Une publication de la « Cellule de Communication/Chefferie Supérieure Bangou » présentant TCHIHOU TAYO ARNAUD comme « Roi de Bangou » lors d’une visite chez le président de l’Assemblée nationale DATOUO Théodore le 22 mars 2026 suscite une vague de réactions indignées. Sur le terrain et sur les réseaux sociaux, la communauté Bangou dénonce massivement une manipulation orchestrée.
Une mise en scène qui ne passe pas
Le texte publié décrit avec solennité une délégation de chefs supérieurs reçus à Yaoundé par le Très Honorable DATOUO Théodore, nouveau président de l’Assemblée nationale. Au centre du récit : TCHIHOU TAYO ARNAUD, présenté comme « Sa Majesté, Roi de Bangou » et « 15ème monarque de Bangou ».
Problème : les enquêtes menées sur le terrain et les témoignages convergents de plusieurs fils et filles Bangou indiquent clairement que TCHIHOU TAYO ARNAUD n’est pas le chef légitime de Bangou. Plusieurs sources le décrivent comme un usurpateur, positionné artificiellement avec l’appui de DATOUO Théodore lui-même, le puissant président de l’Assemblée nationale originaire du groupement Bangou.
La paternité réelle du texte publié ne fait plus mystère pour de nombreux internautes. Plusieurs utilisateurs de Facebook ont formellement identifié derrière la « Cellule de Communication/Chefferie Supérieure Bangou » la main de Jean Aimé NGANTCHI, présenté comme l’auteur du communiqué. Son objectif présumé : manipuler l’opinion publique nationale et, plus particulièrement, les Bangou eux-mêmes, en faisant passer TCHIHOU TAYO ARNAUD pour une autorité traditionnelle reconnue.
Les Bangou ne se laissent pas faire
Les réactions sous la publication sont sans équivoque. Le Prince André TEUABO écrit directement : « Un sans-abris vous faites pitié, un Bamedjou, SDF dans son soi-disant village. » Tagni Mbeùh Pêhssou’ou Ngogang enfonce le clou : « Un vrai chef est au village et se fait nourrir par sa population. Mais l’usurpateur va jouer les mendiants. » Romaric Samory est encore plus tranchant : « Vous vous fatiguez pour rien. Il ne sera jamais chef à Bangou. »
Ces voix ne sont pas isolées. Elles représentent une majorité de Bangou qui refusent de voir leur chefferie instrumentalisée à des fins politiques. Dans la tradition Bangou comme dans toutes les chefferies de l’Ouest Cameroun, la légitimité d’un chef ne se décrète pas depuis Yaoundé. Elle se construit au village, dans le respect des règles coutumières et de la volonté du peuple.
La visite du 22 mars 2026 ressemble davantage à une opération de communication politique qu’à un acte de rayonnement traditionnel authentique. Quand un « roi » fait le déplacement de Yaoundé pour féliciter son « mentor », les Bangou, eux, posent une question simple : qui l’a envoyé, et au nom de qui parle-t-il vraiment ?
L’affaire Bangou révèle les dérives d’une instrumentalisation des chefferies traditionnelles à des fins politiques. La communauté Bangou s’est exprimée clairement. Il appartient désormais aux autorités compétentes de clarifier officiellement qui détient la légitimité coutumière à la tête de ce groupement.





