Une réunion élargie aux bailleurs de fonds s??est tenue hier à Douala, en vue de donner des assurances sur ce projet, malgré les retards accumulés. Le projet du yard pétrolier de Limbé a perdu du temps pour sa phase de développement et de mise en ??uvre. Au Chantier naval et industriel du Cameroun (CNIC), on le reconnaît. Au plan
physique, l??avancement est de l??ordre de 38% après près de cinq ans, pour une phase première qui devait durer deux ans d??après les estimations du départ. Et au plan financier, par rapport à ce qui aurait dû être débloqué pour l??ensemble des ouvrages réalisés et en cours de réalisation, on remarque déjà un gap (dépassement) de 11 milliards de Fcfa. « Les obstacles sont à la fois structurels et contractuels. Il y a des problèmes de conception de base. Certaines études n??ont pas été affinées dans les détails nécessaires, d??autres n??ont même pas fait l??objet d??études. Et aujourd??hui, il faut opérer les choix stratégiques, pour déterminer les véritables priorités de ce projet, pour atteindre la commercialité. C??est un projet censé générer un cash flow pouvant couvrir en partie, sinon en totalité les services de la dette.», explique le directeur général du Chantier naval et industriel du Cameroun (CNIC), Antoine Bikoro Alo??o. Au niveau contractuel, c??est un ensemble de conditionnalités et de garanties (tenue de la comptabilité séparée du projet, bilan certifié de 2005, accord de trust, etc.) qui n??ont pas été respectées par le CNIC. Ce qui a entraîné une suspension des décaissements de la BAD en avril 2006. Au Chantier naval, on affirme que trois conditionnalités ont été honorées. Les dépassements des coûts, les projections financières voire une reconfiguration du projet étaient en débat hier à l??hôtel Le Méridien de Douala, avec les principaux bailleurs de fonds impliqués dans ce projet. Si le CNIC fait les yeux doux aux partenaires financiers, l??atout majeur de séduction reste ici le cap mis, sur la commercialité. Il s??agit en gros de rendre le Yard pétrolier de Limbé productif. Une extension du CNIC à but commercial parce que le site de Douala présentait quelques limites. Notamment pour la réparation de navires d??une plus grande taille, de grandes plateformes pétrolières, alors que la pression des armateurs et autres clients de poids est devenue forte. Dans la première phase, le volet industriel, prévoit entre autres, sur une superficie de près de 60 hectares dont 45 provenant de la surface terrestre et 15 à récupérer du plan d??eau, la construction d??une brise-lame de 700m, d??un quai polyvalent de 400m de long et de 12m de tirant d??eau, dragages, remblais et viabilisation d??une zone réservée aux logements. Dans le volet social, estimé à 26 milliards de Fcfa, on compte un programme immobilier de 2500 logements pour le personnel ou encore des compensations et le recasement des populations, etc. Le Yard pétrolier de Limbé est un projet colossal car il entraîne la création de près de 5000 emplois. L??impact sur l??amélioration des conditions de vie des populations est donc garanti, avec un effet induit sur le PIB. Après la réunion d??hier, une visite des projets a lieu ce jour à Limbé. Afin que le redémarrage des travaux qui est la priorité ici, se passe dans les meilleures des conditions. Avec la bénédiction des partenaires.
Alain TCHAKOUNTE, Cameroun Tribune




