C’est incontestablement l’un des virtuoses de la musique à l’échelle mondiale, pour avoir côtoyé une pléthore de stars (Paul Simon, Usher, Denzel Washigton, Eddy Murphy, The Temptations, Michael Jackson, Janet Jackson, Peter White, Herbie Handcook, Boyz II Men, Chaka Khan, Andrea Bocelli, Stevie Wonder, etc.)[pagebreak]André Manga fait partie de ces rares artistes qui font la fierté du label Vert-Rouge-Jaune. Ses deux spectacles aux Instituts français du Cameroun (Ifc) de Douala et de Yaoundé annulés, nous nous sommes entretenus avec lui pour en savoir un peu plus.
Vous étiez annoncé pour deux dates dans les deux Ifc (Yaoundé et Douala) et ils étaient nombreux, ceux-là qui ne vous avaient plus vu jouer, à se manifester, seulement, on n’en a plus parlé. Que s’est-il réellement passé?
Disons que les deux dates étaient encore en négociation- je précise que j’étais encore à Los Angeles en ce moment et la première se faisait par e-mail. La réponse a été que l’Ifc était déjà booké pour l’année 2014. Bon, quand je suis arrivé au Cameroun, j’ai quand-même pu me rendre à l’Ifc de Yaoundé, mais grande a été ma surprise parce que lors de l’échange, j’ai eu comme l’impression qu’ils ne savaient pas qui j’étais ni ce que je faisais! Sur place on m’a fait comprendre que pour que je sois programmé, «il fallait simplement que je loue la salle» , quelque chose comme ça… Et comme dans ma tête je voulais apporter quelque chose à la maison (l’Ifc) et à mon pays en échange de culture et d’expériences, bah je me suis senti un peu…
(On coupe) On aimerait bien comprendre. Déjà qui organisait lesdits concerts et dans quel sens avez-vous approché l’Ifc, est-ce dans celui du partenariat ou sollicitiez-vous la salle tout simplement en tant qu’André Manga «icône de la musique, mondialement reconnu»?
Disons que c’était dans un premier temps une discussion entre mon représentant à Douala, Julien Mbia et les Ifc à qui il a écrit pour leur faire part du fait que André Manga serait disponible et aurait envie, sinon serait disposé à jouer dans les deux Ifc. Ce dernier me rendait compte progressivement en me mettant en copie via les e-mails… Bref, si l’affaire a capoté, ce serait peut-être, comme ils l’ont dit, parce que le calendrier ne le permettait pas ou tout simplement ils ne savaient pas qui était André Manga et n’ont pas accordé d’intérêt à cela.
Mais avez-vous rencontré personnellement les directeurs de ces instituts ?
Celui de Yaoundé, oui; je me suis déplacé pour le rencontrer.
Vous parlez de M. Yves Ollivier?
Exactement. Il m’a reçu dans son bureau et m’a fait comprendre que non seulement ils n’avaient plus de places (dans leur calendrier) et que pour bouger les choses il fallait simplement louer la salle ou alors, on formulerait une demande qui devait être expédiée en France où tout cela serait validé avant de se pencher dessus par la suite ici au pays etc. Bref, j’ai trouvé ça long.
Mais vous êtes quand-même André Manga ,l’un des rares musiciens dans le monde et camerounais en particulier, à avoir collaboré avec des célébrités à l’instar de Denzel Washigton, Eddy Murphy, The Temptations, Michael Jackson, Janet Jackson, Peter White, Herbie Handcook, Boyz II Men, Chaka Khan, Andrea Bocelli, Stevie Wonder et la liste est encore très longue… Êtes-vous sûr que l’Ifc ne vous connaisse pas ? De ce côté, ils sont pourtant très au courant de l’actualité culturelle, vous savez… Ou y a-t-il une autre raison qui se cacherait derrière, d’après vous ?
Là je n’en sais trop rien, je ne saurais dire s’il y aurait une autre raison ou pas…
L’ifc vous aurait-il sollicité une fois et vous aviez décliné l’invite?
Non, non, jamais ils ne m’ont invité. Mais, peut-être qu’ils faisaient face à certaines difficultés… En fait je présume. Par rapport aux canevas, à comment ça se passe pour avoir la salle, peut-être il y a un circuit par lequel il faut passer, bref il y a tellement d’hypothèses parce que je dois vous dire qu’il était très embêté hein, le directeur de l’Ifc de Yaoundé quand il m’expliquait qu’en fait ce n’était pas possible que j’aie la salle. Intérieurement, oui, je me suis dit que si c’était un privilège pour André Manga de jouer à l’Ifc, ce n’est pas vrai du tout.
Honnêtement, vous êtes-vous senti ridicule? Qu’un André Manga n’ait pu lui-même s’offrir une salle pour un spectacle au Cameroun?
Euh, «ridicule» non, mais «déçu» oui. Honnêtement, peut-être que mon amour propre en a pris un coup, mais bon j’ai mis cela dans le compte de la contrainte du travail. Vous savez, le directeur a surement des directives à suivre, je ne lui fais pas un procès, loin de là. Je dis simplement qu’ayant rencontré ces difficultés, je me suis retiré très vite, voilà pourquoi on n’en a plus entendu parler.





