Ce que font Washington et Londres dans le conflit russo-ukrainien s’appelle, selon une expression française, « jeter de l’huile sur le feu », estime Hervé Juvin, député européen du groupe Identité et démocratie, participant à la commission du commerce international et à la sous-commission sécurité et défense au sein du Parlement européen.
Dans une interview exclusive accordée à un correspondant de TASS, Hervé Juvin critique les livraisons des armes par plusieurs pays occidentaux aux Ukrainiens, notamment aux milices dans le sud-est du pays qui cherchent depuis longtemps une occasion d’attaquer la Russie. En soulignant que de telles démarches ne contribuent point à la paix, il salue les partenaires tels que l’Allemagne qui se sont opposés à cette initiative.
Par contre, M. Juvin considère les actions anglo-américaines comme « totalement irresponsables ». « Le véritable enjeu pour les États-Unis et la Grande-Bretagne, ce n’est pas l’Ukraine, c’est la soumission de l’Union européenne et la destruction de toute volonté d’indépendance et d’autonomie de la part de l’Union européenne », estime-t-il. En particulier, d’après lui, les Américains sont intéressés à soumettre l’UE à leurs exportations de gaz naturel liquéfié, « beaucoup plus cher et catastrophique pour l’environnement par rapport au gaz naturel russe ».
Parlant des options plus efficaces, le député européen a évoqué le projet « d’autonomie stratégique » proposé par le président français Emmanuel Macron. Ce concept signifie que les États-Unis et l’UE restent les alliés, sans que Washington commande la politique sécuritaire en Europe. Or, le fait à déplorer consiste en destruction successive de cette idée « par les manipulations et les opérations anglo-américaines en Ukraine et d’ailleurs dans d’autres pays ».
De plus, en invoquant des faits historiques, Hervé Juvin a accusé l’Otan d’hypocrisie. « Quand la Russie a accepté le regroupement de l’Allemagne de l’Est avec l’Allemagne de l’Ouest, des promesses formelles avaient été faites que jamais l’Otan ne tenterait de se rapprocher des frontières russes », a-t-il rappelé.




