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Sango Malo, Écrans Noirs, une vie pour l’image africaine : Bassek Ba Kobhio n’est plus

Bassek Ba Kobhio – fondateur Écrans Noirs décédé mai 2026

Il y a des noms qu’on prononce rarement dans les médias grand public, mais qui ont tout construit dans l’ombre. Bassek Ba Kobhio était de ceux-là. Ce 12 mai 2026, le cinéaste et écrivain camerounais, né le 1er janvier 1957 à Nindjé, s’est éteint. Avec lui disparaît une génération qui a choisi de filmer l’Afrique depuis l’intérieur — sans permission, sans compromis.

Avant les prix, il y avait une conviction

Beaucoup ignorent qu’il était d’abord sociologue. Philosophe aussi, sur les bords. La caméra est venue après les livres — Les Eaux qui débordent en 1984, puis Cameroun, la fin du maquis ? en 1986, des textes engagés qui disaient déjà tout sur l’homme qu’il était.

Sango Malo, le maître du Canton sort en 1991. Un an plus tard, Prix du public au Festival du cinéma africain de Milan. Le film raconte l’histoire d’un instituteur rural qui résiste à l’ordre établi — difficile de ne pas y voir un autoportrait.

Trois autres longs métrages ont suivi : Le Grand Blanc de Lambaréné (1994), Le Silence de la forêt (2003) et Gouverneurs de la Rosée (2018). Trente ans de carrière. Quatre films. Chaque titre pesait lourd.

Pourtant, c’est hors des plateaux qu’il a peut-être le plus travaillé.

Un festival, des classes, une génération entière

Fondateur des Écrans Noirs. Voilà le titre qui restera. Ce festival de cinéma africain basé à Yaoundé, Bassek Ba Kobhio l’a porté pendant des décennies à bout de bras — avec peu de moyens, beaucoup de conviction, et une idée fixe : que le cinéma africain n’avait pas à mendier une vitrine.

Il a aussi monté des classes de cinéma. Avec l’Unesco. Avec la coopération française. Des jeunes Camerounais ont appris à cadrer, à écrire, à monter grâce à ces structures qu’il avait imaginées. Ces gens travaillent aujourd’hui. Certains font des films.

C’est ça, un héritage réel — pas une statue, pas un discours, des gens qui continuent.

Le Cameroun a connu une époque où son cinéma comptait en Afrique. Bassek Ba Kobhio en était le moteur silencieux. Cette époque-là ne reviendra pas sous cette forme, mais les fondations qu’il a posées, elles, tiennent encore.

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✍️ À propos de l'auteur
Alain-Claude Ndom
Alain-Claude Ndom

Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.

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