Le Cameroun perd une de ses figures les plus constantes de la République. Luc Ayang, président du Conseil économique et social (CES), est décédé le 14 octobre 2025 à Bruxelles, en Belgique, à l’âge de 78 ans, des suites de maladie. Ancien Premier ministre et haut fonctionnaire au parcours exceptionnel, sa disparition laisse un vide profond dans le paysage institutionnel du pays.
« Luc Ayang quitte la scène dans la dignité, fidèle à sa discrétion légendaire », confie un ancien collègue du CES.
Son décès, confirmé dans un communiqué officiel signé du Secrétaire général du CES, Zacharie Ngoumbe, marque la fin d’une longue carrière consacrée au service public et à la stabilité du Cameroun.
Une vie au service de la République
Né en 1947 à Doukoula, dans le Mayo-Danay (Extrême-Nord), Luc Ayang fut un haut commis de l’État dont la carrière aura traversé plus d’un demi-siècle. Titulaire d’un baccalauréat obtenu au Collège de Mazenod à Ngaoundéré puis diplômé de l’Université de Yaoundé, il intègre l’École nationale d’administration et de magistrature (ENAM) en 1971, d’où il sort administrateur civil.
Dès 1974, il rejoint la Fonction publique et gravit les échelons : chef de service à la Présidence, puis secrétaire général adjoint du ministère de l’Agriculture, avant d’être nommé Premier ministre en 1983, sous le président Paul Biya.
« C’était un homme calme, pondéré et profondément loyal », témoigne un proche de l’ancien chef du gouvernement.
Après la suppression du poste de Premier ministre en 1984, il fut nommé président du Conseil économique et social, poste qu’il occupera pendant plus de 40 ans, jusqu’à son décès.
Un pilier institutionnel respecté à l’intérieur comme à l’extérieur
Homme de dialogue et de concertation, Luc Ayang incarnait la mémoire administrative du Cameroun. À la tête du CES, il aura traversé six mandats présidentiels, sans jamais céder aux soubresauts politiques. Son autorité tranquille et son sens du devoir lui ont valu le respect de tous bords.
« Il appartenait à cette génération de serviteurs de l’État pour qui la loyauté n’était pas un slogan, mais une ligne de vie », souligne un ancien ministre.
Malgré son éloignement progressif de la scène publique ces dernières années, son rôle consultatif au sein du CES est resté déterminant dans plusieurs grands chantiers économiques et sociaux, notamment la réforme de la décentralisation et le dialogue social national.
Son décès survient dans un contexte post-électoral tendu, et son parcours rappelle l’importance du service public comme ciment de la cohésion nationale.
Un départ salué à travers le pays
Le communiqué du Conseil économique et social, daté du 15 octobre 2025, a confirmé la disparition du président Ayang à l’hôpital Saint-Luc de Bruxelles.
« Le président Luc Ayang laisse derrière lui l’image d’un homme intègre et profondément attaché à la République », peut-on lire.
Dans son village natal de Doukoula, les témoignages affluent. Des habitants décrivent un homme proche du peuple, toujours attentif aux besoins des communautés rurales.
Un enseignant local résume :
« Ici, Luc Ayang n’était pas qu’un nom. C’était un modèle de réussite et de fidélité à son pays. »
Disparu loin de sa terre natale, Luc Ayang laisse l’image d’un serviteur de l’État infatigable, d’un médiateur discret et d’un homme profondément enraciné dans les valeurs républicaines.
Son départ marque la fin d’une époque, celle des administrateurs à la fois technocrates et patriotes.
Le Cameroun lui dira adieu dans la sobriété, mais avec respect et reconnaissance.
Ne manquez aucune actualite !
Gratuit - Mises a jour en temps reel - Sur mobile et desktop
Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.
📰 Voir tous ses articles →



