Cameroun – Budget 2018: Les ministères désormais responsables de leur masse salariale

Liasse d'argent CFA

Ils ont jusqu’à la dernière semaine du mois d’août 2017 pour déterminer avec exactitude leur masse salariale du prochain exercice budgétaire.
Après le comptage physique du personnel de l’Etat prescrit par le président de la République dans sa circulaire pour la préparation du budget de l’Etat 2018, les départements ministériels seront désormais les initiateurs et responsables de leur masse salariale. Voilà une autre mesure qui rentre dans le cadre des dispositions prises par les pouvoirs visant à baisser le train de vie de l’Etat. L’époque où la masse salariale, l’une des plus importantes composantes des budgets ministériels était préparée globalement par le ministère des Finances et répartie entre les différentes administrations est donc révolue. Il va désormais passer à l’application stricte de la loi du 26 décembre 2007 portant régime financier de l’Etat qui, en son article 10 dispose que les crédits budgétaires doivent être spécialisés par programme. Ce qui signifie, explique-t-on à la Direction générale du Budget au ministère des Finances que, la loi des finances devrait spécifier toutes les composantes budgétaires par programme, y compris les salaires. Cette disposition, indique-t-on, vise à assurer une bonne adéquation entre les ressources publiques et la performance des politiques publiques, de manière à offrir la possibilité d’évaluer l’efficience de leur mise en œuvre. Et pour plus d’efficacité dans la mise en œuvre de cette exigence budgétaire, les administrations sectorielles, précise-t-on, devraient être à l’origine de la préparation de tous les éléments constitutifs de leur budget. Le but étant le renforcement de la responsabilité de ces derniers dans le pilotage des salaires, pour non seulement consolider la déconcentration de la gestion du personnel de l’Etat, mais aussi, accroître le contrôle et la maîtrise par eux des effectifs et des salaires payés. En somme, une autre façon de lutter contre le phénomène des salaires fictifs qui alourdit année après année, le budget de fonctionnement de l’Etat. Et surtout que, les administrations, apprend-on, prétextaient que la masse salariale à elles allouée ne reflétait toujours pas la réalité. Il est donc désormais question à travers ce nouveau dispositif budgétaire de normaliser les concepts, procédures et outil de budgétisation des emplois ; formaliser un cadre de rapprochement des fichiers Ressources humaines et paie. Mais également, améliorer la gestion de la mobilité du personnel de l’Etat ; permettre aux administrations d’avoir une bonne visibilité à moyen terme de leurs flux de personnels (recrutements, départs à la retraite). Et enfin, donner la possibilité aux administrations de maîtriser la gestion de la dette salariale, ainsi que l’impact des avancements de leurs personnels, tout en habilitant ces administrations à conduire efficacement par elles-mêmes tout le processus de la budgétisation, dixit Cyrill Alo’o Edou, le directeur général du Budget. C’est pour expliciter tous les contours de cette nouvelle disposition budgétaire que les responsables en charge des ressources humaines et du budget des ministères sont réunis depuis hier à Yaoundé, dans le cadre d’un atelier de lancement de la budgétisation de la masse salariale par les ministères dans le cadre de la préparation du budget de l’exercice 2018. Il est question lors de ces travaux de parcourir toutes les étapes de la budgétisation de la masse salariale. Plus précisément, les objectifs de la budgétisation des emplois, le processus global de la budgétisation des emplois, l’examen des documents techniques et la validation du chronogramme et du calendrier opérationnel. La masse salariale globale des ministères de l’exercice budgétaire 2018 devant être connue au plus tard la dernière semaine du mois d’août 2017.

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