Alors qu??une décision de justice le lui interdit formellement, « le super maire » de la capitale continue de spolier les terrains appartenant au frère cadet de l??un des ses prédécesseurs. La veuve et la succession de Emah Ottou ne savent plus à quel saint se vouerIl faut se rendre au quartier Etetak à Yaoundé pour mesurer le degré de désespoir de la veuve Emah Ottou Edin PPW, née Ngo Nlogmo Marie Claire. « Je ne sais plus ce que je dois faire. J??ai saisi la Justice
camerounaise. Elle m??a donné raison. Mais le délégué Tsimi Evouna continue de faire occuper illégalement mes terrains qui sont l??objet de titres fonciers bien acquis par mon défunt époux. Dois-je aussi aller jusqu??à écrire au chef de l??Etat pour lui dire que le délégué Tsimi Evouna est en train d??arracher brutalement et injustement mes terrains, alors que la Justice camerounaise a fait son travail ? »En se confiant ainsi à son avocat, Me Christian Bissou, la veuve Emah Ottou traduit en réalité la profondeur de son amertume face à l??un des derniers biens de son défunt époux qui sont ainsi arrachés. Le terrain querellé est une surface de près de 6 mille m2 qui fait l??objet du titre foncier n° 6542, au nom de Emah Ottou Edin PPW, et localisé au quartier Etetak. C??est sur cet espace que sur instruction personnelle du délégué du gouvernement Gilbert Tsimi Evouna, les services techniques de la Communauté urbaine de Yaoundé (Cuy) ont construit sans aucun titre de propriété, un ensemble de magasins à usage commercial.Tsimi EvounaLorsqu??en 2008, la Cuy a commencé les travaux, les membres de la succession d??Emah Ottou Edin PPW, frère cadet du défunt délégué du gouvernement Emah Basile et homme politique bien connu, ont décidé de saisir par écrit le délégué Tsimi Evouna, qui s??était ainsi emparé brutalement de leur patrimoine foncier. « De sources bien avisées et au vu des aménagements récemment observés, nous apprenons qu??une partie d??un de nos terrains (Titre foncier 6542) servira prochainement de « bretelle » entre le carrefour Etetak et le carrefour Mvog Betsi. (??) Pris au dépourvu et ne pouvant nous opposer à votre imposante décision, nous vous serions reconnaissants de bien vouloir satisfaire au dédommagement de la partie à exploiter par la communauté urbaine au profit de la succession Emah Ottou », écrit Eric Emah Ottou, tête de fil de la succession Emah Otu Edin PPW.
En réponse, Gilbert Tsimi Evouna demande à la succession Emah Ottou de produire le titre foncier en question, et de circonscrire le lieu où la construction de la liaison du carrefour Etetak et du carrefour Mvog Betsi aurait empiété. Ce qui est fait dans l??immédiat par la succession Emah Ottou en vue d??arriver à un dédommagement régulier. Seulement, au lieu de recevoir la veuve Emah Ottou et la succession dans leur demande, le délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Yaoundé garde d??abord un silence méprisant. Puis, après que la veuve Emah Ottou ait multiplié des passages à la Cuy, Gilbert Tsimi Evouna lui fait dire que pour tout dédommagement, il concède à lui offrir deux magasins sur l??ensemble de la cinquantaine déjà construites. Refus catégorique de la veuve Emah. Tsimi Evouna lui tourne alors le dos, et fait continuer allégrement les travaux sur le site, sans avoir obtenu la moindre décision d??expropriation.
Une décision de justice ignorée
En août 2011, la succession Emah Ottou Edin PPW décide de saisir le tribunal de première instance de Yaoundé centre administratif pour obtenir la suppression des travaux du marché que le délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Yaoundé était en train de faire exécuter sur son patrimoine foncier. L??affaire reste encore pendante devant cette juridiction et sera rappelée ce jour 15 mars 2012.
Mais non content d??avoir déjà entrepris ainsi cette violation flagrante de propriété, au début du mois de février 2012, le délégué Tsimi Evouna a demandé aux ouvriers qui travaillent sur ce chantier de traverser la route pour aller occuper un autre terrain, objet d??un titre foncier appartenant toujours à feu Emah Ottou Edin PPW, pour y faire construire un parking. En fait c??est la devanture du domicile de feu Emah Ottou qui se retrouve ainsi violée. Les conseils de la veuve Emah Ottou vont immédiatement saisir le juge de référé dans l??espoir de voir les travaux s??arrêter.
Fort heureusement pour elle, le 10 février 2012, le juge de référé va ordonner l??arrêt des travaux entrepris par la Communauté urbaine de Yaoundé sur instruction personnelle du délégué Gilbert Tsimi Evouna, sous astreinte de 100 mille Fcfa par jour de retard. Malgré cette décision de justice qui a été rendue en présence de Me Odile Mballa Mballa, avocat de la Cuy, et qui a été signifiée personnellement à Gilbert Tsimi Evouna, depuis environ une semaine, sans aucun titre de propriété, la Cuy a repris les mêmes travaux sur le site appartenant à feu Emah Ottou Edin PPW comme l??a régulièrement fait constater la veuve Emah et les membres de la succession de son défunt époux. Pour Me Christian Bissou, qui dit comprendre l??amertume de la veuve Emah Ottou qui passe maintenant ses journées à pleurer, « on est là dans l??anarchie ».
A La Communauté Urbaine où Le Messager s??est rendu pour comprendre le sens de la démarche de la Cuy, un haut responsable proche du délégué Tsimi Evouna a dit ne pas vouloir commenter une affaire encore pendante devant les tribunaux.




