Une réponse point par point, et pas franchement conciliante. Le Mandela Center International (MCI) a répliqué le 25 septembre 2026 à Maître Innocent Fenze, avocat au Barreau de Paris depuis 1996, qui contestait sa Note d’Information n°147 sur l’affaire Olivier Happi. Verdict de l’ONG : elle maintient et renforce chacune de ses conclusions.
Deux dossiers qu’on ne mélange pas
Le cœur du différend tient en une phrase. MCI répète qu’elle n’a jamais pris position sur la culpabilité pénale d’Olivier Happi, condamné en première instance puis confirmé par la Cour d’appel du Centre le 3 novembre 2022, dossier aujourd’hui pendant devant la Cour suprême. Ce que l’organisation vise, c’est autre chose : la responsabilité disciplinaire de quatre magistrats et les conditions d’une expertise judiciaire portant sur 274 lingots, pour un poids total de 218 kg.
Le détail qui interpelle, c’est le lieu de cette expertise. Selon MCI, elle se serait déroulée non pas dans un laboratoire indépendant mais dans le cabinet personnel du Délégué Général à la Sûreté Nationale, en présence de deux ministres. Le Procureur Ntyam Nkotto, seul magistrat nommé dans le document, affirme de son côté avoir personnellement refusé, à deux reprises, des propositions d’argent venant de l’entourage de Monsieur Happi.
Difficile de ne pas y voir un aveu implicite de tentative de corruption, même si le résultat de l’opération a échoué.
Le CSM interpellé, encore
Maître Fenze avait dénoncé, dans une lettre du 17 septembre, une note qu’il juge attentatoire à l’honneur de la justice camerounaise. Il reprochait aussi à MCI un possible conflit d’intérêts, l’organisation ayant déjà été conseil dans l’affaire Kaptue Tagne. C’est là que la réponse de MCI surprend le plus.
L’ONG retourne l’argument. Elle affirme que suivre la même faille institutionnelle dans deux dossiers distincts constitue un gage de cohérence et de crédibilité affirmée, pas un motif de récusation. Personne ne s’y est vraiment opposé jusqu’ici, mais l’argument juridique reste à tester devant d’autres instances.
MCI renouvelle donc son interpellation formelle du Conseil Supérieur de la Magistrature pour une procédure disciplinaire contradictoire, avec une enquête menée par l’Inspection Générale des Services Judiciaires plutôt que par les pairs directs des magistrats visés. Le CSM n’aurait pas siégé depuis 2020, si l’on en croit l’organisation. Le signal est clair : sans réponse institutionnelle rapide, MCI annonce vouloir saisir les instances internationales.
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Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.
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