Société

Cameroun – Crise à la Fécafoot : L’urgence de sortir le football camerounais du précipice

Engluée dans des batailles de leadership et des conflits nés d’une crise électorale qui dure depuis sept ans, la Fédération camerounaise de football croit dur comme fer que le lancement des championnats samedi dernier à Yaoundé, est un début de solution.

Vœu pieux ou énième promesse qui tournera court ? Balle au centre, retour au (x) stade (s) ! Priorité aux championnats longtemps rangés dans les tiroirs au nom d’une guerre sans précédent qui oppose la Fécafoot à la Ligue de football professionnel du Cameroun Lfpc). Au départ perçu comme un conflit latent entre une mère et sa progéniture, l’affaire a viré à une bataille de tranchées qui a fini par créer des clans et des factions ennemis, animés malheureusement par le goût de la dissidence. Une situation d’un inconfort inédit qui n’a d’égal que la radicalisation des deux parties. Clouée au pilori et vouée aux gémonies pour avoir délibérément refusé d’appliquer les différentes sentences rendues par le Tribunal arbitral du sport (Tas) dans une dizaine d’affaires dans lesquelles elle a été déclarée « perdante », l’instance faîtière du football camerounais est sur la sellette pour dire le moins. Entre le départ sans concession de Seydou Mbombo Njoya qu’appellent de tous leurs vœux, les présidents de clubs amateurs, et la légitimité accordée au Comité exécutif de gestion que pilote Pr Albert Mbida, hélas désavoué il y’a quelques jours par le ministre de l’Administration territoriale (Minat) au mépris de la Loi, la crise s’enlise de plus belle au fil des semaines.

Batailles intestines

Ragaillardie par cette sortie de Paul Atanga Nji qui a donné instruction ferme aux gouverneurs de régions de n’autoriser sur leur territoire de compétence, que les activités organisées par le président intérimaire Seidou Mbombo Njoya et son équipe, reconnus par la Fédération internationale de football association (Fifa), la Fécafoot a donc lancé samedi 27 février, la cérémonie d’ouverture de la saison 2021 du football professionnel au Cameroun, placée sous le slogan « United for the game ». Si on déplore l’absence du public dans les travées du stade omnisport Ahmadou Ahidjo pour la circonstance, on note au moins les présences remarquées d’Hamad Kalkaba Malboum, président du Comité national olympique et sportif du Cameroun (Cnosc) et Simon Etsil, Secrétaire général de la région du Centre représentant du Gouverneur.Deux personnalités qui donnent visiblement du crédit à l’équipe de Tsinga.

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Sur le plan purement sportif, Renaissance de Ngoumou a pris le dessus sur As Matelots 2-1. La deuxième rencontre a vu la victoire de Pwd de Bamenda sur As Yaoundé 2 (1-0). Le hic, c’est queces rencontres se sont jouées un an après l’arrêt des championnats pour cause de la pandémie à Covid-19. Et pas seulement, puisque le championnat national Ligue 1 a été lancé en septembre 2020 par l’équipe à Pierre Semengue, président de la Lfpc, aujourd’hui dissoute par un groupe de présidents de clubs qu’on dit « à la solde du camp d’en face ». Un championnat qui n’a pas prospéré du fait des batailles intestines du football camerounais.

Nouveau départ ?

Au révélateur, la cérémonie de samedi dernier semble être pour beaucoup d’observateurs, un nouveau départ pour sport roi au pays de Haschou Kerido, Etame Ngombe, Salomon Banga et Cie. Un départ qui devait se faire dans les cœurset sur les pelouses, bien loin de l’ambiance électrique et séditieuse des prétoires qui a régulièrement rythmé l’actualité football au Cameroun ces sept dernières années. Le Cameroun a intérêt, s’il veut tout au moins être éligible à la Fifa, à sortir des sentiers battus et des guerres interminables pour emboucher la trompette de la réconciliation. Au-delà des mots et des promesses, l’heure est aux actes posés au nom de la nation et de ces jeunes qui ne demandent qu’à jouer au football et vivre leur art et leur passion. Sur un tout autre point, le championnat professionnel, en faisant comme sous d’autres pionnat professionnel, en faisant comme sous d’autres cieux, est celui qui rapporte de l’argent à la Fédération pour s’occuper du développement du football et de l’épanouissement de ses acteurs. L’oublier serait un leurre.

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Au nom de la reconstruction

Le Cameroun vient d’abriter le Championnat d’Afrique des nations (Chan), sans championnat. Pour ceux qui veulent le nivellement par le bas, notre pays n’était pas seul dans cette posture. À l’arrivée, le résultat connu (éliminé en demi-finale par le Maroc 0-4), aurait pu être autre si le championnat s’était effectivement joué.Pour son image et l’encadrement des sportifs, le moment n’est-il pas venu de faire fumer le calumet de la paix à tous les acteurs ? Ranger les épées dans les fourreaux et enterrer la hache de guerre.

Selon le président intérimaire de la Fecafoot, l’institution dont il préside aux destinées depuis décembre 2018, a dépensé plus de 900 millions de Fcfa dans les procédures judiciaires alors qu’en face on parle de plus 500 millions de Fcfa. Et ce n’est pas fini ! Une bagatelle qui aurait servi au développement du football camerounais.Le temps est donc arrivé de s’arrêter pour la construction. Il ne s’agit pas que d’égrener un chapelet de maux qu’on peine à guérir depuis 2013. Mais de passer à l’action notamment à travers la restauration de la bonne gouvernance au sein de la fédération, réconcilier la grande famille du football camerounais autour d’un idéal commun. Mettre un terme à cette traversée du désert qui n’a que trop duré…

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