Politique

16 mois de prison pour quatre militants du mouvement Stand up for Cameroon

Détenus depuis le 22 septembre 2020 à la prison centrale de New-Bell, ces jeunes du mouvement Stand up for Cameroon ont été reconnus coupables d’insurrection par le tribunal militaire, le 31 décembre 2021.

Vendredi 31 décembre 2021, le tribunal militaire de Douala a statué sur le cas de quatre membres du mouvement Stand Up for Cameroon, arrêtés le 18 septembre 2020 dans le contexte des manifestations alors projetées par le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (Mrc), et placés en détention depuis le 22 septembre 2020 à la prison centrale de New-Bell. Les quatre jeunes, Etienne Ntsama, Moussa Bello, Mira Angoung et Tehle Membou étaient poursuivis pour conspiration de révolution et d’insurrection. Finalement, ils n’ont été reconnus coupables que d’un seul chef d’accusation, à savoir l’insurrection. Une accusation qui leur a valu d’écoper 16 mois de prison ferme. Au moment de leur condamnation, les mis en cause avaient déjà passé 15 mois derrière les barreaux, dans des conditions que des responsables de leur mouvement, ainsi que des avocats et des acteurs de la société civile, n’ont eu de cesse de décrier.

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Moussa Bello et ses trois coaccusés ont été jugés « non coupables » pour l’accusation de « révolution ». Ils devront en outre verser une somme de 376 000 Fcfa correspondant aux dépens, c’est-à-dire les frais générés par la procédure engagée à leur encontre par le Ministère public dans le cadre de ce procès. Il faut relever, pour rappel, que Nana Collins, le cinquième membre de Stand Up for Cameroon, arrêté lui aussi le 22 septembre 2020, alors que ni lui, ni ses coaccusés ne manifestaient, avait déjà été condamné à 18 mois de prison. Les cinq militants et sympathisants de Stand Up for Cameroon, un mouvement de la société civile préoccupé par les questions de démocratie, de gouvernance et des droits de l’homme dans notre pays, avaient été arrêtés près d’une station-service au quartier Bali, au sortir d’une réunion organisée par ce mouvement pour clarifier sa position sur les « marches blanches » annoncées à l’époque par le Mrc.

Libérer les autres détenus

Ils ont ensuite été conduits vers un lieu inconnu, avant d’être repérés par les avocats du mouvement de défense des droits humains. « Cette décision n’est pas conforme à la vérité. Elle est une raison supplémentaire pour renforcer l’engagement pour un changement profond et systémique de la gouvernance de notre pays. Les leaders et les membres du mouvement Stand Up for Cameroon vont continuer le combat contre les injustices, pour la libération de toutes les personnes injustement détenues et pour une refondation du pays. Dans cette optique, ils renouvellent leur engagement et leur disponibilité à travailler sur des initiatives sérieuses qui s’inscrivent dans le sens des changements souhaités par une écrasante majorité des Camerounais », a déclaré Franck Essi, membre de la coordination du mouvement Stand Up for Cameroon, dans un communiqué. Une allusion à peine voilée aux militants et sympathisants du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (Mrc), dont de hauts cadres de ce parti de l’opposition, qui ont, récemment, été condamnés à sept ans de prison ferme.

T. T. / 237online.com

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