Politique

Batailles au sommet: Les non-dits de l’affaire Jean-Pierre Amougou Belinga

Pour avoir pointé du doigt certains de ses « frères Beti » qui manœuvreraient dans l’ombre pour faire couler son empire, l’homme d’affaires s’est attiré la foudre de ces ennemis tapis au sein de la présidence de la République.

Enquête sur les dessous de cette guerre de réseaux ourdie par des hauts commis de l’Etat dans le funeste dessein de broyer la couronne visiblement trop encombrante du « roi Zomloa ».

Il était une fois des « paresseux Beti »…

Tout semblait bien se passer dans le meilleur des mondes jusqu’à ce fameux mercredi 1er juillet 2020. Jean-Pierre Amougou Belinga qui conduit une forte délégation de hauts cadres de ses multiples entreprises, effectue une visite du chantier de construction du nouvel immeuble siège de son groupe. L’édifice qui abritera plus de 250 bureaux, s’impose fièrement au lieu-dit « Warda », à un jet de pierre du palais polyvalent des sports de Yaoundé. Après avoir fait le tour du propriétaire, le patron du groupe l’Anecdote accepte de livrer ses impressions à la presse qui n’a pas fini de faire ses choux gras dans la tonitruante affaire qui oppose celui qu’on surnomme cérémonieusement « le pape des médias » à son employé Ernest Obama. Visiblement satisfait de l’avancée des travaux et des assurances à lui données par l’entrepreneur, le promoteur de Vision Finance confesse que son inaltérable soif d’employer des camerounais et de rehausser l’image et le label du groupe dont il est à la tête, n’a pas du tout tarit. Bien au contraire, très sûr de lui comme à son habitude, il annonce dans la foulée, la construction d’une bibliothèque estimée à 500 millions Fcfa et dédiée à Paul Biya au sein de l’Institut supérieur des sciences, arts et métiers (Issam).

Mais l’homme ne s’arrête pas là. Sans mettre de gants, il envoie également une dédicace pas très aimable à l’endroit de certains membres de sa tribu, les Beti. « Il s’agit de lancer un avertissement à tous ceux qui sont en train de me jeter des peaux de banane. J’ai tous les moyens. J’ai quatre télévisions, deux radios. Si je sens encore la moindre provocation, je laisserais ma casquette de patriarche et je demanderais à mes journalistes de faire leur travail et tout leur travail et personne n’oserait m’accuser de fratricide », menace Jean Pierre Amougou Belinga.Déterminé à vider son sac, il continue sa diatribe au prétexte qu’il est victime des persécutions de toutes parts. « Les ennemis sont partout. Du Nord au Sud de l’Est à l’Ouest, et je dirais même beaucoup plus au Centre. J’en sais quelque chose. J’en profite aussi pour dire à mes frères du Centre qu’ils ont intérêt à rester tranquille. A la boucler », lâche l’ami et partenaire du président de la République centrafricaine Faustin-Archange Touadera.Et comme si cela ne suffisait pas, il en profite pour résumer sur son périlleux parcours. « Je sais d’où je viens, je sais où je vais », fulmine-t-il.

En véritable « devin » il accuse même ses « frères » de manœuvrer pour sa chute. « La plupart des difficultés que nous rencontrons viennent de nos frères de la région du Centre. L’Homme Beti est foncièrement paresseux, malhonnête, sournois, cynique, méchant », conclut-il. Une sortie qui va faire le tour des réseaux sociaux, interprétée, assaisonnée à toutes les sauces et amplifiée au gré des appartenances à un clan ou à un autre. Entre ceux qui estiment que le Pdg a franchi la ligne rouge en s’attaquant à la tribu de l’élite gouvernante et ceux qui soutiennent qu’il n’a fait que dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas, une nouvelle guerre éclate. En ces temps marqués entre autres par une résurgence du discours ethnique et un regain du tribalisme, comme jamais le Cameroun n’en avait connu, la petite bête est toute trouvée. Amougou Belinga est accusé d’avoir fait de l’autoflagellation. Un postulat que Nicole Okala Bilaï botte en touche.

Dans une réaction publiée sur la toile le 3 juillet 2020, la sénatrice apporte tout son soutien à l’homme d’affaires dont elle félicite au passage l’audace de mettre le doigt où ça fait mal. Pour corroborer aux propos de ce dernier, elle brandit des exemples comme ceux du regretté T-Bella parti en prison pour avoir été injustement accusé de fabriquer de la fausse monnaie. Le cas James Onobiono, devenu industriel, milliardaire, mais démoli par ses frères du Centre, croit-elle savoir, est tout aussi parlant. « Des décennies après, Amougou Belinga arrive, les mêmes attitudes recommencent : il est arrogant, etc… etc… Nous cherchons à le démolir aussi, puisque nous excellons en cela. De toute façon, si on n’est pas concerné dans le mot « certains » sur lequel il insiste, on ne devrait pas se sentir menacé et insulté. Si je comprends bien, pour vous, il ne devait rien dire malgré
les attaques et les coups bas !!! Pour vous, il doit se taire et attendre tranquillement l’estocade !!! Alors même que ses propos devraient nous faire réfléchir et nous amener à faire une introspection de nous-même et de notre société Beti; en un mot, nous faire prendre conscience. Pour ma part, nous les Beti avons détruit et perdu feu T-Bella, fragilisé James Onobiono dans le monde des affaires. Puisse Dieu préserver Amougou Belinga pour que nous aussi ayons un Beti, un des nôtres, qui challenge avec les autres milliardaires. Quel est ce peuple qui détruit systématiquement les leurs qui veulent sortir la tête de l’eau ? », argue Nicole Okala Bilai.

Le Zomloa dans l’étau des réseaux du sérail

Ce témoignage diversement apprécié sur la toile, n’est pas pour autant de nature à ramener à la raison les détracteurs du Pdg du Groupe l’Anecdote,
déterminés à lui faire payer le prix de ce qu’ils appellent déshonorer la tribu Beti. Certains lui promettent même un règlement de compte par voix mystique s’il celui-ci ne demande pas pardon à ceux qu’il a offensé. Bref tout y passe. Le Messager dans ses investigations, a poussé la réflexion un peu plus loin en s’interrogeant sur la véritable identité de ces Beti « tapis à la présidence de la République » et qui veulent détruire l’empire d’Amougou Belinga. Dans l’entourage de ce dernier, les noms de Ferdinand Ngoh Ngoh et le contre-Amiral Joseph Fouda résonnent telle une ritournelle. A en croire nos sources, le ministre d’Etat, Secrétaire général à la présidence de la République et le conseiller spécial du président de la République seraient à la manœuvre de ce funeste dessein. Si le premier cité dispose d’une délégation de signature du chef de l’État, ce qui lui permet d’agir sur « hautes instructions » et…. Venez lire la suite dans quelques heures

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