Cameroun – Datouo au perchoir : le cadeau empoisonné de Biya

Théodore Datouo président Assemblée nationale Cameroun – élu le 17 mars 2026 au perchoir de Yaoundé, succédant à Cavaye après 34 ans.

Élu député dans les Hauts-Plateaux, un fief hostile au RDPC, Theodore Datouo se retrouve propulsé Président de l’Assemblée nationale. Hasard ou calcul de sphinx ? En installant son allié sur un volcan électoral, Paul Biya offre une présidence à durée de vie incertaine. Pendant ce temps, Aboubakary Abdoulaye, le Lamido de Rey Bouba, tient les rênes du Sénat — et avec elles, les clés d’une éventuelle succession. Et si Biya venait de renvoyer le pouvoir vers le Grand Nord ?

Le Lamido de Rey Bouba, vrai maître du jeu successoral

Theodore Datouo débarque au perchoir avec un handicap majeur : son département des Hauts-Plateaux reste un terrain glissant pour le RDPC. Pour être Président de l’Assemblée nationale, encore faut-il être réélu député. Son mandat pourrait donc être le plus éphémère de l’histoire de l’hémicycle. En le plaçant là, Paul Biya prive simultanément la région de l’Ouest de toute ambition successorale crédible.

Le vrai gagant du 17 mars 2026 s’appelle Aboubakary Abdoulaye. Le Lamido de Rey Bouba n’est pas un novice : baron, monarque redoutable, fossile politique au sens noble du terme. En cas de vacance du pouvoir, c’est lui, en tant que Président du Sénat, qui assure l’intérim constitutionnel. Il a la force de la situation, les manœuvres, les réseaux. « Tout peut arriver », murmurent les observateurs.

Paul Biya le sait mieux que quiconque. En confiant au Septentrion la gestion symbolique de sa succession, le sphinx de Yaoundé réactive l’axe Nord-Sud avec une précision chirurgicale. L’ombre d’Issa Tchiroma Bakary plane encore. Le Grand Nord tient ses cartes.

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