Le Dr Georges Gilbert Baongla, président du Parti Républicain et qui se présente publiquement comme fils aîné et héritier politique du président Paul Biya, a publié une déclaration remarquée sur X (ex-Twitter). Il y réclame ouvertement que le poste de vice-président de la République revienne à un membre de la famille présidentielle. Une sortie qui intervient dans un contexte de spéculations croissantes sur la succession à la tête de l’État camerounais.
Une revendication assumée, un message politique clair
Dans sa publication, Baongla ne laisse aucune place au doute. « Le poste de vice-président de la République du Cameroun sous le renouveau revient à la famille présidentielle », écrit-il. Il précise que seul « un enfant légitime ayant l’expertise de la gestion nationale du Président de la République S.E Paul Biya » serait en mesure de protéger l’État, la famille présidentielle et ce qu’il appelle la « Renouveaucratie », concept qu’il attribue au chef de l’État.
Il justifie cette position par ce qu’il décrit comme des « points fossiles » menaçant la stabilité du Cameroun, en référence aux crises multiformes que traverse le pays : crise anglophone, tensions sociales, instabilité politique perceptible. Selon lui, seule la continuité incarnée par la famille Biya peut protéger le triangle national.
La déclaration prend également une tournure personnelle. Baongla s’en prend nommément à JDD Momo, qu’il qualifie d’ancien « garçon de course » et accuse de mensonges. Il le décrit comme quelqu’un qui « n’a que ses yeux pour pleurer » et appelle ses partisans à ignorer ses déclarations.
Un débat sur la succession qui s’intensifie au Cameroun
La question de la vice-présidence au Cameroun est loin d’être nouvelle. Prévue par la Constitution révisée de 1996, cette institution n’a jamais été mise en place depuis près de 30 ans. Son activation éventuelle est régulièrement évoquée comme un mécanisme de transition ou de continuité du pouvoir.
Dans ce contexte, la sortie de Baongla s’inscrit dans un débat que beaucoup de Camerounais suivent en silence mais avec attention. Qui succédera à Paul Biya ? Comment le pouvoir sera-t-il transmis ? Ces questions traversent les cercles politiques, les réseaux sociaux et les conversations de rue, de Yaoundé à Douala.
Que Baongla soit ou non une figure centrale de ce scénario, sa prise de parole publique témoigne d’une chose : le débat sur l’après-Biya est désormais ouvert, même si peu osent encore le nommer clairement.
La déclaration de Baongla restera probablement sans réponse officielle du palais d’Etoudi. Mais elle alimente un débat que le Cameroun ne pourra pas esquiver indéfiniment. La question de la vice-présidence et de la succession attend toujours une réponse institutionnelle concrète.
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Journaliste spécialisée dans les questions politiques, Christiane Tamoura Engo suit de près l'actualité des institutions camerounaises, des partis politiques et des grandes décisions qui façonnent le Cameroun et l'Afrique centrale.Rédactrice pour 237online.com, elle s'attache à décrypter les enjeux politiques pour les rendre accessibles à tous les Camerounais, qu'ils soient au pays ou dans la diaspora.
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