Zone Cemac: Les barrières tarifaires toujours en vigueur

Cemac

Les consignes édictées par les dirigeants des six états-membres de l’espace communautaire reste sur papier. Les barrières tarifaires toujours en vigueur. Un voyage entre le Cameroun et Sao tome et Principe oblige le passager à l’escale de Libreville de se munir de son visa de transit. D’une valeur de 50 000Fcfa, il est le préalable à tout embarquement. Si du côté de la Guinée équatoriale l’on ne vous exige pas de visa de transit pour la même destination, il est cependant impossible de rentrer dans ce pays par les airs sans son visa. Le voyage par route est tout autant assorti d’un certain nombre de directives impératives. Tout voyageur venant du Cameroun par exemple à destination soit du Gabon, soit de Guinée équatoriale, doit présenter patte blanche aux services d’immigration, de douanes et de sécurité pour continuer son voyage.
C’est ainsi qu’il n’est rare de constater qu’au poste frontière Cameroun-Guinée équatoriale, communément appelé «la chaîne» ou le «mbeng» (le gourdin en langue locale), l’employé du Ministère de la Sécurité nationale vous interpelle plusieurs fois: «Documentos!» (vos papiers!) Documents minutieusement scrutés, examinés et authentifiés. Il faut par la suite répondre à une série de questions sur l’objet de son séjour en Guinée équatoriale, la durée, les attaches avec le pays, etc. En cas de doute, la réponse est tout autant impérative: «fuera !» (Sortez!). Fin de mission! Pendant ce temps, les politiques parlent de la libre circulation des hommes et des biens. Et surtout du visa électronique conçu par l’entreprise multinationale Gemalto. Un visa électronique supposé d’être opérationnel dès demain 18 juin 2015 à l’aéroport international Léon Mba de Libreville, l’un des passages homologués par les pays membres dans le cadre des points d’accords pour la mise en marche de la libre circulation des personnes.

[b]Détermination[/b]
Le nouveau document se présente, pour les autorités nationales et sous-régionales concernées par la question de l’immigration, comme un excellent outil de contrôle des flux des individus entrant et sortant du pays. Il permettra en outre, d’éviter les déplacements vers une ambassade ou un consulat grâce à sa disponibilité sur le site de la direction générale de l’immigration du Gabon. C’est «un outil de facilitation et d’échanges», estime le Ministre de l’Intérieur, M. Guy Bertrand Mapangou, avant d’ajouter qu’il devrait permettre de dynamiser l’attractivité touristique et des investisseurs. Quid des visas en zone Cemac? Le Ministre n’en dit mot.
La Cemac demeure parmi les sous-régions du monde à accuser un retard en matière de libre circulation des personnes et des biens. Depuis des années, la question est en discussion, mais sans avancées concrètes du fait de la réticence de certains Etats-membres qui craignent une invasion de leur territoire. En mai dernier, à l’occasion des travaux de la deuxième session ordinaire des chefs d’Etats de la Cemac, la question a été à nouveau remise sur la table. Mais cette fois-ci, avec une allure plus sure et des propositions concrètes perçues comme les prémices de sa mise en place.
Le Gabon, pays membre de cette communauté adhère à ces propositions et prouve sa détermination à retarder le processus par l’application rageuse des barrières tarifaires.

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