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Cameroun: Les séparatistes ouverts aux négociations

Cameroun: Les séparatistes ouverts aux négociations

Dans un communiqué récemment rendu public, les affidés de sisiku Ayuk Tabe ont assuré qu’ils n’écartent pas la possibilité d’un dialogue avec le gouvernement.

La nouvelle est contenue dans un communiqué signé et rendu public récemment, par le secrétaire à la Communication et porte-parole du mouvement sécessionniste anglophone. Dans ses écrits, Chris Anu laisse entendre que les séparatistes autoproclamés des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du pays sont ouverts à de possibles négociations avec le gouvernement camerounais.
« Le gouvernement intérimaire (d’Ambazonie, Ndlr.) croit que les négociations peuvent marquer la fin ultime du conflit », a-t-il écrit. « Cela n’est cependant pas encore à l’ordre du jour du gouvernement intérimaire », poursuit-il. Parce que, apprend-il, le contact n’a pas encore été établi entre le gouvernement camerounais et le gouvernement utopique qu’il sert. « Le président, Dr. Samuel Ikome Sako, n’a approché et n’a été approché par une personne ou un groupe pour des négociations », assure le signataire du communiqué. Et de clarifier cependant : « les Ambazoniens peuvent être rassurés que, si

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et quand un tel moment se présente, le Gouvernement intérimaire ne les mettra pas seulement au courant, il devra également faire une déclaration publique sur l’identité des membres qui prendront part à ces négociations ».
Cela fait pourtant bientôt trois mois que le leader de ce mouvement indépendantiste a été placé en détention préventive au Secrétariat d’Etat à la Défense (SED) à Yaoundé. Depuis, le mouvement est fragilisé. Dominé par des groupuscules qui s’opposent, l’insurrection souffre de l’absence d’un leader politique et a viré au rançonnement des populations. D’un côté en effet, il y a les anciens leaders du Southern Cameroon National Council (Scnc), vieux mouvement interdit par Yaoundé qui plaide pour la cause séparatiste depuis les années 1995. Ces derniers se sont regroupés au sein du Scacuf, le Southern Cameroons Ambazonia Consortium United Front dans lequel ils prônent la lutte pacifique.
« Les négociations sont notre meilleure arme », affirmait à Jeune Afrique, Millan Atam, un leader du Scacuf. Mais cette nébuleuse politique, qui dispose d’une télévision en ligne et de grands activistes sur les réseaux sociaux, a été déchirée avec l’arrestation de ses plus grands leaders. Mais de l’autre côté s’est peu à peu formée une seconde nébuleuse de groupes indépendantistes, qui, pour la plupart, prônent la lutte armée contre les autorités camerounaises qu’elle qualifie de « les forces d’occupation colonialistes ».
Ce groupe armé est réuni autour de Lucas Cho Ayaba qui, avec le leader d’un autre groupe, Ebenezer Akwanga, sont deux anciens syndicalistes étudiants de l’université de Buea (Sud-Ouest), qui s’étaient déjà démarqués du Scnc à la fin des années 1990. A l’époque, quand les militants du Scnc plaidaient « la force de l’argument », ceux du mouvement de Cho et Akwanga parlaient de « l’argument de la force ».
Les deux hommes militent en exil pour la lutte armée contre Yaoundé. Cho Ayaba est leader des Ambazonia Defense Forces (ADF), et Akwanga dirige le Southern Cameroons Defence Forces (Socadef). Ces deux groupes revendiquent de nombreuses attaques en régions anglophones.


Arthur Wandji

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