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Cameroun - Rey Bouba: Le sous-préfet fait arrêter un chercheur

Cameroun - Rey Bouba: Le sous-préfet fait arrêter un chercheur

Hans de Marie Heungoup, chercheur de l’International Crisis Group et à la Fondation Paul Ango Ela est en état d’arrestation dans la région du Nord. Précisément dans l’arrondissement de Rey Bouba, cette principauté camerounaise où trône un monarque de droit divin.

Selon nos confrères de Mutations qui ont donné l’information dans leur livraison d’hier 25 septembre, Hans de Marie Heungoup était en mission dans cette partie du pays où des bandes armées font parler d’elles nuit et jour depuis des mois. Outre cette brûlante actualité, l’arrondissement de Rey-Bouba est réputé comme un ilôt où sont bafoués quotidiennement les droits de l’homme. Selon des sources, c’est l’une des préoccupations de l’International Crisis Group. Organisation non-gouvernementale belge qui a récemment « exigé le départ de Paul Biya de la présidence de la République en 2018 ». Le chercheur aurait été imterpelé et mis aux arrêts sur les instructions du sous préfet de Touboro. Contacté mercredi par International Crisis Group, le gouverneur du Nord, jean Edi’i Abate, au sujet du sort du chercheur, le n°1 de la région ne semblait pas être au courant de la présence de Hans de Marie Heungoup dans son

territoire, notamment dans les geôles des forces de sécurité.

Le cas Yandal
Qu’est-ce qui aurait pu motiver la décision du sous-préfet de Rey-Bouba ? Difficile de le dire jusqu’à hier soir. Mais il faut dire qu’International Crisis Group doit particulièrement intéresser les autorités camerounaises depuis son dernier rapport sur l’état des droits de l’Homme. Un rapport dont Hans de Marie Heungoup est l’un des rédacteurs. Et puis Rey-Bouba est au Cameroun, le sanctuaire moyenâgeux difficilement pénétrable par le concept des droits de l’homme. Là-bas trône un chef traditionnel de premier degré qui a ses miliciens, sa prison privée, ses collecteurs d’impôt à côté de ceux de l’Etat. Sénateur nommé par le chef de l’Etat, coopté premier vice président de la chambre haute, le lamido Aboubakari Abdoulaye est plus puissant dans sa principauté que ne le sont le prince de Monaco ou le duc de Luxembourg en Europe. Ceux qui rejettent son pouvoir absolu n’échappent ni à fureur de ses dogaris, ni aux lois de la République que leur opposent les responsables des forces de l’ordre et les autorités de l’Etat.
Il en est ainsi depuis bientôt un an du conseiller municipal Undp, Celestin Yandal et d’autres membres de l’Association des jeunes de Touboro qui croupissent en prison depuis novembre 2013 pour des motifs montés de pièces par les suppôts du lamido-sénateur-membre du Comité central du Rdpc. En dépit des interventions des associations des droits de l’homme dont le Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale (Rédhac) la douzaine de membres du collectif des jeunes de Touboro croupissent toujours en prison. Le Rédhac a déjà frappé à toutes les portes où l’on est censé trouver une juste suite à ce dossier : ministères de l’Administration territoriale, de la justice etc. Personne n’entend contrarier le lamido qui est au-dessus du chef de l’Etat. Celui-ci arrive quand même à grâcier même des criminels. Seule la mort peut arracher quelqu’un des griffes du lamido de Rey-Bouba comme c’est le cas d’un jeune du collectif et l’épouse de Yandal. Cette dernière est décédée pendant que son mari est incarcéré.
Il faut espérer que Hans de Marie Heungoup ne sera pas mangé à la même sauce.

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