Viol présumé à Paris : Un colonel camerounais dans la tourmente, l’ambassade réagit

Colonel

L’ambassade du Cameroun en France monte au créneau suite à un article du Parisien mettant en cause un diplomate camerounais, soupçonné d’agressions sexuelles sur sa fille mineure. Dans un communiqué officiel obtenu par 237online.com, la représentation diplomatique dénonce un traitement médiatique « biaisé et partial« , et rappelle l’obligation de respecter les conventions internationales protégeant les diplomates, même présumés coupables.

Le Parisien lâche une bombe : Un colonel camerounais soupçonné de viols répétés

C’est une affaire sordide qui secoue la communauté camerounaise de France et au-delà. Mercredi 5 juin, le quotidien français Le Parisien a publié un article explosif dans ses pages « faits divers », intitulé « Paris : Soupçonné pour Viols sur sa Fille de 16 ans, un Colonel Camerounais, avance l’Immunité Diplomatique ». L’article, à charge, détaille les graves accusations pesant sur ce haut gradé en poste à l’ambassade, qui aurait abusé à plusieurs reprises de son enfant. Et souligne les entraves à l’enquête, l’intéressé invoquant son immunité diplomatique pour échapper aux investigations. Des révélations qui ont fait l’effet d’une déflagration, et enflammé les réseaux sociaux prompts à condamner sans appel le suspect sur la base de cet unique article de presse, sans présomption d’innocence.

L’ambassade « dénonce » un article « biaisé et partial » et invoque les conventions de Vienne

Face à l’emballement médiatique et la vindicte populaire, l’ambassade du Cameroun à Paris a réagi officiellement ce 7 juin. Dans un communiqué cinglant transmis à 237online.com, la représentation diplomatique « dénonce la légèreté de cet article dont la formulation à charge, paraît biaisée et partiale au regard des pratiques communément appliquées face à de telles situations ». L’ambassade pointe notamment du doigt la « violation » à plusieurs reprises du domicile du diplomate incriminé « sans autorisation de l’Ambassadeur », en contradiction avec les protections garanties par la Convention de Vienne. « Il s’agit là, d’actes délibérés d’une réelle gravité, qui, avec l’alerte conséquente manifeste, orchestrée par certains médias dont Le Parisien, sont susceptibles d’interprétations malheureuses et inexactes qu’on retrouve dans les médias sociaux« , fustige le communiqué.

Même coupable, un diplomate n’en reste pas moins protégé rappelle l’ambassade

« L’Ambassade du Cameroun rappelle que la France tout comme le Cameroun, sont des Etats de droit, dont le respect des Conventions Internationales et pratiques Diplomatiques coutumières guident impérativement toutes actions dans lesquelles les diplomates sont impliqués sans préjudice du caractère justiciable de ceux-ci », poursuit le texte. Comprendre : même présumé coupable, un agent diplomatique bénéficie d’une protection spéciale qui doit être scrupuleusement respectée. Une façon de recadrer la presse et l’opinion, sommées de ne pas se laisser aller à une vindicte expéditive. « La liberté de la presse, ne saurait se soustraire de ces engagements internationaux », conclut sobrement le communiqué. Le message est clair : immunité diplomatique ou pas, seule la justice est fondée à trancher, dans le respect du droit. Pas la clameur des réseaux sociaux ni le tribunal médiatique.

Affaire à suivre : La justice française va-t-elle demander la levée de l’immunité ?

À ce stade, malgré la gravité des accusations, aucune procédure judiciaire ne semble avoir été officiellement ouverte, l’immunité diplomatique du colonel faisant barrage à toute mise en cause. Pour que l’affaire soit judiciarisée, il faudrait que la justice française demande officiellement la levée de cette immunité aux autorités camerounaises, qui devraient alors trancher. Un scénario potentiellement embarrassant pour Yaoundé, alors que la pression médiatique et la réprobation populaire ne cessent de monter en France comme au Cameroun. Face à ce dilemme, deux écoles : ceux qui appellent à laisser la justice faire son travail en retirant sans délai l’immunité d’un présumé pédocriminel. Et ceux qui mettent en garde contre le risque d’un procès expéditif sacrifiant un haut fonctionnaire sur l’autel de l’émotion et de rumeurs non judiciairement établies. Un casse-tête pour la diplomatie camerounaise et un test pour la coopération judiciaire entre Paris et Yaoundé. L’affaire ne fait sans doute que commencer…

Par Esther Manga Ndjomo pour 237online.com

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