Armes nucléaires: l’ONU interdit le nucléaire 21 ans après le tacle à l’Afrique

Le traité interdisant les armes nucléaires adopté ce 07 juillet 2017 par  l’Organisation des Nations Unies intervient après celui signé par les pays  d’Afrique en avril 1996, en respect du  Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires  entré en vigueur en 1970.
La victoire vermoulue
Ce pas de l’Organisation des Nations Unies tient à l’obstination de 141 États, avec au premier plan  l’Autriche, le Brésil, le Mexique, l’Afrique du Sud et la Nouvelle-Zélande. Si pour ce projet de l’ONU on a eu pour les 124  votants une seule  voix contre,  ainsi qu’une abstention, il est loisible de constater qu’aucun des 9 pays détenteurs de l’arme nucléaire (États-Unis, Russie, Royaume-Uni, Chine, France, Inde, Pakistan, Corée du Nord et Israël ) n’a participé à ces négociations. Autre absences marquantes, celle du Japon, seul pays à avoir subi une attaque atomique en 1945 et de quelques pays de l’OTAN. Et pour cause, ont expliqué la France, les États-Unis et le Royaume-Uni entre les lignes d’un communiqué conjoint : « Cette initiative ignore clairement les réalités de l’environnement sécuritaire international ». En clair,  ces pays estiment que le traité ne va en rien impacter sur la réduction du stock mondial actuel de quelque 15 000 têtes nucléaires.

L’Afrique dupée !
Le 11 avril 1996  en Égypte (Caire) les  53 pays  que compte l’Afrique ont signé un traité  interdisant la présence d’armes nucléaires sur le  continent. Les États-Unis, la France, et la  Grande-Bretagne qui aujourd’hui s’opposent à l’interdiction du nucléaire avaient pourtant soutenu l’Afrique  dans cette lancée;  sans doute pour qu’elle reste suffisamment faible pour ne guère tenir  proprement une riposte à leur égard.
Au rang des  signataires du traité de ce 0 7 juillet 2017  il y a eu un seul pays africain à savoir: l’Afrique du Sud- qui après sa courte expérience dans le nucléaire (pendant l’apartheid) s’est astreint au  traité de non-prolifération nucléaire (TNP) qui rend  les États responsables de la réduction de leurs stocks.

Le nucléaire concède de l’autorité…
Lors d’une entrevue en mars dernier, Nikki Haley, ambassadrice américaine à l’ONU, a  déclaré: « Nous devons être réalistes,  Qui peut croire que la Corée du Nord accepterait une interdiction des armes nucléaires ? ». Voilà qui corrobore implicitement le fait que le régime de Pyongyang a plus d’autorité sinon est devenu incontrôlable du fait de l’arsenal nucléaire qu’il revendique. La  Corée du Nord n’a de cesse de s’équiper dans ce sens. Son programme d’armement nucléaire et balistique va bon train et pas plus tard que ce mardi elle a testé pour une première un missile intercontinental. Ce qui n’est pas pour arranger les États-Unis qui auraient plus facilement disposé du régime de Pyongyang s’il avait manqué de force-d’arsenal nucléaire- pour une  riposte équitable.
Le traité signé ce 07 juillet reste passablement symbolique car  ne s’appliquera qu’aux États signataires. Il sera ouvert à ratification à partir du 20 septembre et entrera en vigueur après sa signature par 50 pays.

Romulus Dorval KUESSIE, 237online.com

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