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Cameroun - Les prélats se fâchent...Réaction des prêtres suite à la renonciation arbitraire de Mgr Tonyè Bakot

Cameroun - Les prélats se fâchent...Réaction des prêtres suite à la renonciation arbitraire de Mgr Tonyè Bakot

Réaction des prêtres suite à la renonciation arbitraire de Mgr Tonyè Bakot et dénonciation de certaines dérives au niveau de la hiérarchie de l’église du Cameroun


Nous ne pouvons plus nous taire ! Cette lettre fait écho à une série de réflexions partagées par plusieurs prêtres, pétris de longues années d’expérience pastorale, témoins des mutations actuelles. Elle s’adresse à la Hiérarchie, parce que nous estimons que notre Eglise traverse des moments très difficiles, sinon de crise grave, depuis belle lurette, mais qui se sont aggravés depuis que Mgr Pioppo est arrivé comme Nonce apostolique au Cameroun. Il y a des faits qui sont comme autant de « plaies » qui infectent notre corps ecclésial actuel, et surtout, exposent notre peuple aux tentations flatteuses des Eglises réveillées et autres sectes, qui ont pignon sur rue dans notre pays.

Nous prenons à témoin, non sans douleur et désespoir, le peuple chrétien, en dénonçant les dérives et les contre-témoignages de notre Hiérarchie locale, d’une part ; ainsi que l’attitude caporaliste et arrogante du représentant

diplomatique actuel du Saint Siège à Yaoundé, d’autre part. Tout ceci contribue drastiquement à fragiliser les acquis de notre foi et à démonter inéluctablement les bases de l’édifice de notre Eglise, posées et construites avec amour et sacrifice par les croyants authentiques, lointains ou modernes. Nous partons de quelques faits : la division de l’épiscopat camerounais, la vaniteuse gesticulation du Nonce apostolique en poste à Yaoundé et les abus d’autorité de l’Administrateur apostolique de Yaoundé, pour ne citer que ceux-là.

La division et la cacophonie dans l’épiscopat camerounais

« Le poisson commence à pourrir par la tête », dit un célèbre proverbe. La Conférence Episcopale de notre pays est malade ; elle a pratiquement manqué tous les grands rendez-vous de l’histoire, surtout ces deux dernières décennies, pour consolider sa crédibilité et la légitimité de ses membres. Le dernier exemple de la cacophonie, qui règne au sein de la Conférence Episcopale, est la publication de deux lettres pastorales différentes pour un seul événement. Cela est une tradition que les Evêques du Cameroun écrivent une Lettre pastorale à la veille d’une échéance électorale, ou d’un important événement dans notre pays.

C’est ainsi qu’à l’occasion du double scrutin du 30 septembre dernier, ils ont adressé une Lettre pastorale à tout le peuple de Dieu et à tous les hommes de bonne volonté de notre pays. Cette lettre a été publiée au nom de tous les Evêques. Etait-il nécessaire d’en publier une deuxième, avec fracas, dans Cameroon Tribune. Celle-ci, rédigée par Mgr Jean MBARGA, faisait croire que la première était incomplète et hostile au gouvernement ; la sienne prônait surtout la paix, comme si la première lettre incitait à la guerre. L’Administrateur apostolique de Yaoundé, Mgr Mbarga, dans une flagrante attitude de duplicité et en manipulations mensongères, n’avait vraiment pas besoin de se désolidariser de ses pairs en faisant croire que c’était l’affaire du Président de la Cenc, Mgr Samuel Kleda, Archevêque de Douala. Voilà une preuve, entres autres, que l’épiscopat camerounais est divisé. Nous faisons l’économie de ce qui s’est passé à Buea, le samedi 5 octobre 2013, lors de la clôture de l’Année de la foi. Une autre confusion honteuse doublée d’affront ignominieux !

Faudrait-il d’autres preuves pour souligner ce que « Les chrétiens Engagés » décriaient dans les colonnes du Messager, n°3929 du 25 septembre 2013, c’est-à-dire la division, les inimitiés, les jalousies et les querelles de clocher - dans un contexte de tribalisme systémique -, au sein d’une noble institution, qui devrait pourtant indiquer la voie à suivre aux chrétiens. L’unité, la solidarité et la conscience d’être « le peuple catholique » sont des valeurs à promouvoir par notre Hiérarchie.

Le « chacun pour soi », disaient Les Chrétiens Engagés dans leur lettre, est le mal majeur de notre conférence Episcopale : il la fragilise, et surtout, il compromet la crédibilité du Message de nos Pasteurs, dans la mesure où les actes ne suivent pas toujours la parole. Comment prêcher l’unité et la paix dans notre pays ou dans notre Eglise, si nos Pasteurs passent le clair de leur temps à se contrarier mutuellement ? Comment prêcher le détachement, s’ils s’acharnent à des luttes sans merci pour des honneurs, des postes ou des titres ? Comment annoncer l’Evangile aux pauvres, aux malades, aux laissés pour compte et aux « petits », si nos Pasteurs ne manifestent aucun signe d’humilité et de pauvreté évangélique et s’ils ne descendent pas jusqu’aux périphéries de l’existence, comme le disait le Pape François, pour que la parole de réconfort et de consolation du Christ atteigne ceux qui ne sont « rien » aux yeux du monde mais précieux pour le Seigneur ?

La gestion calamiteuse des derniers événements de l’Archidiocèse de Yaoundé a confirmé l’incapacité de la Hiérarchie à défendre la dignité de ses membres et la sacralité de son histoire. Fallait-il penser, comme le grand prêtre Caïphe, en soutenant qu’ « il vaut mieux qu’un seul homme meure pour le peuple » ? Sommes-nous une Eglise sans tête ? La Conférence Episcopale Nationale doit-elle trembler de peur devant le violent et sanguinaire roi Hérode (Mgr Pioppo) qui cherche à massacrer les enfants de Bethlehem, à cause de son pouvoir ? Finalement, « à qui irions-nous ? », si nos pasteurs sont les premiers à trahir le pacte de la vérité qu’est la croix ?

La vaniteuse gesticulation du Nonce apostolique en poste à Yaoundé : Mgr Piero Pioppo

Ordonné Evêque le 18 mars 2010 en Italie, Mgr Pioppo se retrouve à Yaoundé comme premier poste de responsabilité dans sa fonction diplomatique, sans aucune expérience. Cette lacune, à notre égard, constitue une sérieuse limite pour gérer une Eglise aussi importante que celle du Cameroun, qui compte 25 diocèses et dont la répartition démographique hétérogène exige équilibre, finesse et dextérité pour mener à bien la mission évangélisatrice.

Avant son arrivée au Cameroun, Mgr Pioppo est un diplomate inaccompli et presque « chômeur », qui déambule dans le labyrinthe du Vatican. En effet, après le départ, de la Secrétairerie d’Etat, de son mentor, le Cardinal Sodano, il est greffé par désespoir comme prélat à l’Institut pour les Œuvres de Religion (Ior), expérience qui durera peu, puisqu’il sera par la suite balayé par le vent de la restructuration de cette banque, entreprise par le Pape Benoît XVI , et en phase d’achèvement par le pape François. Nous ne serons pas surpris si les enquêtes sur la banque du Vatican finissent par emporter notre piètre diplomate.

Arrivé au Cameroun, Mgr Pioppo s’empresse à appliquer, sans dintinguo, la politique colonialiste, longtemps réservée aux Eglises sous tutelle, où les représentants du Vatican se comportaient souvent en monarques absolus et totalitaires, au mépris de la hiérarchie locale. En trois années de présence au Cameroun, il s’est illustré par l’amateurisme, les intrigues et les coups bas, en complicité avec ses petits copains (larbins) du pays.

Beaucoup sont à la recherche des bonnes grâces du Nonce apostolique. Cela se comprend pour certains prêtres originaires du diocèse de Mbalmayo dont l’Evêque, Mgr Adalbert Ndzana, atteint l’âge de la retraite en 2014. Il y a alors une lutte titanesque autour de ce siège épiscopal, qui n’est malheureusement pas un banc pour les y faire asseoir tous. C’est un siège pour l’un d’eux ou de quelqu’un venant d’ailleurs. D’où des actes de cruauté à l’encontre des confrères, de refus radical de reconnaissance des talents des adversaires : bref, il y a une préférence pour une politique de cruauté en lieu et place d’une politique de la fraternité, de la sincérité et de la charité.

Le mépris souverain des Evêques et Archevêques locaux

Le Nonce Apostolique, Mgr Piero Pioppo, se prend pour le satrape, le pape du Cameroun, et exerce un réel capitanat sur les Evêques et Archevêques du pays, qu’il prend pour ses subalternes. Comment se fait-il qu’il s’est imposé jusqu’à l’heure actuelle comme le célébrant principal et consécrateur de tous les nouveaux Evêques qu’il a fait nommer, depuis qu’il est au Cameroun : à Bafang, Nkongsamba, Bamenda et Kumbo ? Ne peut-il pas donner aussi cette possibilité à d’autres Evêques, par respect pour la Hiérarchie locale ? Est-il plus Evêque que les autres, ou bien a-t-il plus de pouvoir qu’eux ? Il oscille constamment entre le désir de les narguer, ou de les inférioriser, et la tentation de les épurer, les sanctionner, les éliminer. Ils sont admonestés à chaque séminaire des Evêques (Mbalmayo en 2011, Sangmélima en 2012, en attendant janvier 2014 à Douala !).

Certains Evêques du Cameroun vivent alors dans une incertitude totale. Leur peur permanente et paranoïaque découle de la double structure d’impuissance et d’ignorance (de leurs droits) si caractéristique de la plupart d’entre eux, et même de la plupart des Evêques africains. Et pourtant, le Pape François déclarait, avec un ton grave et sévère, le 21 juin 2013 dernier, que les Nonces apostoliques « ne sont pas ses intermédiaires », c’est-à-dire ceux qui parlent en son nom ; ils sont envoyés dans les quatre coins du monde pour faciliter la communion entre les Eglises particulières et le Saint Siège. Le même Pape François est en train d’annoncer le signe prophétique d’une Eglise de périphérie vers le centre, où le pouvoir des pasteurs locaux doit être largement pris en considération. Le Nonce est-il au courant de ces dispositions, ou voudrait-il continuer à les piétiner et à perpétrer le traitement opaque, humiliant et répressif, souvent infligé aux Hiérarques des Eglises dites de mission, et aujourd’hui agonisantes ou périmées ?

La mascarade de la renonciation de Mgr Tonyè Bakot

A la suite de la soi-disant renonciation du 29 juillet 2013, par Mgr Bakot, comme Archevêque de Yaoundé, le Nonce apostolique ne s’est même pas gêné pour envoyer une petite note d’information aux Evêques du Cameroun. Pour lui, cette renonciation était un fait divers et anodin. Ce qu’il ignore, malheureusement, c’est que pour les populations et les chrétiens de Yaoundé, en particulier, l’Evêque est assimilé à une autorité traditionnelle, d’où le nom Mvamba (Grand-père) qu’on lui donne. Cela signifie qu’il est un chef qui mérite respect et considération de la part de tout son peuple. C’est un personnage adulé, vénéré et respecté, parce que son honorabilité fait de lui une autorité indestructible et un guide inébranlable dans la tradition Béti. C’est une véritable icône dans la tradition. On ne peut pas imaginer qu’il soit autre chose qu’un chef. Sa chute engendre nécessairement la déclosion (l’ouverture de l’enclos, la levée de la clôture).

Cette idée de déclosion inclut celle de désordre, de perte de repères et des âmes. A-t-on oublié le canon 1752 qui recommande de ne jamais « perdre de vue le salut des âmes qui doit toujours être dans l’Eglise la loi suprême » ? Notre Eglise locale de Yaoundé aura du mal à s’en remettre, quelles que soient les mesures de rattrapage que l’on puisse imaginer. L’erreur du Nonce est évidente, il s’est lourdement trompé. Les fidèles de Yaoundé et d’ailleurs cherchent leur pasteur. Ils cherchent ce grand homme qui avait l’habitude de leur débiter de très belles homélies prophétiques. Ils l’ont vu travailler, c’est un bourreau de travail ; ils l’ont vu dans les paroisses, c’est un pasteur dévoué et aimant passionnellement son peuple ; ils ont vu ses productions, c’est un intellectuel. Il aura marqué son passage à Yaoundé. Il est donc inutile de tenir des discours de surplomb à son sujet, de dire qu’il n’était rien.

Quant à nous, prêtres de l’Archidiocèse de Yaoundé et d’ailleurs, nous posons les questions suivantes au Nonce apostolique : où est Mgr Bakot ? Est-il porté disparu, depuis le jour où votre secrétaire, Mgr Erwin, est allé, sous votre instigation, le chercher à la sacristie de la Basilique de Yaoundé, à la fin d’une messe avec les chorales ? Il n’a même pas eu le temps de manger avec ses fidèles ou avec les prêtres concélébrants. Où est-il donc, où vit-il, où reste-t-il, que fait-il, de quoi vit-il ?

Sans oser la comparaison avec le Pape Benoît XVI, la renonciation de Mgr Bakot n’aurait-elle pas pu nous gratifier de gestes constructifs et éloquents de charité, tels que la passation de service et l’accolade entre lui et l’administrateur entrant, Mgr Mbarga, comme le firent les deux papes il y a quelques mois? Cela aurait, sans doute, éloigné la moindre idée de complot dans l’imaginaire du peuple de Dieu qui est à Yaoundé. Mais, au contraire, nous avons assisté à un hold-up ganstérique, qui rend légitimes nos interrogations et suspicions. Condamne-t-on les gens dans l’Eglise avant de les avoir écoutés ? Pourquoi cette affligeante omission ?

La renonciation de Mgr Bakot est arrivée dans un contexte de délations, de diffamations et de diabolisation. Imposer la renonciation à quelqu’un, dans de telles conditions, signifie tout simplement le désavouer, cautionner la forfaiture et le jeter en pâture à des forces obscures qui veulent affaiblir l’Eglise catholique, la réduire au silence, faute de pouvoir l’éliminer. Dire que nous sommes indignés est peu ! Deux principes fondamentaux de l’Evangile et de l’Eglise ont été bafoués : la prudence, qui veut qu’on écoute attentivement avant de condamner éventuellement, et la dignité de la personne, qui doit toujours être absolument respectée.

Les abus d’autorité de l’Administrateur apostolique de Yaoundé: Mgr Jean Mbarga

Quelle n’a pas été la surprise des fidèles de Yaoundé en voyant Mgr Mbarga - « Jean Fochivé », comme ne cessait de l’appeler Mgr André Wouking) -, qu’ils connaissent très bien, revenir comme leur Administrateur. Aussitôt arrivé, cela a été une grande débandade des clercs. Une heure après son arrivée, le 29 juillet 2013, on a assisté comme à un véritable règlement de comptes, sans respect de ce que prévoit le droit de l’Eglise. Pour asseoir sinon sa légitimité, du moins son contrôle, la toute première victime de l’Administrateur (muni de tous les pouvoirs du ciel et de la terre) a été l’Abbé Antoine Roger Evouna, ancien curé de la cathédrale de Yaoundé, que Mgr Mbarga avait déjà tant maltraité, du temps où l’abbé était séminariste. Il ne l’a pas raté cette fois-ci. Il l’a affecté d’autorité en Europe, pur canular ; puis, subitement, et en contradiction flagrante avec ses déclarations à la télévision nationale (la Crtv), il a changé de décision pour le ramener à Yaoundé.

Il n’est pas seul dans cette situation. L’Abbé Jean Bertin Nama, le grand réformateur du Sedy (Secrétaire à l’Education de Yaoundé), a été prié de vider les lieux, avec une violence peu charitable ; son lot de consolation, c’est la craie au Grand Séminaire d’Otélé, sans doute une poubelle. L’Abbé Nicolas Essomba Mebenga devait aller terminer sa thèse de doctorat en Droit canonique à Paris, selon les dernières affectations de Mgr Bakot ; il se tournerait les pouces en ce moment à la Cathédrale, dans une piaule. L’Abbé Song Song, ancien curé de Fébé, qui devait aller étudier au Canada, avec une bourse d’étude obtenue par Mgr Bakot, s’est fait virer au petit Séminaire sainte Thérèse, un autre exutoire. L’Abbé Etienne Etoundi Essama devait se rendre en Afrique du Sud, cela est aussi suspendu.

C’est la débandade au sein du clergé, réduit à être sans possibilité de recours contre les décrets de révocation, face à une cruauté à l’encontre des frères, qui se moque éperdument du fameux dicton Béti « Monyòñ a bele o fidgi », préconisant une solidarité, une entraide, un esprit de corps et une interdépendance entre frangins, ce qui n’a rien à voir avec le favoritisme. Les prêtres seraient-ils devenus des ennemis à persécuter, à sacrifier avec une telle légèreté ? La plupart retournent leur veste, juste pour sauver leurs postes.

L’Administrateur de Yaoundé agit-t-il encore en pasteur, ou alors sa soif de vite devenir Archevêque de Yaoundé et Cardinal doit-elle faire de lui un loup pour ses prêtres ? Tout laisse croire que c’est le nœud gordien de tout le drame sordide qui se vit à Yaoundé tous ces derniers temps ! Cette manière brutale de provoquer dangereusement la guerre contre les prêtres et quelques laïcs, de la conduire et de la pérenniser inutilement, c’est une haine inconsciente contre une Eglise particulière, un grand gâchis et une honte. Si ce préjudice n’est pas vite réparé, Yaoundé deviendra un territoire à rechristianiser ! Et pour finir, les fidèles de la cathédrale de Yaoundé ont de nouveau accueilli l’Abbé François Xavier Olomo. Ce n’est pas du tout avec des cris de joie.

Le triste sort du diocèse d’Ebolowa

Etre administrateur apostolique veut-il dire abandonner complètement le diocèse où l’on est pasteur propre, comme Mgr Mbarga le fait d’Ebolowa, depuis qu’il est nommé Administrateur du prétendument juteux Archidiocèse de Yaoundé ? Les fidèles de cette Eglise particulière d’Ebolowa n’arrivent pas à comprendre cette véritable renonciation à la charge pastorale d’un diocèse, ce délaissement irresponsable de son propre troupeau, ce genre de désengagement insouciant, d’abdication et de désertion négligente de son primordial poste de responsabilité pastorale. Cette volonté générale de fuite et de défection est un crime contre ce peuple de Dieu. En organisant une messe pour la paix à Yaoundé, le dimanche 29 septembre, il aurait été honnête et juste d’organiser, en même temps, une messe de Requiem pour le diocèse d’Ebolowa. Heureusement que l’Eglise croit au relèvement des morts.

Conclusion

Au regard de ce qui précède, nous , prêtres de l’Archidiocèse de Yaoundé et d’ailleurs, estimons que le moment est venu pour que notre Eglise retrouve ses lettres de noblesse d’antan, son passé glorieux, et surtout, son prestige théologique de référence, incarné et confirmé par une génération d’évêques sérieux, d’intellectuels honnêtes et de théologiens de calibre mondialement reconnus.

Pour y parvenir, nous devons apprendre à lire les signes du temps, fondamentalement le temps de Dieu, qui, depuis quelques mois, à travers l’élection du Pape François, annonce le crépuscule et la décadence d’une certaine classe de Pasteurs fatigués et incapables. Le Saint Père annonce plutôt une aube nouvelle en faveur d’une Eglise pauvre, mais riche en signes et symboles.

L’Eglise de notre pays ne manifeste-t-elle pas les signes d’un profond besoin de rénovation, tant dans les structures que dans la qualité des personnes qui la dirigent ? Nous sommes, d’une part, en face d’une Eglise fatiguée, tiraillée de toute part par une vieille génération de pasteurs qui ne veulent pas lâcher les rênes du pouvoir, n’acceptant aucun renouvellement sincère ; et d’autre part, face à une autre génération qui relègue la foi et la pastorale dans de sinistres pratiques.

En communion avec la vision prophétique du Pape François, nous gardons l’espoir que le souffle nouveau du Saint Esprit balayera bientôt certaines « ordures » qui continuent de corrompre le dynamisme de notre Eglise, pour que nous ne puissions plus jamais vivre un autre 29 juillet 2013.

Barrons la voie à ceux qui veulent déstabiliser notre Eglise à travers les intrigues, la diffamation et la délation, qu’ils soient représentants du Vatican, Evêques ou prêtres ; bâtissons plutôt une Eglise accueillante et miséricordieuse, fécondée par les dons de l’Esprit Saint, pour que les carriéristes, les courtisans et les prétendants aux titres ecclésiastiques, paresseux par nature et revanchards par caractère, qui ne vivent la foi et ne pratiquent la pastorale qu’en termes de « gain », cèdent la place à ceux qui, tous les jours, sauront nous enseigner la beauté du sacerdoce et la radicalité du langage de vérité de la croix du Christ, pour le salut de notre peuple chrétien et pour la gloire de Dieu.

Fait à Yaoundé, le 6 octobre 2013.
Prêtres engagés
Ampliations :
Sa Sainteté le Pape François
S. E. Pietro Parolin
S. Em. Fernando Cardinal Filoni
S. E. Mgr Samuel Kleda, président de la Cenc
S. E. Mgr Piero Pioppo, Nonce Apostolique

© Source : Cameroonvoice

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