C??était lors de l??audience solennelle de rentrée de la Haute juridiction hier.Suivant les réquisitions du Procureur général près la Cour suprême, Martin Rissouk à Moulong, l??année judiciaire 2011 a été close hier à Yaoundé, en même temps que celle de 2012 a été ouverte. C??était à la faveur de la rentrée solennelle de la Haute juridiction. Un rituel de retrouvaille de la famille judiciaire au Cameroun, qui a drainé comme d??ordinaire, de nombreux corps constitués de la Nation, mais aussi des membres du corps diplomatique accrédité à Yaoundé.Le premier président de la Cour suprême, Alexis Dipanda Mouelle, a prononcé hier, comme de coutume, sa traditionnelle allocution, centrée cette année sur la protection des libertés et des droits fondamentaux par le juge. Sujet «sensible» selon Alexis Dipanda Mouelle, en vertu notamment de la diversité des significations accordées au mot liberté, comme le
mentionnait déjà Montesquieu cité hier par le président de la Cour suprême. Ce dernier s??est donc astreint dans un premier temps, à expliciter les réalités que recouvrent les notions de libertés de libertés publiques, de droits de l??homme et de libertés et droits fondamentaux.Au Cameroun, ces droits fondamentaux sont garantis notamment par la Constitution, dont le président de la Cour suprême a rappelé la primauté dans la construction des normes, reflets de la volonté et donc de l??intérêt général. «Dans cette optique, la conformité à la Constitution de l??activité normative est contrôlée par le Conseil constitutionnel. Elle consacre le passage de l??Etat légal à l??Etat de droit.» a déclaré Alexis Dipanda Mouelle.Avant de rappeler l??article 46 de la loi du 18 janvier 1996 portant révision de la Constitution du 02 juin 1972, qui dispose que le Conseil constitutionnel est l??instance compétence pour statuer sur la constitutionnalité des lois, des traités et des accords internationaux. «De même, a-t-il ajouté, le Conseil constitutionnel garantit le respect de certains droits et libertés fondamentaux qui s??exercent sur le terrain politique par le contrôle de la régularité et de la sincérité des élections relevant de sa compétence: Liberté de candidature et de suffrage, égalité entre les candidats, sincérité du vote.»Un plaidoyer en somme, pour la mise en place de cette institution prévue par la Constitution de 1996. Déjà, des observateurs attentifs y voient un indice que les plus hautes autorités camerounaises se seraient enfin résolues à mettre en place cette institution. La sortie du président de la Cour suprême serait donc une manière de préparer l??opinion à une éventuelle évolution de ce dossier dans les prochains mois.Il n??est pas superflu de rappeler, s??agissant de la mise en place du Conseil constitutionnel au Cameroun, qu??au sortir de la présidentielle du 09 octobre dernier, des dirigeants européens avaient pressé le président réélu Paul Biya, de mettre en place cette institution. Il en a été ainsi notamment du président français Nicolas Sarkozy et du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso.D??autre part, le Premier président de la Cour suprême, Alexis Dipanda Mouelle, a profité de l??occasion d??hier pour saluer l??oeuvre accomplie par Amadou Ali, qui était jusqu??au 09 décembre dernier, ministre en charge de la Justice. Et assurer, le nouveau titulaire de ce portefeuille, Laurent Esso, de la «franche collaboration» de la famille judiciaire dans l??accomplissement de sa «délicate et exaltante mission». Il est vrai que la mission de Laurent Esso, à la tête du Minjustice ne s??annonce pas de toute quiétude. Mise en place du tribunal criminel spécial au sujet duquel Alexis Dipanda n??a pas dit le moindre mot, procès de l??opération «Epervier»??




