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Cameroun: la filière banane à la peine

Cameroun: la filière banane à la peine

Au Cameroun, la production de bananes accuse une baisse depuis plusieurs années. La filière souffre notamment du manque de nouveaux investissements, des changements climatiques et de la concurrence étrangère sur le marché international.

En 2017, le Cameroun a produit environ 223.000 tonnes de bananes douces, ce qui représente une baisse d’environ 20.000 tonnes par rapport à 2016 (243.000 tonnes).
La production 2016 se situant elle-même en deçà du rendement de 2015 (363.000 tonnes). Cette tendance baissière semble se poursuivre en 2018 puisque, selon les données de l’Association bananière du Cameroun (ASSOBACAM), 60.000 tonnes de bananes seulement ont été exportées au premier trimestre, contre 78.000 tonnes lors des trois premiers mois de 2017.
La rareté des nouveaux investissements, les changements climatiques, les invasions de prédateurs dans les plantations et la concurrence étrangère sur le marché international expliquent en grande partie cette tendance.
Une tendance qui touche les trois locomotives locales, à savoir la Cameroon Development Corporation (CDC), propriété de l’Etat camerounais, les Plantations de Haut-Penja (PHP), filiale de la compagnie fruitière de Paris et Boh Plantations.
«La baisse de la production de bananes est

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principalement due à l'absence de nouveaux investissements. 30 à 40% du coût est sur le fret. Il n'est donc pas facile de gagner de l'argent et de réinvestir. Nous avons beaucoup perdu à cause du poids léger de nos régimes de bananes au cours du dernier semestre de l'année dernière, perte due à des escargots. Les rejets sont supposés être inférieurs à 10%, mais nous en avons eu 25%», explique en substance Bisong Henry, directeur général de Boh Plantations.
Et les performances de la CDC tirent particulièrement la filière vers le bas. Celle-ci n’a exporté, ce premier trimestre, que 11.000 tonnes sur les 60.000 tonnes énoncées, contre près de 27.000 tonnes au cours de la même période en 2017. L’entreprise ambitionne pourtant d’atteindre 300.000 tonnes dans les prochaines années, soit près du triple des 110.000 tonnes actuelles.
Ces productions étant essentiellement destinées à l’export, il n’y a pas d’incidence particulière sur les prix à la consommation localement; le marché intérieur étant surtout alimenté par de petits producteurs. Pour rappel, la banane est le troisième produit d’exportation du Cameroun, derrière le pétrole (40%) et le bois en grumes ou scié (15%).


Tricia Bell, Le360afrique

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