Affaire Melvin Tchamba Ngassam: Le collectif acquis à sa cause réclame la réouverture de l’enquête

Quatre ans après la disparition de l’ingénieur camerounais au Congo Brazzaville, le Crtnm constate que de nombreuses zones d’ombre et paradoxes émaillent les conclusions des enquêtes administratives et judiciaires de la justice congolaise.La correspondance du Groupe de Travail sur les disparitions forcées ou involontaires des Nations Unies, adressée au coordonnateur du « [i]Collectif retrouvez Tchamba Ngassam Melvin[/i] » (Crtnm), Dr Raphaël Ndzana Abanda, le 1er juillet dernier, apporte un souffle nouveau au désir de démêler l’écheveau d’une disparition devenue suspecte. Interpellé il y a quelques mois par le collectif, ledit Groupe lors de la tenue de sa 106ème session à Genève en Suisse s’est saisi de l’affaire. Le dossier Melvin Tchamba Ngassam (cas no. 10005424), jugé digne d’intérêt a suscité la rédaction d’un rapport qui a été remis aux gouvernements camerounais et congolais le 26 juin 2015, question de les amener à le réexaminer. D’après le président-rapporteur Groupe de travail, Ariel Dulitzkyv, « [i]en transmettant ce cas, le Groupe de travail a exprimé le souhait que des enquêtes appropriées soient menées pour élucider le sort et l’endroit où se trouve la personne portée disparue et pour protéger ses droits[/i] ».
En effet, Melvin Tchamba Ngassam, ingénieur des eaux, forêts et chasses, est curieusement porté-disparu depuis le 08 avril 2011 dans le district de Zanaga, département de la Lékoumou, région de Pointe, en République du Congo Brazzaville. D’après la plainte Irène Flore Kamnang l’épouse du disparu contre les sociétés Geospatial Technology Group (Gtg) du Cameroun et du Congo et Taman-Indutries, adressée respectivement au ministre des Relations extérieures et au directeur de la Police judiciaire le 26 mai 2011, « [i]Monsieur Tchamba et ses collègues ont été mis en mission de service le 06 avril 2011 pour initier l’opérateur de saisie de la cellule d’aménagement de Asia-Group Congo au logiciel de traitement des données développé par Gtg du Congo et pour effectuer des contrôles de qualités des travaux d’inventaire multi-ressources en cours dans l’Ufé Mpoukou-Ogooue dont Taman-Industries est attributaire. C’est ainsi qu’il devait passer la nuit dans une chambre avec Elvis Tetuh qui dit que c’est aux environs de 3 heures jeudi 07 avril 2011 qu’il a constaté l’absence de mon époux[/i] ». Depuis lors, les recherches entreprises à en vue de le retrouver n’ont connu aucun succès. La volonté de ses proches et du Collectif de faire la lumière sur cette disparition, s’est heurtée à la vitesse et les contradictions avec lesquelles le dossier a été expédié par l’autorité congolaise et la compagnie Gtg Group qui employait le disparu.

[b]Mystère[/b]
Quatre années après, le mystère perdure et le Crtnm n’entend pas baisser les bras. S’appuyant entre autres, sur le fait que le jugement déclaratif de décès a été obtenu par Gtg Congo une vingtaine de jour après l’enlèvement, en violation de l’article 117, alinéa 2 du Code de la famille congolais, qui dispose que ce n’est que six mois après la disparition d’une personne sans nouvelle, qu’on pourrait la déclarer décédée. Ceci après une présomption d’absence prolongée durant deux années, avant de demander un jugement de décès de la personne disparue. Par ailleurs, les conclusions des enquêtes administratives et judiciaires de la justice congolaise, selon lesquelles, le disparu se serait soit suicidé, soit égaré en forêt, sont sujettes à caution. « [i]Un examen minutieux de ce rapport fait ressortir de nombreuses zones d’ombre non sans soulever des paradoxes qui confortent la thèse d’une reprise des enquêtes sur cette mystérieuse disparition[/i] », souligne le Coordonnateur du Collectif.
En plus dans le rapport du Groupe de travail, placé sous la tutelle du Haut-commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme, rendu public récemment, indique (au conditionnel) rapportant les propos d’une de ses sources, que le ressortissant camerounais, né le 7 mai 1977, a été enlevé par des agents de sécurité de la compagnie Gtg Congo et la police congolaise dans sa résidence de Pointe Noire, au Congo Brazzaville. Toute chose qui porte à croire que l’affaire a été bâclée. D’où la demande incessante du Collectif, confortée par le Groupe de travail, que le gouvernement camerounais fasse pression sur son homologue congolais pour une reprise des enquêtes. Affaire à suivre.

[b]Luc Justin Kamguia, 237online.com[/b]

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