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L'ouverture sur le Cameroun

Transformer pour survivre

Les journées de l??Association cotonnière africaine dont les travaux viennent de s??achever à Yaoundé ont confirmé la crise qui secoue, ces dernières années, cette importante filière. Au point que fermetures d??usines et pertes d??emplois consécutives à ces vents contraires sont devenues monnaie courante. Un examen superficiel de la situation pourrait laisser conclure, dans la pure logique de l??économie de marché, que les «canards boîteux » doivent s??exclure d??eux-mêmes du paysage des affaires dans lequel la performance et la compétitivité se posent en règles cardinales quasi inviolables.

Et pourtant, une analyse plus attentive des données permet de mieux appréhender les enjeux du marasme actuel. On sait, en effet, que trente-cinq millions d??Africains tirent l??essentiel de leurs revenus de la culture du coton. De précieuses ressources qui contribuent de manière substantielle à lutter contre la pauvreté, l??exode rural et la sécurité alimentaire. Pensez donc : la SODECOTON implantée dans la partie septentrionale de notre pays verse annuellement à ses quelque 350 000 producteurs entre 30 et 40 milliards de F au titre d??achat du coton-graine. Sans être une manne tombée du ciel, ce pactole est, tout de même d??un apport appréciable dans l??amélioration des conditions de vie des populations concernées.Problème cependant : le coton africain n??est pas compétitif sur le marché international, du fait des subventions massives des pays industrialisés. Il en résulte que les prix d??achat aux producteurs africains ne sont pas incitatifs. La conséquence mécanique étant l??attrait décroissant de la filière dans les zones de production. L??on ne peut donc s??étonner, pour ce qui est du Cameroun que, de 300.000 tonnes il y a trois ans, la production de la SODECOTON se soit contractée de moitié pour se situer désormais à seulement 145.000 tonnes. Il ne fait pas de doute, dans ces conditions, qu??il y a péril en la demeure. Ce qui appelle des solutions appropriées, urgentes et efficaces. En évitant de verser dans d??inutiles jérémiades. Iya Mohammed ne dit pas autre chose lorsqu??il plaide pour que « l??Afrique trouve d??autres voies pour (??) faire gagner de l??argent aux producteurs de coton, plutôt que de décrier en vain des subventions des producteurs américains et européens ».Les Africains doivent donc agir. En prenant résolument en main l??avenir de ce pan de leur économie. L??un des axes de réflexion étant incontestablement l??impératif de la transformation. Il est pour le moins paradoxal que nos pays continuent d??exporter du coton à l??état de matière première, sans la moindre plus value. Avant d??importer, en se soulageant de précieuses devises, des produits manufacturés fabriqués à base du même coton. Comment comprendre, par exemple, que l??industrie locale n??absorbe même pas le dixième de la production nationale de coton ? Et ce, alors que les besoins dans ce domaine sont considérables?? Comme d??autres régions du monde, l??Afrique a le devoir de protéger son espace économique. Au profit de ses populations. Par tous les moyens. Imagine-t-on seulement les répercussions néfastes que pourrait engendrer une éventuelle faillite complète de la filière cotonnière africaine ? Il est temps d??exorciser une perspective si désastreuse. En privilégiant des solutions endogènes. Le salut est à ce prix.

MAKON ma PONDI, CT

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