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Visite de Paul Biya en France: La BAS lance l’assaut itératif sans réussir

Si la hantise de la fameuse «brigarde antisardinard» est une réalité pour Paul Biya et son entourage, c’est plutôt un organe de presse qui eut maille à partir avec lui au plus fort de sa visite en France dans le cadre de la sixième conférence du fonds mondial de lutte contre le Sida, la tuberculose et le paludisme, le qualifiant de dictateur bénéficiant du soutien indu de la France pour perpétuer l’arbitraire et alimenter la violence inouïe pour
intimider la population afin de mieux manipuler.

C’est un fait, Paul Biya était en France pour quelques jours. Le vieux lion répond ait ainsi à l’invitation de son homologue français. En effet, il prendit part à la sixième conférence du fonds mondial de lutte contre le Sida, la tuberculose et le paludisme. Depuis l’annonce de cette visite, c’est le temps de la «mobilisation» au sein de la diaspora et singulièrement de la brigade antisardinards (Bas) décidée d’en découdre avec lui suite à l’échec du Grand Dialogue National qui avait pourtant suscité un réel espoir tout au moins d’un retour à la normale dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Sous le coup, les menaces fusent de la part de la brigade antisardinards (Bas). Et à ce propos, il y aurait des préparatifs pour faire du séjour du N°1 camerounais un enfer. Seulement Mardi, l’on note dans le même temps une forte mobilisation de la diaspora proche de Paul Biya. Mais depuis mercredi, la riposte de la Bas ne s‘est pas faite attendre.

Echange

Ce mercredi-là, Paul Biya était reçu par Emmanuel Macron à Lyon. Les deux chefs d’État ont surfé sur la mise en œuvre des résolutions du dialogue national. Pendant ce temps, la Bas se préparait pour lancer un assaut dès jeudi. «Depuis quelques jours, on constate une certaine mobilisation, des personnes. Ils quittent la Belgique, le Royaume Uni, l’Allemagne, la Suisse. Ceux-ci convergent vers Lyon ». «Ils ont même affrété des bus pour couvrir le trajet. Sur les réseaux sociaux, les messages sont de plus en plus belliqueux et hostiles. D’aucuns disant même qu’ils préparent des œufs pourris à jeter sur le chef de l’État camerounais». Poursuit, le journal. Pendant le sommet l’État français a pris des dispositions pour garantir à Paul Biya sa sécurité à l’occasion de la sixième conférence de reconstitution du Fonds mondial contre le VIH, la tuberculose et le paludisme qui se déroulait à ce moment à Lyon, Emmanuel Macron devait s’entretenir jeudi avec Paul Biya, dictateur au pouvoir au Cameroun depuis 37 ans, afin d’évoquer la situation politique dans son pays.

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Ce tête-à-tête privilégié intervient alors que le régime mène toujours une guerre contre la minorité anglophone de son pays, et que les libertés individuelles et collectives continuent d’être régulièrement bafouées, non sans qu’on serve aux populations une violence inouïe de la soldatesque embourgeoisée et incapable du moindre discernement quand vient pour elle de réprimer toute contestation du régime en place, la contestation fut-elle légitime et justifiée à souhait.

Quête de reconnaissance

L’Elysée apporte ainsi au régime honni de Paul Biya l’onction de légitimité internationale nécessaire après la parodie de «dialogue national» organisé
la semaine dernière (et rebaptisé par les Camerounais le «Biyalogue» pour noyer les revendications légitimes de dialogue sur les origines de la «crise anglophone». La diplomatie française ne peut pourtant pas ignorer qu’il y a bien d’autres prisonniers politiques et que les conclusions volontairement floues de ce «grand dialogue national», largement téléguidé par le pouvoir camerounais, ne vont pas mettre fin à la guerre dans les régions anglophones. Pour Thomas Borrel, porte-parole de l’organe de presse, « la libération de l’opposant Maurice Kamto et d’une centaine de ses soutiens
quelques heures après la clôture de ce «Biyalogue» ne suffit pas à rendre fréquentable un régime dont les politiques répressives ont poussé à la guerre, faisant au moins 2000 morts et un demimillion de déplacés internes et de réfugiés à l’étranger. L’armée camerounaise, qui bénéficie depuis toujours de la coopération militaire française, a depuis deux ans incendié et rasé des dizaines de villages.
» Raison pour laquelle cet organe n’a pas hésité de dire que : «la principale maladie du Cameroun, c’est pourtant Paul Biya !» ce d’autant plus qu’aujourd’hui plus qu’hier encore, Paul Biya fait partie de ces dictateurs «amis de la France» avec qui Emmanuel Macron devrait éviter de s’afficher publiquement s’il avait eu, comme certains l’avaient cru, l’intention de rompre avec la Françafrique.

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En ne s’y faisant pas, il offre inéluctablement l’occasion à la Bas de continuer son combat à l’encontre de Paul Biya, quand bien même leur action érode dangereusement la notoriété induite du Cameroun, aussi longtemps que ce dernier constitue en lui-même une institution républicaine à laquelle tous les Camerounais doivent allégeance, considération et respect. encore qu’il faut prendre avec les pincettes cette institution que représente Paul Biya qui a lui-même contribué à ce que les Camerounais n’y croient guère et l’assimilent plutôt à une sorte de paravent brandie pour essayer de taire moult manquements et avaliser d’innombrables passe-droits.

Le Jeune Enquêteur N° 340 du 15 octobre 2019

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