Cameroun – Archidiocèse de Yaoundé: Mgr Samuel Kleda pressenti pour remplacer Mgr Tonyè Bakot

samuel kleda

Selon des sources proches de Rome, le nom de l’archevêque de Douala reviendrait sur plusieurs tablettes comme le successeur de Mgr Victor Simon Tonyè Bakot à Yaoundé.[pagebreak]En désignant le 29 juillet 2013, Mgr Jean Mbarga, l’évêque d’Ebolowa, comme administrateur apostolique à l’archevêché de Yaoundé, pour Rome, le poste de Yaoundé restait vacant jusqu’à la nomination du successeur de Mgr Victor Simon Tonyè Bakot. Pour mettre un terme à cet intérim, plusieurs hypothèses étaient donc projetées: soit le Pape François confirme Mgr Jean Mbarga comme le successeur de Mgr Simon Victor Tonyè Bakot, soit alors il «crée», c’est-à-dire nomme carrément un autre archevêque qui pourrait être un prêtre ou alors un évêque officiant dans un diocèse quelconque du triangle national. Si l’on s’en tient à certaines informations relayées par des sources exclusives à La Nouvelle, le Pape François aurait penché pour la seconde hypothèse, en portant son choix sur Mgr Samuel Kleda, l’archevêque de la métropole économique. Un choix, estiment certains analystes, qui viendrait ainsi mettre fin à tous ces échos des convoitises les plus aiguisées et autres batailles feutrées qui se faisaient déjà entendre avec une certaine persistance dans les hautes instances de l’Eglise catholique au Cameroun.

L’on se souvient par exemple que, quelques mois seulement après la renonciation de Mgr Simon Victor Tonyè Bakot, un regroupement à caractère identitaire très proche de l’archevêque démissionnaire ou démissionné c’est selon après avoir traité le nonce apostolique, Mgr Piero Pioppo, de tous les petits noms d’oiseaux de la forêt de Makomol par Makak, lui aurait fait parvenir une correspondance avec des propositions d’éventuels successeurs de l’ancien archevêque métropolitain. Seulement, ce clan qu’on disait très proche de Mgr Simon Victor Tonyè Bakot avait semblé oublier une chose, que le représentant du Saint Siège n’aurait pas manqué de rendre compte de tout ce qui se disait à qui de droit, c’est-à-dire au Pape François. Conséquence: aucun des noms proposés au Saint Siège ne figure, selon nos sources, sur la «short list» du Pape. Par contre, Mgr Samuel Kleda dont le nom n’apparaissait nulle part, aurait intéressé le Saint Siège. Prélat aux prises de position iconoclastes, Samuel Kleda, est présenté comme le fils spirituel du cardinal Christian Tumi dont il suit d’ailleurs allègrement les pas.

Dans les colonnes du quotidien Le Messager du vendredi 21 mars dernier, il parle des assassinats non élucidés des prélats de l’Eglise catholique. Considéré par certains comme un acteur majeur de la société civile, l’on se souvient qu’avant la tenue des élections législatives et municipales du 30 septembre 2013, Mgr Samuel Kleda est monté au créneau à travers une lettre adressée aux Camerounais. Dans cette correspondance qui a été très mal prise par certains caciques du régime d’Etoudi, l’on soupçonnait l’archevêque de Douala d’appeler insidieusement à un soulèvement populaire. Surtout que les évêques dans leur grande majorité ne se reconnaissaient pas dans ladite correspondance.

Pire, comme nous le relayions dans l’une de nos éditions, certains auraient regretté que le Conseil permanent de la Conférence épiscopale n’ait pas été saisi. C’est par contre, Mgr Jean Mbarga, l’administrateur apostolique de l’archidiocèse de Yaoundé, qui, dans une autre lettre au vitriol, allait plutôt inviter les chrétiens du diocèse d’Ebolowa et ceux de l’archidiocèse de Yaoundé, ainsi que tous les hommes de bonne volonté, à œuvrer pour la paix avant, pendant et après les élections.

Bon pasteur
En 2012, Mgr Samuel Kleda crée l’événement en exprimant son désaccord vis-à-vis du tout nouveau Code électoral du Cameroun. Un an auparavant à l’approche de la présidentielle de 2011, dans une lettre pastorale adressée aux fidèles de l’archidiocèse de Douala, précurseur, il donne encore le ton quand il indique: «La bataille que nous avons à livrer aujourd’hui, surtout ceux-là qui nous gouvernent, c’est de créer la cohésion sociale entre tous les Camerounais en détruisant les grandes inégalités dont la plupart d’entre nous sont victimes. C’est pourquoi nous sommes appelés à veiller à ce que chacun d’entre nous dispose de ce qui est nécessaire pour son épanouissement. Cela ne peut se réaliser que par le changement radical de mentalité de la part de chaque Camerounais, par la volonté sincère de servir selon la vérité et dans un esprit d’amour, en acceptant humblement que nous nous sommes trompés en ce qui concerne la gestion des affaires publiques de notre pays. Une telle démarche nous permettra, nous l’espérons bien, d’ouvrir les yeux pour voir les vrais problèmes de notre pays, ainsi que les conditions misérables dans lesquelles vivent la plupart des Camerounais». On prêterait volontiers ces propos au discours du Chef de l’Etat qui, dans son adresse à la nation le 31 décembre 2013, fustigeait l’inertie et l’égoïsme de ses collaborateurs qui impactent sur le bien-être collectif.

Porté à la tête de la Conférence épiscopale nationale en avril 2013, le prélat a décliné sa mission en ces termes: «Comment vraiment annoncer Jésus-Christ, c’est la mission que chaque évêque a reçu. Maintenant si mes confrères m’ont choisi, c’est pour que je joue le rôle de coordinateur entre les différentes institutions – nationales ou internationales. J’ai évidemment un cahier de charge à remplir. Mon travail, c’est d’aider les évêques à être davantage au service du peuple qui nous est confié. Comment annoncer l’Évangile en cherchant à ce que l’unité règne entre nous les membres de la Conférence épiscopale nationale du Cameroun. Parce que nous avons des sujets communs que nous traitons». Né en 1959 à Golompwy dans le département du Mayo-Danay dans la région de l’Extrême Nord, Mgr Samuel Kleda a été évêque de Batouri de 2000 à 2007. C’est en 2009 qu’il est nommé archevêque de Douala. Il succède ainsi à son père spirituel: le Cardinal Christian Tumi. Selon certains observateurs proches des milieux de l’Eglise catholique, Mgr Samuel Kleda présente le profil d’un «bon pasteur».

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