Alexandre Siewe (AES SONEL): « 85% de nos clients consomment moins de 400Kwh par mois »

Directeur commercial adjoint en charge de la clientèle, il revient sur les raisons des réaménagements des tarifs par Aes-Sonel et infirme les informations faisant état d??une augmentation des tarifs des ménages.D??abord l??opportunité d??une telle hausse, alors que la saison sèche tire déjà à sa fin ?La structure tarifaire d??Aes Sonel a effectivement vocation à intégrer des tarifs saisonniers, mais depuis 2008 nous avons mis fin à la tarification saisonnière et quel que

soit le mois de l??année, les tarifs sont les mêmes ; Par contre, le mécanisme de fixation des tarifs intègre des éléments comme le coût du fuel dont on sait que nous utilisons beaucoup en saison sèche notamment pendant l??étiage. Mais là, c??est un autre sujet.Aes Sonel n??a toujours pas atteint le seuil de tarifs prévu dans le contrat de concession?Les dispositions tarifaires sont issues de trois sources : les concessions et licences à nous accordées, la réglementation en vigueur dans le secteur de l??électricité et des décisions de l??Arsel, le régulateur. Effectivement la concession a clairement indiqué les mécanismes et les conditions des augmentations tarifaires. Il ne s??agit pas tant d??un seuil à atteindre que d??un modèle économique à préserver durablement. Ces dernières années, Aes Sonel a effectivement renoncé à des augmentations réglementaires et avec le gouvernement, des mécanismes de compensation ont été mis en ??uvre. Autrement dit, les augmentations tarifaires sont clairement organisées et encadrées.L??Arsel a-t-elle validé ses nouveaux tarifs?Les tarifs relatifs à la fourniture d??électricité basse tension et moyenne tension aux usagers sont ceux issus des décisions d??Arsel. Selon la réglementation en vigueur, les tarifs sont révisés sur proposition d??Aes-Sonel et adoptés après approbation de l??Arsel. Ce qu??il faut néanmoins précisé, c??est la forme de cette approbation qui peut être expresse ou tacite conformément aux stipulations des concessions et licences. Je peux vous assurer que le dernier réaménagement tarifaire s??est fait conformément à ces dispositions. Permettez-moi de préciser néanmoins que si un client ou un groupe de clients a du mal avec l??interprétation des tarifs en vigueur, seule Arsel est habilitée à connaître de ce type de différend.Aes-Sonel est-elle consciente du fait que l??électricité est déjà hors de la portée des petites bourses?Dans tous les pays du monde, on appelle la facture la « douloureuse » et la payer est toujours perçue comme une contrainte qu??il faut gérer. En ce qui nous concerne, nous avons d??autant plus tenu compte de l??environnement que nous avons défini une catégorie socio-économique particulière dont le niveau de revenu est réputée faible ou en dessous d??un certain seuil. La tranche sociale que nous avons créee est l??une des plus basses du continent en termes de coût (50F/KWh), avec un seuil à 110KWh qui est l??un des plus élevés du continent. Je rappelle que dans notre pays, la moyenne de consommation est de 73 KWh par mois et par famille. Deuxième preuve de la prise en compte des catégories modestes dans notre approche commerciale, la modification tarifaire que nous venons d??opérer ne touche pas cette tranche sociale, tout comme elle affecte très peu de ménages. Jusqu??à une consommation de 400 KWh par mois, les tarifs n??ont pas changé. A titre de repères, à Douala, la moyenne de consommation est de 188 KWh et elle est de 160KWh pour la ville de Yaoundé. Globalement, 85% de nos clients consomment moins de 400KWh par mois.Au lieu de revoir systématiquement les prix sous prétexte de maintenir le niveau des investissements Aes Sonel ne gagnerait pas à multiplier le nombre de ses abonnés? Pouvons-nous avoir une idée du nombre d??abonnés de Douala?Il ne s??agit pas d??un prétexte, mais d??une logique économique presque mathématique. Pour obtenir le soutien de votre banquier vous devez lui présenter une situation financière qui le rassure. Pour maintenir notre niveau d??investissements actuel, nous devons améliorer nos ressources propres. Les preuves de nos investissements sont visibles et se traduisent par une amélioration substantielle de la qualité de service. Le secteur électrique nécessite des capitaux importants pour sa maintenance et son développement. Comparaison n??est certes pas raison, mais levez le regard vers les pays de la zone subsaharienne et dites moi un seul qui ne souffre en ce moment de délestage systématique comme nous en 2004. Ceux qui voyagent sur le continent peuvent partager leur témoignage. Et si des pays de niveau semblable commencent à solliciter Aes pour régler leur problème de pénurie, c??est sans doute parce qu??en ce moment, l??expérience Camerounaise est perçue comme en voie de réussite dans un secteur qui est parmi les plus sinistrés de notre continent. Bien que beaucoup restent à faire, nous sommes convaincus qu??on va doter le Cameroun d??un système électrique dont les Camerounais seront fiers. D??où les moyens que nous voulons mobiliser pour notamment augmenter le nombre de clients. Avec un peu moins de 620.000 clients réguliers, nous pensons qu??il y a encore de la marge. A ce jour, une ville comme Douala compte moins de 150.000 clients particuliers actifs. Evidemment ceux qui consomment sont beaucoup plus nombreux à travers les phénomènes comme la fraude, les toiles d??araignées ou encore des compteurs divisionnaires. C??est un phénomène à assainir. On y travaille sérieusement. Surtout en cette veille de coupe du monde.

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