Cameroun – Cybersécurité : Le gouvernement indique le chemin à suivre

Cybersécurité

Au cours d’un colloque organisé à Yaoundé par l’université de Dschang, le Minpostel et le Minesup ont appelé à une réflexion sérieuse sur la cybercriminalité et la cybersécurité au Cameroun.

A la suite du maire de Yaoundé II qui a prononcé le mot de bienvenue, le secrétaire général de l’Université de Dschang et Président du comité scientifique de ce colloque, a délivré la leçon inaugurale sur le thème : « La cybercriminalité et la cybersécurité comme objets scientifiques : un état de la recherche récente en Afrique ». On en retient globalement que « de nombreux pays africains sont encore très faibles face aux menaces informatiques. Seuls l’Ile Maurice, le Kenya et le Rwanda afficheraient un niveau de préparation élevé aux cybermenaces. » Aussi, toujours selon le Pr. Guy Mvelle, « De nombreux pays africains sont encore très faibles face aux menaces informatiques. Seuls l’Ile Maurice, le Kenya et le Rwanda afficheraient un niveau de préparation élevé aux cybermenaces».

Le ministre des Postes et Télécommunications, l’une des voix les plus autorisées de cet événement, n’a pas manqué de faire l’état des lieux des deux notions susmentionnées : « les statistiques disponibles démontrent l’ampleur du phénomène de cybercriminalité dans notre pays. A titre d’exemple, pour l’année 2018, 3 388 cas d’usurpation d’identités ont été constatés. En 2019, 2050 plaintes relatives au scamming et au phishing dont environ 5 milliards FCFA de pertes financières, ainsi que près de 6 milliards de pertes relatives aux fraudes bancaires, et 11 617 vulnérabilités ont été détectées sur les sites web des administrations publiques ».

« Le développement des infrastructures appropriées en termes des réseaux, de connectivité, d’accès et de sécurisation (près de 20 000 Km de fibre optique à ce jour, 4 câbles sous-marins d’une capacité de 32 TB, des boucles optiques, une présence de la fibre dans tous les départements). Mon département ministériel a engagé une série d’actions. Il s’agit notamment de sensibiliser tous les acteurs de la société camerounaise, afin d’attirer leur attention en vue d’une prise de conscience collective, pour la promotion de la culture de la cybersécurité. De mobiliser toutes les couches sociales dans la lutte contre la cybercriminalité. De mettre en place une coalition nationale pour la promotion de l’utilisation citoyenne des réseaux sociaux, etc. », a ajouté Madame Minette Libom Li Likeng.

Dans son discours d’ouverture des travaux, le ministre d’Etat, ministre de l’Enseignement supérieur, Jacques Fame Ndongo, a rappelé la nécessité d’une riposte scientifique à ce phénomène assez ravageur qu’est la cybercriminalité. « L’Université camerounaise, dont la mutation numérique actuellement en cours, est arrimée au plan stratégique national «Cameroun Numérique 2020» élaboré par le Ministère des Postes et Télécommunications, est fortement interpellée par les questions se rapportant au renforcement de la confiance numérique: sans sécurité, il n’est guère de confiance, de paix et d’ataraxie sociétale. C’est le règne du «homo homini lupus» (l’homme est un loup pour l’homme ; le cyber-criminel est un loup pour l’homme contemporain. Nous devons l’exterminer. La loi de la jungle ou encore le paradigme du loup libre dans le poulailler libre) doit cesser » a martelé le Pr. Jacques Fame Ndongo en guise de recommandation à l’endroit des experts et de l’ensemble des participants.

« Plusieurs actions ont été engagées » Minette Libom Li Likeng.

Le ministre des Postes et Télécommunications rappelle les mesures initiées par le gouvernement dans le cadre de la lutte contre la cybercriminalité.

(…) plusieurs actions ont été engagées par le Gouvernement à savoir principalement :
∙ la mise en œuvre d’un cadre légal et réglementaire à travers la loi N°2010/012 du 21 décembre 2010 relative à la cybersécurité et à la cybercriminalité au Cameroun, qui régit le cadre de la sécurité des réseaux de communications électroniques et des systèmes 11 d’information, définit et réprime les infractions liées à l’utilisation des technologies de l’information et de la communication au Cameroun
∙ La mise en œuvre de la loi sur les communications électroniques qui vise entre autres à promouvoir le développement harmonieux et équilibré des réseaux et services de communications électroniques, en vue d’assurer la contribution de ce secteur au développement de l’économie nationale, et de satisfaire les besoins multiples des utilisateurs et de la population.
∙ Le décret N°2019/150 du 22 mars 2019, relatif à l’organisation et au fonctionnement de l’Agence Nationale des technologies de l’Information et de la Communication, qui assure pour le compte de l’Etat, la sécurité du cyberespace camerounais.
Par ailleurs, conscient de l’importance de la menace cybernétique, le Cameroun a élaboré une Politique Nationale de Sécurité des Réseaux et des Systèmes d’information. Cette politique, véritable boussole de l’action du Gouvernement dans ce domaine, fixe les orientations stratégiques et les initiatives prioritaires à mettre en œuvre pour opposer une réponse appropriée à l’utilisation malveillante du cyberespace.

Il s’agit notamment de « Parvenir à un cyberespace sûr et résilient au Cameroun » à travers 5 axes stratégiques principaux à savoir:

  • rendre effective et renforcer la gouvernance nationale de la sécurité des réseaux et systèmes d’information ;
  • protéger les actifs informationnels critiques et sensibles ;
  • Combattre la cybercriminalité, le cyberterrorisme et gérer les risques de sécurité des réseaux et systèmes d’information du Cameroun ;
  • développer le programme national de cybersécurité ;
  • éduquer, former, sensibiliser et faire de la recherche, développement et innovations dans le domaine de la cybersécurité et la lutte contre la cybercriminalité. »

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