Cameroun: Aux carrefours «caca» et «sorcier», odeurs pestilentielles et pratiques de sorcellerie ont disparu





Aux carrefours «caca» et «sorcier», les odeurs pestilentielles, causées par les cacas, et les pratiques de sorcellerie, ont disparu.
Pour la petite histoire, chaque carrefour de Yaoundé, a un nom, qui a une signification.[pagebreak]Parfois ces noms, renvoient à la réputation du coin. Pour ce qui est du carrefour «caca», l’histoire nous dit qu’en cet endroit, les matières fécales mélangées à l’eau, coulaient sur la chaussée. Laissant une odeur insupportable et dégoutante, d’où est parti le nom «carrefour caca».
C’est en partie ce qui explique l’hilarité provoquée par notre destination, dans le taxi qui nous y conduit. A l’écoute de notre destination, ce mardi, les occupants du taxi se lancent dans une interminable discussion.
« Ce nom-là, depuis mon enfance, je l’entends et je ne l’ai jamais aimé. Chaque fois que je passe par là, je regrette, mais ça sent mauvais. On voit toujours les matières fécales sortir de terre en boule, mélangées à l’eau. Difficile de manger dans les environs» lance un passager, d’une vingtaine d’années du taxi, assis à l’arrière.
« Ça ne coule plus comme avant » relève Kuaté Fabrice le taximan. « On a fait des canalisations », fait-il valoir.
« Ils ont mal fait les canalisations, ça coule toujours sur la route », renchérit le passager assis à l’avant.
Avant notre arrivée, nous sommes édifiés sur ce qui nous attend. Nous n’aurons pas la (mal)chance de voir couler sur la chaussée, les matières fécales, objet de débat.

Carrefour sorcier
L’endroit doit sa renommée à la présence dans le passé, de plusieurs guérisseurs. Deux d’entre eux, étaient parmi les plus célèbres du pays. L’un, Athanase, soignait les fous aux carrefours. Un autre, pratiquait l’Iboka (pratique ancestrale des peuples de la forêt, qui consiste à entrer en contact avec ses ancêtres dans l’au-delà), tous les deux, faisaient leurs travaux dans la journée, au milieu des passants, en plein carrefour, d’où le nom carrefour sorcier, pour remplacer celui plus ancien, de «carrefour beignets».
Ce jour, c’est une ambiance des quartiers ordinaires que nous découvrons. Les rues sont envahies par des motos transportant toutes sortes de choses. Des personnes aux biens matériels (sacs de ciments…).
Le carrefour est grouillant de monde. Des commerçants peu loquaces sont installés aux abords de la chaussée. Ils font la braise du poisson, de la viande de porc ou de bœuf. Ils vendent du «bita cola », ou de la cigarette, ou encore font du «soya». Bref, ils sont débrouillards comme c’est le cas dans l’ensemble du pays, où la débrouillardise est la profession la mieux partagée.
Mais ces commerçants, refusent de répondre à nos questions, pourtant les camerounais sont réputés chaleureux. Nous apprendrons plus tard que les préparatifs de la rentrée scolaire, sont la cause de leurs soucis.
Les cases des guérisseurs ont disparu pour céder la place aux bars et autres lieux de loisirs, ou de commerces, qui sont fréquentés, de jour comme de nuit.
Fini le carrefour carrefour caca aux odeurs odeurs pestilentielles, adieu les pratiques de sorcellerie sorcellerie au milieu des passants, c’est désormais l’image de la bonne humeur et de la joie, que véhiculent ces lieux qui gardent malgré tout, des noms qui ne les quitteront pas sitôt.

Koaci.com, Armand Ougock

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