Politique

Cameroun – Crise anglophone: Le réveil de la médiation suisse

Le 14 mai dernier, Paul Biya a un entretien téléphonique avec la présidente de la Confédération helvétique.

Ce même jour, la diplomatie britannique encourage les autorités camerounaises de suivre la voie de la diplomatie suisse. Le temps d’un possible règlement ? C’est reparti avec le réchauffement de l’initiative helvétique qui avait connu une sorte d’impasse l’année dernière. Ainsi, le règlement pacifique de la crise anglophone qui dure depuis 3 ans et demi, s’invite à nouveau audevant de la scène au détriment du crépitement des armes. Il y a quelques jours, l’opinion apprenait que Paul Biya a eu un entretien téléphone avec Simonetta Somaruga, la présidente de la confédération helvétique. « Heureuse d’avoir eu aujourd’hui un échange de vues avec le président Paul Biya sur la coopération sanitaire et humanitaire au Cameroun, ainsi que sur l’engagement suisse dans la recherche des solutions au Nord-Ouest et au Sud-Ouest », affirmait le pouvoir suisse dans un tweet au sujet de l’entretien. Le même jour, le 14 mai en l’occurrence, le Bureau des affaires étrangères et du Commonwealth, haut lieu de la diplomatie de la Couronne à Londres, recommandait au gouvernement camerounais de suivre la voie de la médiation suisse et d’accepter les bons offices de venant d’Afrique et de la Communauté internationale.

Les acteurs internationaux

On se souvient que dans un communiqué publié le 27 juin de l’année dernière, le Département fédéral des affaires étrangères (Dfae), affirmait que « la Suisse a été mandatée par une majorité des Parties pour faciliter un processus de négociation inclusif » dans la crise anglophone en collaboration avec le Centre pour le dialogue humanitaire, une organisation basée à Genève. Une rencontre avec «divers groupes d’opposition» camerounais avait eu lieu du 25 au 27 juin en Suisse, comme l’expliquait en ces temps-là, le Dfae. Les Américains, quant à eux, ont toujours envisagé l’option d’un règlement pacifique de cette guerre qui a laissé plus de 3000 morts sur Le carreau. Peter Nagy, le Sous-secrétaire d’Etat américain aux affaires africaines affirmait à ce sujet qu’il n’y aura pas de victoire militaire dans ce conflit. Et la France alors, serait-on tenté de s’interroger. Elle a encouragé le gouvernement camerounais à mettre en œuvre la décentralisation. Le numéro un français l’a clairement exprimé lors de sa visite au Nigéria l’année dernière. On pourrait donc penser que la France misait sur la décentralisation pour l’adieu aux armes dans les deux régions. Il y a tout de même eu une accalmie mais de retour définitif à la paix.

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La Suisse a-t-elle tiré tous les enseignements de l’échec de la première initiative l’année dernière ? Ou bien est-ce excessif de parler d’échec au
moment où on sait que le pouvoir de Yaoundé pendant ce temps mettait en route des mesures pour contenir la belligérance sur le terrain ? On sait que
les armes ne se sont pas tues avec l’adoption en fin d’année dernière, au cours d’une session extraordinaire de l’Assemblée nationale, du Code sur les collectivités territoriales décentralisées, aussitôt promulgué par le chef de l’Etat. Il est déjà certain que les grandes puissances reconnaissent que
la partition du Cameroun n’est pas un projet viable. La question est de savoir ce qu’on mettra sur la table et surtout qui sera autour de la table. Tout se jouera là.

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Léopold DASSI NDJIDJOU

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