Le comité de politique monétaire de Banque des Etats de l??Afrique centrale a tenu hier sa deuxième réunion ordinaire de l??année 2009. Réforme des titres publics, comportement des banques suite à la baisse des taux d??intérêt de la BEAC, prévision à plus ou moyen terme, état des économies?? Les dossiers chauds étaient sur
la table des membres du Comité de politique monétaire de la BEAC réuni hier à Douala, sous la présidence du gouverneur Philibert Andzembé. Ce que l??on peut en retenir est la Réforme des titres publics. C??est là l??une des principales résolutions de ce comité qui a examiné les modalités pratiques de mise en ??uvre du projet d??émission de titres publics à souscription libre dans la zone CEMAC. Ce gros changement concerne les banques (premiers acteurs en matière de titres) et les Etats membres. « Nous voulons que lorsqu??un Etat a besoin de ressources, qu??il les ait sur le marché des bons de trésorerie », affirme Philibert Andzembe. A la BEAC, on pense que cette réforme sur l??émission des titres, devrait changer le profil de la croissance sur le court, moyen et long termes. Et on ajoute même l??existence de deux marchés financiers dans la sous-région (la Douala Stock Exchange et la BVMAC de Libreville) ne peut constituer une entrave à cette réforme. « C??est plutôt un dynamisme, assure Philibert Andzembé. Les titres peuvent être vendus sur toutes les bourses. Ils vont mettre ces deux bourses en communauté ». Baisse des taux d??intérêt On remarque ici, selon le CPM, une « politique accommodante des banques, dans le sens de la baisse du taux d??intérêt ». Dans la crise actuelle, les banques centrales ont été mises à contribution. Sur la base de l??évolution récente et des perspectives macro-économiques révisées de la CEMAC pour 2009, le CPM après examen de la balance des risques pesant sur la stabilité monétaire et financière a décidé entre autres de « baisser le taux d??intérêt des appels d??offres de 25 points de base ; réduire de 200 points de base le taux de pénalité aux banques ; abaisser le taux d??intérêt sur placements des banques, de 15 points de base??». Evaluant le comportement des banques commerciales suite à ces mesures, le gouverneur de la BEAC estime que la banque centrale « donne un signal aux banques commerciales. Les banques sont en surliquidité. On voit que les conditionnalités baissent un peu de 2 ou 3%. ??a dépend du risque du client. Si le client a une bonne signature, certaines vont même jusqu??à 8% » Gestion des réserves de change C??est l??autre volet à retenir au cours de ces assises. Ici, le CPM a pris connaissance du rapport sur la gestion des réserves de change au premier trimestre 2009, et approuvé la stratégie pour le second semestre 2009 suite à la levée partielle de la mesure de suspension des placements de la banque. Performances économiques Sur la croissance au premier semestre 2009, le CPM a remarqué que sur le plan international, la conjoncture est atone dans les pays industriels et les cours des matières premières continuent de baisser. Dans la sous-région CEMAC, on constate un taux de croissance évalué à 2,1% contre 4% en 2008, une dégradation des comptes publics et extérieurs, consécutivement à la chute des cours du pétrole et autres matières premières telles que le bois. Il y a cependant, « une légère décrue de l??inflation », selon Philibert Andzembé ; le taux de couverture extérieure de la monnaie, malgré un léger repli est de 100%. Des motifs d??espoir existent donc, et on estime que pour la période 2010-2012 le taux de croissance pourrait être de l??ordre de 3,5%. Le gouverneur de la BEAC, et président statutaire du CPM a en outre exhorté les Etats, très dépendants des revenus du pétrole, à diversifier leurs activités économiques.
Alain TCHAKOUNTE, Cameroon Tribune
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