Le fort contraste du niveau de la dette publique entre la France et les autres pays européens menace l’ensemble de la zone euro en termes de recherche de financement et de conduite d’une politique monétaire commune. De telles conclusions sont contenues dans le rapport de 171 pages de la Cour des comptes française, publié jeudi.
« La dette publique a ainsi bondi de 15,1 points de PIB entre 2019 et 2021, soit d’environ 440 milliards d’euros, pour atteindre 112,5 points de PIB. La France sort des deux années de crise avec un déficit structurel et une dette publique parmi les plus dégradés de la zone euro », indique le rapport.
Selon le document, « la France se situe au sein de la zone euro dans le groupe des pays avec un taux d’endettement et un solde structurel élevés, comme l’Italie, l’Espagne ou la Belgique. Sur la base des prévisions des programmes de stabilité transmis à la Commission européenne, une divergence persistante risque de s’installer entre la France et les pays qui ont une dette modérée (entre 60 et 80 points de PIB) et des niveaux de solde structurel contenus, comme l’Allemagne, les Pays-Bas ou l’Autriche.
Cette situation au sein de la zone monétaire unique constitue un risque pour la France et pour l’ensemble des États qui en font partie. L’érosion de la confiance à l’égard de la trajectoire des finances publiques d’un des États peut, en effet, se propager dans le reste de la zone euro, notamment via le secteur financier, et créer des tensions pour le financement des dettes et la mise en œuvre de la politique monétaire unique ».
« La prochaine loi de programmation prévue à l’automne 2022 devra fixer une stratégie pour des finances publiques soutenables et durables. Contrainte par une croissance fragilisée par la situation géopolitique, par la remontée de l’inflation et par la mise en œuvre de mesures annoncées pendant la campagne présidentielle, cette nouvelle LPFP [loi de programmation des finances publiques] devra tirer les enseignements des échecs des lois de programmation précédentes et devra profiter des nouvelles opportunités créées par la réforme de la loi organique relative aux lois de finances », a ajouté la Cour des comptes.




