Yaoundé-Bafoussam: L'axe du mal

Le communiqué ayant sanctionné les travaux de la 11è session du Conseil national de la route (Conaroute*), tenus voici peu à Yaoundé, contient un bout de phrase sur lequel il ne serait pas inutile de s??attarder. Le Premier ministre, Philemon Yang, a demandé au ministre des Travaux publics de procéder, sans délai, à l??identification et à l??éradication des points critiques accidentogènes sur la route nationale Yaoundé-Bafoussam. En français facile, il est question de colmater les cratères qui se développent à une vitesse exponentielle sur cet axe.Après ça, il s??en trouvera encore pour prétendre que le Cameroun est mal gouverné. Ou que nos dirigeants manquent d??idées. Oui, pour

reboucher les trous et redresser les mauvais virages sur la route Yaoundé-Bafoussam. Et Mbalmayo-Ebolowa ? Et Yaoundé-Akonolinga ? Et les autres axes routiers qui souffrent également d??une dégradation avancée ?Nous ne savions pas qu??un ministre des Travaux publics avait besoin d??une prescription spéciale de son supérieur pour faire ce pourquoi il est payé, nourri, blanchi à l??oeil. Lorsqu??on observe l??état de dégradation continue de nos infrastructures routières, ces acquis chèrement payés par le contribuable, on se demande bien si nos responsables ont un problème particulier avec la notion d??entretien. Tout se passe en effet comme si, délibérément, on laissait pourrir pour mieux se vanter, ensuite, de vouloir réparer. Des problèmes financiers ? A d??autres.Pour faire face aux difficultés financières, le gouvernement a mis sur pied un mécanisme de captage de fonds que certains qualifient de braquage officiel: le péage et le pesage routiers. Des caisses qui ne connaissent point la faillite, car «tout le monde paye». Où vont les milliards de francs ainsi engrangés ? Poser la question, c??est vouloir percer un secret d??Etat. Il fut pourtant un temps où les recettes de ces barrières faisaient l??objet d??une large publicité médiatique. On primait les postes les plus performants. Au nom de la transparence, cette approche fut abandonnée : l??argent n??aime pas le bruit.Sur la route des tripatouillages, des milliers de Camerounais sont morts des suites d??accidents de la circulation dont une bonne partie est imputable au manque d??entretien des infrastructures. Et l??on s??étonne que le refus d??entretien par les autorités ne figure pas parmi les causes de ces drames. Pour finir dans la convivialité, ne comptez pas sur nous pour dire que le Conaroute est une connerie.*Tout à fait entre nous, vous n??êtes franchement pas obligés de prononcer cet acronyme, tellement c??est moche.
 

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