Société

Cameroun: Des inondations aux allures de déluge à Douala

Les pluies diluviennes qui se sont abattues le 19, 20 et 21 août 2020 dans la région du Littoral et particulièrement dans les villes de Douala, Edéa, Eboné et Nkongsamba ont été dramatiques pour les populations.

Les habitations noyées à près de 1m50 de hauteur, familles des désemparées, des mobiliers de maison pataugeant en surface, des automobilistes ballotés par la puissance effroyable des courants d’eaux, des commerces saccagés, la circulation même à pied était rendue impossible. Des populations obligées d’aller à la nage pour traverser d’un bout à l’autre des routes bitumées, un spectacle rocambolesque et dramatique que la furie des eaux d’une pluie torrentielle impitoyable a offert aux Doualais. La capitale économique a été le théâtre d’une inondation sans précédente dans la journée du vendredi 21 août 2020.

Conséquence d’une pluie qui s’est abattue dès les premières lueurs du jour et ayant pris une ampleur foudroyante à partir de 07 heures du matin, pour ne baisser d’amplitude qu’aux environs de 14 heures. Plongeant au bout de la première heure de ses averses, toute la ville dans un semi-déluge.
Pour un patriarche (octogénaire) du canton Déido, il faut remonter en 1960 lorsque la ville de Douala avait connu une pareille pluie torrentielle, qui a sorti le fleuve Wouri de son lit, avec une telle furie. Pour lui, «il faut y voir au-delà d’une simple explication météorologique, un message que nous envoie les ancêtres ».

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Pas une seule des six communes d’arrondissement n’a été épargnée. Dans l’arrondissement de Douala 6ème (Ile de Manoka), la sortie du fleuve Wouri de son lit a détruit certaines maisons en voliges, jonchant le long des débarcadères. Mieux, aucune pirogue et aucun navire n’a pu effectuer le moindre déplacement. Dans l’arrondissement de Douala 1er, le centre administratif de Bonanjo, les avenues commerciales d’Akwa, et les quartiers résidentiels Bonapriso et Bali, vitrine de la ville de Douala et les quartiers périphériques Deido, Bonatoné, Vallée Bessengue et Sable (Akwa Nord), ont affiché une image déshonorable. Non seulement ils étaient submergés par les eaux du fait de leur proximité avec le fleuve Wouri, mais aussi parce que des drains d’évacuation des eaux sont bouchés depuis des années. Même le nouveau pont sur le Wouri était engorgé par les eaux et inaccessible. Plus grave encore, les villas des hautes personnalités et personnes nanties qui font en temps normal fière allure, étaient noyés, laissant place à un bal de sauvetage des biens et meubles que l’abondance des eaux avait mis sens dessus-dessous.

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Dans les autres arrondissements de Douala 2ème, 3ème, 4ème et 5ème qui abritent la plus forte densité des populations, et où on retrouve les quartiers spontanés qui ont germé dans les zones à risques, à l’instar de Boko, Newton Aéroport, Mabanda, Billongue, Malangue, Vallée hôpital général, Mabanda, Grand Hangar, Forêt Bar, BP cité, Dakar, … l’ampleur du sinistre frisait le déluge. Certaines habitations étaient absorbées par les eaux. Leurs occupants ont été sauvés par les secours des populations qui ont constitué une chaine de solidarité inopinée. La particularité de ces quartiers est qu’ils sont situés sur des zones marécageuses qui jouxtent les cours d’eaux qui traversent la ville de Douala, pour se jeter dans le fleuve Wouri. Fort curieusement, c’est là où les populations issues de l’exode rural, ou faisant face à la crise de logement et bénéficiant du laxisme caractérisé par la tolérance administrative des autorités compétentes, ont choisi de s’installer au forceps. A force de repousser les eaux à partir des remblais de terre et de déchets de toute sorte, elles ont fini par construire des maisons qu’elles occupent dans ces zones inconstructibles et fortement à risque.

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