Trois noms circulent avec insistance dans les couloirs du pouvoir à Yaoundé : Philémon Yang, Peter Mafany Musonge et Paul Elung Che. Alors que l’Assemblée nationale examine le projet de loi n°2092/PJL/AN instaurant un poste de vice-président, deux clans rivaux s’affrontent en coulisses pour placer leur pion anglophone. Ce futur vice-président ne sera pas élu — il sera nommé. Le peuple camerounais aura-t-il encore son mot à dire ?
Une succession verrouillée entre clan Nanga et clan Bulu
Le cœur du projet est simple : le futur vice-président sera nommé par le président de la République, et non élu. Pas de ticket présidentiel, pas de légitimité populaire. Un homme désigné en coulisses pour gérer la transition selon les intérêts du clan qui aura remporté la bataille interne.
D’un côté, le clan Nanga — soutenu par Chantal Biya et Ferdinand Ngoh Ngoh — pousse Philémon Yang. L’ancien Premier ministre est présenté comme le candidat idéal. Un deal en ombre serait déjà scellé : il prend le fauteuil, puis le rend. En face, le clan Bulu (Mvondo Ayolo, Motaze, Frank Biya) mise sur Peter Mafany Musonge ou Paul Elung Che, secrétaire général adjoint de la présidence, actuellement en conflit ouvert avec Ngoh Ngoh.
Pendant ce temps, Ibrahim Talba Malla, ministre délégué chargé des Marchés publics, est pressenti pour hériter de la Primature — une logique de rééquilibrage géographique qui attribuerait ce poste à un natif de l’Extrême-Nord.




