicom), du Crédit foncier ainsi que du ministère du Développement urbain. L’objectif ici est, selon le maire, «de créer un pôle urbain susceptible d’orienter le développement de la ville afin d’éviter l’urbanisation anarchique et la défiguration de la cité». Le lotissement de Ngoumou bénéficie, depuis octobre 2007, de la déclaration d’utilité publique, la mairie étant même déjà propriétaire de deux titres fonciers. On peut donc acquérir une parcelle ici et y construire un logement.
Avec une fierté non feinte, Antoine Amié Assouh affirme que «le déforestage et le nettoyage du site sont achevés, le bornage des parcelles effectué, l’alimentation et la distribution d’eau sont réalisées, l’électricité aussi et les voies d’accès en cours de finalisation par une entreprise privée». Le tout sur financement d’un certain nombre de partenaires et avec l’appui affirmé des pouvoirs publics.
Considéré comme le père fondateur de Ngoumou, Simon Pierre Tchoungui, dont une stèle a été érigée devant le Palais des congrès municipal pour un budget 304 millions FCfa), ne reconnaîtrait certainement pas ce qui n’était qu’une modeste bourgade, jusqu’à sa mort en juillet 1997, tant son visage a considérablement évolué. De la petite localité érigée en arrondissement en mai 1964, le paysage urbain de Ngoumou se modernise véritablement. En dehors du Palais des congrès municipal, autre acquis de l’actuel exécutif, l’Etat y est présent à travers un ensemble d’administrations (justice, délégations départementales, lycées classique et technique, etc.). «La route Yaoundé-pont d’Olama-Kibri a sorti notre ville de sa torpeur et nous a ouvert les yeux. On est à Yaoundé en 30mn, par exemple», s’extasie un moto-taximan. Ce paysage est renforcé par un d’électrification par système solaire, rendant Ngoumou by night un aspect attrayant et sécurisant.
Une très forte élite anime la scène sociopolitique du coin, toute quasiment acquise au Rdpc : Basile Atangana Kouna (ministre de l’Eau et de l’Energie), Laurent Nkodo (sénateur, ancien directeur général des impôts), Marie Rose Nguini Effa (député à l’Assemblée nationale), pour ne citer que ceux-là. De fortes têtes qui participent au bouillonnement de la vie politique, au milieu d’une jeunesse à l’abri de l’insécurité et d’attractions culturelles diverses.

Bio express
Maire de famille et père attentionné
«Que les populations de la ville de Ngoumou gardent de moi l’image d’un promoteur de développement. Qu’au sein cette commune, après moi, je sois perçu comme celui qui a permis au tissu économique de cette localité de véritablement éclore. Faire naître la confiance entre l’institution communale et les populations, car l’activité quotidienne à la mairie n’est pas facile. J’ai donné, malgré les difficultés et les incompréhensions, toute ma vie à Ngoumou. J’y ai même donné de ma jeunesse.» Antoine Amié Assouh, né le 24 juin 1962 à Ova’a Ngul 1, près d’Otélé affiche, du haut de son mètre quatre-vingt une apparence nonchalante.
«Monsieur le maire» est pourtant bâti comme une armoire à glace. C’est un diplômé des cycles d’ingénieurs de l’École nationale supérieure des industries agro-alimentaires (Ensiac) de Ngaoundéré, en 1991 et de l’École nationale supérieure polytechnique (Ensp) de Yaoundé, en 1997. Il est, depuis 2008, titulaire d’un doctorat Ph.D en sciences de l’ingénieur obtenu à l’université de Yaoundé I. Conducteur de projets, son expérience et sa science l’ont conduit à l’enseignement dans des universités nationales à l’instar de l’Institut universitaire bois de Mbalmayo.
Moulé à l’école du révérend père Engelbert Mveng, réputé rigoureux et bosseur, l’ancien élève du collège Le Sillon Jeanne Amougou, où il obtint son baccalauréat en 1994, compte sur l’appui des populations et de l’élite locale pour impulser la réelle dynamique de développement socio-économique dont a besoin la commune de Ngoumou pour s’affirmer.

REPERES
Nom : commune rurale de Ngoumou – chef-lieu du département de la Mefou et Akono
Région : Centre
Département : Mefou et Akono
Préfet de la Mefou et Akono : David Embé
Sous-préfet de Ngoumou : Julien Ndoumba
Date de création : 1964
Nombre de villages : 56
Nom du maire : Antoine Amié Assouh
1er adjoint au maire : Victorine Essomba
2ème adjoint au maire : Vincent Zoa
Nombre de conseillers municipaux : 25
Population : 5000 habitants
Population active : 57%
Jeunes : environ 72%
Superficie : 407km2
Personnel permanent de la commune : 12
Personnel non permanent de la commune : 12
Budget de la commune pour l’année 2015 : 800 millions FCfa
Ressources extérieures du budget : 80% Etat du Cameroun, Pndp, Feicom
Ressources liées à la commune : 20%
Principales ethnies : éwondo, étenga, bassa
Les acteurs du développement local : divers Groupes d’initiative commune, suivant les secteurs que sont l’agriculture, la micro finance et la santé
Partenaires au développement : Pndp, Pnud, UE/Pdrpu, Iita
Projets en cours : «se loger à Ngoumou», «se nourrir à Ngoumou»
Infrastructures sanitaires : hôpital de district composé de deux bâtiments, dirigé par un médecin en plus d’une trentaine d’infirmiers et de personnels divers
Cultures vivrières : manioc, macabo, banane plantain, arachide, pistache
Cultures de rente : cacao
Jours de marché : mardi, jeudi et samedi.
Sécurité publique : 1 compagnie de gendarmerie, 1 brigade de gendarmerie, 1 commissariat de sécurité publique, 1 commissariat spécial, 1 prison principale

Simplice Mboazo, à Ngoumou

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