Ces insectes verts très visibles dans la ville en ce moment, suscitent la curiosité chez certains citadins et l??engouement chez d??autres. Depuis quelques jours, les amateurs d??insectes se délectent à Yaoundé. Plus un seul coin de rue n??est épargné par les essaims de criquets. A longueur de journée et de nuit, jeunes et moins jeunes font la chasse. Ils arpentent les rues de quartiers, et même les bureaux, à la recherche des petits volatiles verts. « On veut juste vérifier si quelques criquets ne sont pas entrés ici », lance un jeune garçon, sans même se rendre compte qu??il trouble la concentration des travailleurs. Et dehors, la chasse se fait d??une façon assez insolite. Pas de gros efforts à fournir. Les proies sont faciles à attraper. Ces insectes volent assez bas et
il suffit de les suivre pour les prendre un à un. Au bout d??une heure, on a une quantité suffisante pour un repas. « J??aime manger les criquets avec du bâton de manioc », lance Olga N., enseignante. Et comme elle n??a pas pu en avoir à volonté à son départ du bureau, Olga N. a acheté des insectes chez un autre ramasseur, pour son repas du soir. Et la gibecière, aussi insolite que le gibier. Une bouteille en place, non couverte. « C??est pour que les criquets ne puissent plus s??envoler. De plus, ça facilite leur transport », affirme Jeannot T., ramasseur de criquets. Et il y a même des stratégies pour en attraper en grande quantité. « Les insectes sont visibles en journée, mais c??est mieux en soirée. Ils sont attirés par la lumière. C??est pourquoi on s??installe la plupart du temps sous des lampadaires », souligne le jeune homme. Ce qui n??est pas sans risque pour les ramasseurs. Aux heures de pointe par exemple, certains manquent de se faire ramasser par des véhicules alors qu??ils tentent de rattraper un insecte, en pleine chaussée. « L??homme doit manger à la sueur de son front », a lancé un ramasseur, tout trempé. Et à son avis même ceux qui commercialisent ces insectes n??ont pas un autre moyen pour les capturer. C??est ce qui explique son coût élevé sur le marché. En effet, un paquet d??à peine 200 g de criquets séchés coûte en moyenne 500 F. Les insectes frais, vendus dans des bouteilles de 1,5 l reviennent à 1500 F. Mais en dehors des consommateurs, qui se réjouissent de l??apparition des criquets, les autres s??en inquiètent. Pour eux, c??est un signe de la météo qui ne trompe pas. « Plus il y a de criquets et de sauterelles à l??amorce de la saison sèche, plus elle sera rude », soutient Rigobert Tzopgang, la soixantaine.
Jocelyne NDOUYOU-MOULIOM, CT
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