Le leadership naturel du pays est avéré mais il manque d’ambition réelle pour devenir la locomotive de l’espace communautaire.Le Cameroun présente des atouts indéniables lui permettant d’être le poids lourd de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale. Sur le plan économique, c’est un pays doté d’incroyables avantages offerts par la nature et d’une population dynamique. Les statistiques récentes de la CEMAC sont parlantes : « Le Cameroun représente à lui seul 52 % du PIB de la CEMAC et un peu plus de 55 % de la population totale, environ 23 millions d’habitants sur les 44,1 millions que compte la sous-région ».
Le Cameroun, c’est aussi une économie active et originale, alliant à la fois l’informel et le formel, un taux de croissance d’environ 5%. Il est la mamelle nourricière de certains de ses voisins à l’instar du Gabon et de la Guinée équatoriale. Le pays détient les meilleurs centres de formation de la sous-région avec ses universités, l’EMIA, l’IFORCES, l’IRIC…
D’après Cyrille Bekono, enseignant d’histoire à l’université de Yaoundé I, « pour ce qui est de la libre circulation qui est un élément fondateur de cette organisation, le Cameroun est le meilleur élève de l’Afrique centrale, car Tchadiens, Centrafricains, Gabonais, Equato-guinéens et Congolais entrent et sortent ici comme ils veulent sans problème. Ce qui n’est pas le cas avec ses voisins de la CEMAC ».
Sur le plan humanitaire et diplomatique, le Cameroun a enregistré des faits d’armes significatifs dans la sous-région tels que l’accueil des centaines de milliers de réfugiés tchadiens en 1982. Récemment encore, ce sont les réfugiés centrafricains qui ont trouvé l’asile ici sans compter ceux extracommunautaires à l’instar des Nigérians, des Rwandais, ou des Ivoiriens.
Selon certains spécialistes des relations internationales, « les lacunes du Cameroun au sein de la CEMAC relèvent de son non-respect de l’application réelle des résolutions de l’organisation ». Le Cameroun dans la sous-région se met au service des autres Etats et semble se satisfaire uniquement de ce rôle. En outre, « les absences régulières du chef de l’Etat à certains sommets stratégiques de la CEMAC aux enjeux importants ont une incidence négative sur l’image du pays et ternissent son prestige », renchérissent ces connaisseurs.
Par ailleurs, certaines structures phares de l’organisation ne sont réellement pas en activité du fait d’un manque criard d’un leadership efficace que le Cameroun pourrait endosser au regard de ses potentialités. Le parlement de la CEMAC est inactif et n’existe que de nom, la CEEAC ne joue véritablement pas son rôle en faveur de l’impulsion de l’économie sous régionale. Le Cameroun ne se montre pas beaucoup laissant ainsi l’opportunité à d’autres Etats tels que le Gabon et la Guinée équatoriale prendre des initiatives qui vont souvent à l’encontre de la communauté. Bekono pense que « le leadership du Cameroun est de plus en plus contesté ». De manière concrète, « si le pays brandissait vaillamment toutes les ressources dont il dispose, tel ne serait pas le cas », se convainc l’enseignant




