Cameroun – Débâcle des Lions: une (autre) enquête pour rien ?





Alors que selon toutes vraisemblances, le rapport du premier ministre, Philémon Yang serait déjà parvenu au chef de l’Etat, Paul Biya, des raisons laissent penser que le rapport de la Commission Louis Paul Motaze ne sera qu’un dossier de plus dans le tiroir de Paul Biya.[pagebreak] Mais puisqu’on est dans un pays où on cultive le silence, la désinformation, le mystique et le mystère, le rapport va plus que probablement déposé sur la même tablette où attendent déjà la constitution de 1996, le rapport sur le forum national du football, les résultats des recensements généraux successifs depuis 1985.
Voilà qui est fait. Paul Biya sait tout. Mais maintenant que les raisons de la descente aux enfers de la sélection nationale fanion de football lui ont été « rappelées », puisque ce n’est pas la première fois, le chef de l’Etat camerounais va-t-il (enfin) calmer le jeu pour de bon ? Si seulement ! C’est à lui que revient en tout cas le droit de décision. Lui, qui a instruit à son premier ministre, Philémon Yang de mener « son » enquête et de « lui soumettre le résultat de ses investigations sur les causes de la campagne peu glorieuse de notre équipe fanion, les Lions Indomptables à la Coupe du monde de football de 2014 au Brésil, avec des propositions en vue d’une restructuration profonde et urgente du football camerounais », tel que mentionné dans un communiqué signé le 25 juin dernier par le ministre secrétaire général à la Présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh.

Pour remplir sa mission, Philémon Yang avait mis sur pied une Commission d’enquête présidée par Louis Paul Motaze, son secrétaire général. Ladite Commission a reçu les différents rapports des deux tutelles du football camerounais que sont le ministère des Sports et de l’éducation physique, et la Fédération camerounaise de football (Fécafoot). La Commission Louis Paul Motaze a également auditionné le sélectionneur national, Volker Finke, des anciens Lions Indomptables tels que Roger Milla, Joseph Antoine Bell, Michel Kaham, et d’autres acteurs du football camerounais dont « les avis comptent ». Le contenu de leurs échanges demeure secret, même si « ils ont parlé des problèmes qui minent notre football, de la façon avec laquelle ce football et notamment la sélection fanion sont gérés, de comment on en est arrivé là, et enfin de comment en sortir », a-t-on appris de source bien informée.

Et si la montagne accouchait d’une souris ?
Alors que des sources révèlent que le rapport final du premier ministre serait déjà parvenu à la Présidence de la République, des raisons laissent cependant croire que ce ne sera qu’un dossier de plus dans les tiroirs de Paul Biya. En effet, ce n’est pas la première fois que le chef de l’Etat instruise au premier ministre de mener un travail visant à résorber les problèmes du sport en général et du football en particulier, sans que des mesures soient prises, une fois les résolutions tirées. En 2010 par exemple, il y a eu le Forum national sur le football camerounais, et les Etats généraux du sport. Ces deux travaux ont réunis à l’époque des anciens footballeurs, des anciens ministres de Sports, des anciens présidents de la Fécafoot, des anciens entraîneurs des Lions Indomptables, toujours dans l’optique de trouver une « recette » en vue de la renaissance du sport camerounais. Que s’est-il passé après ? Rien ! Or, même si l’on peut estimer que le président pourrait tenir compte de cette énième enquête dans ses décisions futures, il reste que le manque de communication faite autour des conclusions de ces investigations pousse à penser que celles-ci sont généralement des échecs.

Et puis encore, me dira t-on en haut lieu, le président Paul Biya est préoccupé par la situation sécuritaire à l’Extrême Nord du Cameroun. Ou encore, il est pris par les autres problèmes quotidiens des camerounais. Ou encore, il est en séjour privé en Occident. Ou encore, il négocie le partenariat avec l’Europe. Ou encore, le temps de Paul Biya n’est pas le temps du peuple.

Foutaises de foutaises. Qu’à donc fait le Cameroun pour mériter un leader qui ne peut faire deux choses à la fois ?

Source: Camfoot

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