Actualité

22 février 2020 : L’hégémonie française se renforce sur le Cameroun

Le Cameroun est l’un des principaux pays bénéficiaires des financements de l’Agence française de développement (AFD) en Afrique.

Les engagements du groupe AFD en faveur du Cameroun ont représenté en moyenne 150 milliards de FCFA par an depuis 2002. Au cours de ces deux décennies (2000-2020), rien que les dépenses d’investissement de l’AFD au Cameroun ont coûté au bas mot 2700 milliards à la France.

Le rôle du président français est aussi de soutenir la stratégie internationale de la France partout où ses intérêts sont en cause. Rien de plus normal que de prendre de l’avance sur le terrain du débat politique. En relations internationales, les pays qui s’imposent ont des objectifs nationaux et mondiaux. Et, forcément, sur ces terrains, l’objectif premier de tout pays qui souhaite affirmer sa compétitivité est l’étude des différents cadres conceptuels et stratégiques régissant les échanges internationaux.

Des millions de Camerounais placent leur espoir dans le cadre des actions culturelles et des missions de coopération française dans de nombreux secteurs, dont la recherche scientifique, l’enseignement supérieur, l’éducation, l’entrepreneuriat, la santé, etc. C’est en effet par là que l’hégémonie française nous est imposée.

Les deux courants de pensée qui dominent les débats autour des questions internationales sont subordonnés aux principes néoréalistes et néolibéraux. Sachant que les piliers centraux de la politique étrangère sont la sécurité et la prospérité économique, les premiers privilégient la sécurité alors que les seconds défendent la thèse contraire. La politique étrangère de la France au Cameroun se focalise justement sur la sécurité et la prospérité économique. Les forces armées camerounaises (incluant la gendarmerie) ont bénéficié de nombreuses actions de coopération militaire (France-Cameroun) financées sur le budget du ministère des affaires étrangères français.

Lire aussi
Maladresse diplomatique: Le Cameroun répond à la France de Macron

Lors de sa visite au salon de l’agriculture à Paris le 22 février 2020, le président français a réagi avec virulence à l’interpellation d’un activiste camerounais. A cet égard, Emmanuel Macron s’est engagé à donner un nouvel élan à la réforme des relations bilatérales avec Yaoundé. Devant une telle circonstance, le Cameroun devrait privilégier le fond plutôt que la forme. Mais, hélas, comme d’habitude, les tambours de la propagande ont résonné pour annoncer une guerre perdue d’avance. Les causes futiles sont toujours perdues d’avance. Si nous nous trompons de direction, ne nous trompons pas de débat. Nous laissons peut-être passer une chance de reconstruire l’unité de notre pays. La porte des idées et du capital intellectuel est celle qui peut nous conduire à agir ensemble, dans l’unité, pour donner une réponse collective à l’hégémonie française au Cameroun. C’est possible de modifier le cadre d’influence des nouvelles formes de domination sur le développement économique et humain de l’Afrique.

Lire aussi
Cameroun: L'accès aux toilettes, une urgence sanitaire à Yaoundé

La figure ci-dessous indique les moyens par lesquels nos Etats peuvent reconquérir les zones d’influence néocoloniales et accéder à la manière dont la plupart des grands pays s’imposent à l’international.

Raoul Patrick NOUGOUM

QUE FAIRE N°5

Le texte ci-dessus est un extrait de votre article intitulé « Que faire pour que la paix revienne au Cameroun ? » (À paraître bientôt). « Que faire » est un bulletin d’information de La Minute d’Economie politique pour délivrer un message compatible avec une vocation sociale adaptée à la compétitivité africaine.

Tags
Afficher plus

Un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page
Fermer
Fermer