Violences s**e*xuelles: 20% de femmes victimes au Cameroun

L’Ong Swaa associe les hommes de Dieu à la lutte au travers d’un atelier de renforcement de capacité ouvert vendredi à Yaoundé.
Quatre jours pour enrôler les leaders religieux de Yaoundé et ses environs dans la lutte contre les violences s*e*xuelles (Vs). C’est l’objectif principal que s’est assigné l’organisation non gouvernementale (Ong) internationale, Society for Women and Aid in Africa (Swaa) entendez Association des femmes africaines contre le sida. L’Ong organise du 10 au 16 décembre 2015, un atelier de renforcement des capacités des imams, pasteurs et prêtres. L’objectif de cette formation financée grâce au Fonds canadien  d’initiatives locales est de sensibiliser une centaine de leaders religieux pour une meilleure prise en charge des cas de violences s*e*xuelles fondées sur le s*e*xe. Avec à la longue, la mise en place d’un réseau pour la formulation d’un plaidoyer pour la lutte contre les Vs.
Selon la coordinatrice de cette Ong au Cameroun : « les violences s*e*xuelles sont monnaie courante dans notre société et visent les femmes indépendamment de leur âge.» Pr Dora Mbanya déplore l’impunité qui favorise l’explosion de ces actes. «Ces personnes ont besoin d’être accompagnées par les autres acteurs de la société », souhaite l’hématologue.
L’ampleur des violences s*e*xuelles n’est plus à démontrer. «20% de femmes ont été forcées à avoir leur premier rapport s*e*xuel. 30% l’ont eu avant l’âge de 15 ans », révèle Suzanne Ngnié Tagne, responsable des programmes à Swaa-Cameroun, citant ainsi les résultats de l’Enquête démographique et de santé (Eds 2011).  Elle souligne que plus de la moitié des victimes, soit 59%, n’ont jamais dévoilé ces violences. Violences qui peuvent être identifiées sous-forme d’attouchements, de viols, des injures, des coups et blessures, etc., rappelle Clarnette Sodon, psychologue/psychothérapeute à Yaoundé. Les causes des violences, d’après elle, sont principalement, la perception traditionnelle de la différence entre l’homme et la femme, la méconnaissance par les femmes de leurs droits, la pauvreté qui les oblige à rester dépendantes des hommes, les crises humanitaires.

Adrienne Engono Moussang

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