Affaire Amougou Belinga au Cameroun : le crépuscule des « charognards » a commencé

Jean-Pierre Amougou Belinga

Le feuilleton judiciaire autour de Jean Pierre Amougou Belinga, magnat camerounais des médias, a connu un énième rebondissement ces derniers jours. Alors qu’un document attestant de sa libération et de celle de Eko Eko avait fuité sur les réseaux sociaux, le juge d’instruction en charge du dossier a déclaré ce document « fake« .

Pourtant, selon le journaliste et lanceur d’alerte Paul Chouta, ce prétendu faux cache en réalité une véritable « bataille de réseaux » au sommet de l’État camerounais. Le journaliste d’investigation Michel Medjo a d’ailleurs promis de nouvelles révélations fracassantes lors d’un Live Facebook.

Mais au-delà du séisme médiatico-judiciaire provoqué par cette affaire, un des tenors du journalisme camerounais, Tafeu François Bikoro, activiste de la société civile camerounaise, y voit le début de la fin pour ceux qu’il qualifie de « charognards« . Analyse.

Une meute « avariée » aux trousses de Amougou Belinga

Dans une tribune au vitriol publiée sur whatsapp, Tafeu François Bikoro fustige le traitement mediatique réservé à Jean Pierre Amougou Belinga depuis le début de l’affaire Martinez Zogo.

Il dénonce les méthodes de « harcèlement » et « d’abrutissement » utilisées par certains médias camerounais, qui auraient agencé « une meute avariée » aux trousses du magnat de la presse. Quitte à recourir au « mensonge« , à la « fabrique de faux témoignages« , et même à des « faux reportages » devant le siège vide de la gendarmerie nationale !

Le but de cette opération de communication ? Faire de Amougou Belinga « le parfait bouc émissaire » de tous les maux de la société camerounaise, d’après François Bikoro. Et même le présenter comme l’incarnation de la « république bananière » dans l’opinion publique.

Une tentative de corruption de la justice ?

Plus grave, Tafeu François Bikoro évoque des tentatives de « corruption de la justice » camerounaise de la part de certains médias et personnalités politiques. Ces accusations graves viennent confirmer les récentes révélations de notre confrère Michel Medjo, qui évoquait l’implication de réseaux politico-mafieux dans cette rocambolesque affaire.

Reste à savoir si ces allégations parviendront à ébranler le cours de la justice camerounaise, ou si celle-ci résistera aux pressions en poursuivant sereinement son travail d’instruction.

Le temps du pardon ?

Alors que l’affaire suit son cours dans les méandres du système judiciaire camerounais, Tafeu François Bikoro appelle de ses vœux à un « pardon » généralisé entre les différents protagonistes.

Il enjoint notamment aux médias et personnalités politiques impliqués de « changer de métier« , arguant que leur crédibilité journalistique a été irrémédiablement entachée par cette rocambolesque affaire.

Un appel au pardon et à la mansuétude qui peut sembler bien naïf, tant les passions exacerbées par ce feuilleton judiciaire sont encore vives au Cameroun. Mais qui sait, peut-être annonce-t-il le début d’un véritable travail de reconciliation nationale dans ce pays meurtri ? L’avenir nous le dira…

Jean-Patrick Etoa, 237online.com

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