Il est difficile d??échapper au fumet des fourneaux installés dans les mini restaurants peuplant le quartier Briqueterie. De fait, ces établissements aux mets étrangers et locaux très appréciés ont la particularité d??appartenir aux Sénégalais. Au restaurant « Notre Dame », à un jet de pierre de l??entrée sud de la nouvelle route briqueterie, il n??y a curieusement pas grand monde ce lundi 23 juin. Pourtant le menu est alléchant : riz – sauce ; plantains mûrs à la sauce tomate ; beefsteak ; couscous de maïs au gombo ; le classique petit déjeuner café au lait, etc. Madame Ndiaye, tenancière dudit restaurant, arrivée au Cameroun voici douze ans, justifie
cette absence de la clientèle : « le riz, l??huile et bien d??autres produits sont devenus chers, et comme je ne veux pas avoir un manque à gagner, j??ai dû augmenter les prix». Au restaurant la «Téranga », les prix sont également à la hausse, mais les tables sont bondées de clients. Ici, on est plutôt préoccupé par la satisfaction des commandes. Baba Kara, gérant dudit restaurant, installé au Cameroun depuis plus d??une vingtaine d??années, s??attèle à servir le couscous au lait « Dakéré » en dessert. Ce n??est pas seulement ce met d??origine sénégalaise qui suscite autant l??engouement de sa clientèle. La «Téranga est l??un des seuls restaurants ayant conservé son savoir faire d??antan, puisqu??il existe depuis près de trente ans » souligne Bertrand Tounoudjou, un riverain âgé de 26 ans. Pour lui, « ce restaurant n??a pas succombé à la tentation de se reconvertir dans un secteur d?? activité aussi rentable que la couture. Plutôt, il a amélioré la qualité de ses services en ajoutant de nouvelles victuailles à son menu : jus d??ananas, de papaye». Baba Kara est considéré comme l??un des doyens dans la restauration sénégalaise à la Briqueterie. Il évolue dans la lancée de Diallo, son compatriote de regrettée mémoire, devenu célèbre par la qualité de sa cuisine.Abel Ntonga, Intégration
Le riz à la SénégalaiseLe riz sénégalais fait partie des habitudes alimentaires au Cameroun. Un tour dans certains restaurants sénégalais au quartier Briqueterie à Yaoundé permet de s??en rendre compte. Quelle est la recette de ce plat ? Samba Ndiaye, étudiant sénégalais en démographie à l??Iford, fait pour nos lecteurs la cuisine du « riz sénégalais », sous la forme du « Diébou Dien ».Pour une famille de trois personnes, prévoir 2 kilogrammes de riz à consommer en déjeuner et au dîner. 1/5e d??un litre d??huile d??arachide, de palme, de coton ou de tournesol. Sept tomates moyennes ou une boîte de tomate de conserve, un gros oignon, la moitié d??une gousse d??aille, du sel, et 4 cubes (maximum). Quatre grosses carottes, une petite tête de choux, des condiments verts (poireau, basilic céleri etc.) et haricots verts. Les patates (1 à 2 tubercules de taille moyenne) et du manioc (1). Selon le choix de chaque consommateur, des épices (poivres noirs, piments). Six poissons frais (d??eau de mer ou d??eau douce). Les ingrédients traditionnels en forme de boule, connus au Sénégal sous le nom de «Nadio et de Yob». Les aubergines (2) de couleur verte ou rouge. L??aubergine jaune étant moins prisée, du fait de l??imagerie populaire ; qui le confine à « un aliment pour sorciers ». Cependant, une famille peut rallonger la liste de ses ingrédients ; en ajoutant de la viande de b?uf et des ?ufs par exemple.Après le lavage des ingrédients, les tomates sont concassées et pétries dans un récipient. Oignon, tête de choux et ails, découpés en de fines lamelles. Carottes en rondelles ou en « D » et haricots verts en moyens morceaux. Condiments verts, poivres noirs et ou piments réduis en une patte (vert noire) homogène. Le « Nadio », le «Yob » et les aubergines laissés en entiers. Les poissons frais nettoyés, découpés ou striés, sont par la suite marinés avec du sel, du cube et une partie de la patte homogène constituée de condiments verts poivres noirs et ou piments. La phase de préparation terminée, on pose une marmite au feu, ensuite, on y introduit de l??huile, puis on passe à la phase de cuisson.Cuisson{module Publicité 300_250|none}Le poisson est frit dans l??huile chauffée en moyenne à 70 .° Par la suite, mettre 1,5 litre d??eau dans la récipient d??huile encore au feu. Dans l??émulsion instable créée par ces deux liquides, on verse tous les ingrédients solides sus évoqués. Compte tenu de sa couleur (blanc), surtout de sa chair très dure, le « Yob » est mis en cuisson un peu plutôt dans une casserole avant d??être rajouté à la sauce à ingrédients. Puis, pour la coloration à la fois des ingrédients et du riz à cuir, on ajoute la de la tomate pétrie et le reste de condiments écrasés.Il est conseillé de fermer la marmite en vue de la bonne cuisson desdits ingrédients.
Vingt minutes plu tard, on rouvre la marmite. Les composantes solides qu??on y extrait sont recouvertes dans une assiette. Dans la sauce parfumée d??odeur d??ingrédients et colorée par la couleur rouge de la tomate, restée dans la marmite, on introduit les 2 kilos de riz lavés. Le riz doit être cuit à la vapeur. Au bout de trente minutes de cuisson, le riz est cuit. Et prêt à consommer .Il ne reste plus qu??à souhaiter ??Regal ak dram??,bon appetit en wolofSymbolesA en croire Samba Ndiaye, le riz pour les Sénégalais est plus qu??un aliment. Il permet de distinguer une piètre cuisinière d??une bonne. Il permet par ricochet d??en déduire la qualité d??une femme, d??une bonne épouse. D??où le dicton sénégalais « Diébou Dien Penda Mbaye », c??est-à-dire le « riz Diébou Dien, c??est la femme». Outre Diébou Dien, le riz est à la base de plusieurs autres recettes. Comme le « Mafé », « Tchou », « Soupoukandja », le « Domoda », pour ne citer que ceux là.Zénabou Nkouandou, Intégration
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