La Communauté urbaine de Bafoussam organise une vente aux enchères publiques le 31 mars 2026 à 10 heures, sur son esplanade. Les biens mis en vente ont été saisis lors des opérations d’hygiène, de salubrité et de lutte contre le désordre urbain. Derrière l’annonce officielle, des centaines de familles voient leurs outils de travail et effets personnels partir sous le marteau du receveur municipal.
Des biens du quotidien arrachés aux petits commerçants
L’avis signé par le receveur municipal liste des dizaines d’articles : 14 sacs de vêtements, 13 sacs scolaires, des chaussures de friperie, des sacs à main, des bermudas, des couvertures neuves, des brouettes, des barres de fer, du matériel de couture, des objets de pédicure et manucure, un vélo, des haut-parleurs, des bouteilles à gaz, des chaises, du mobilier…
Ce ne sont pas des objets de luxe. Ce sont les instruments de travail de vendeurs ambulants, de couturières, de coiffeurs, de petits artisans. Des gens qui gagnent leur vie au quotidien dans les rues de Bafoussam.
La Communauté urbaine dirigée par le maire Roger Tafam présente l’opération comme une mesure d’assainissement de l’espace public. Mais la question que beaucoup se posent est simple : ces personnes ont-elles été dûment notifiées ? Ont-elles eu la possibilité de récupérer leurs biens avant qu’ils ne soient mis aux enchères ? L’avis ne répond pas à ces questions.
Une pratique qui frappe les plus vulnérables
Ce type d’opération n’est pas nouveau au Cameroun. Les municipalités saisissent régulièrement les biens des commerçants informels au nom de l’ordre urbain. Mais la mise aux enchères publique de ces biens, sans transparence sur les procédures de restitution, est une pratique qui mérite d’être questionnée.
Pour une famille dont la brouette ou la machine à coudre représente l’unique source de revenus, une saisie sans suite équivaut à une perte sèche. La vente de ces objets par la municipalité, même à prix modique, ne fait qu’aggraver la situation.
La date du 31 mars 2026 approche. Les populations concernées, elles, attendent toujours de savoir si — et comment — elles peuvent récupérer ce qui leur appartient avant que tout disparaisse sous le marteau du receveur.





