Télécommunications: L’Art et la 4G au Cameroun

Comment le gouvernement, à propos de la 4G, a mis la charrue avant les bœufs, selon l’agence de régulation de ce secteur d’activité.
Les récentes accusations portées il y a quelques semaines contre les opérateurs de téléphonie mobile par la Commission nationale anticorruption étaient suffisamment graves. Très graves même pour laisser indifférente l’Agence de régulation des télécommunications (Art), l’établissement public administratif chargé d’assurer, pour le compte de l’Etat, la régulation, le contrôle et le suivi des opérateurs, des exploitants des réseaux et des fournisseurs des services de communications électroniques. Les explications en valaient donc la peine pour cet organe de médiation accusé souvent de complaisance vis-à-vis des opérateurs de téléphonie mobile pourtant liés au gouvernement du Cameroun par des contrats de concession. Mardi dernier, face aux autorités de la ville de Douala, en tête desquelles le gouverneur de la région du Littoral, le directeur général de l’Art, Jean-Louis Bey Mengue a recouru à des formules satiriques pour expliquer la mauvaise qualité et le mauvais service de la 4G pourtant annoncée à coup de pub il y a quelques mois par les opérateurs de téléphonie mobile Mtn Cameroun et Orange Cameroun notamment. « On n’est même pas parti pour la course, mais chacun s’est déjà proclamé premier », a rigolé le directeur général de l’Art, faisant allusion aux dernières campagnes de publicité menées tout récemment par ces deux principaux concurrents, suite à leur acquisition de la 4ème génération. L’hypothèse selon laquelle ces opérateurs en question « utilisent des éléments de la 2G pour satisfaire la 4G » pourrait à ce point être vraisemblable, à tous points de vue. 237online.com Le gouvernement camerounais ne pourrait être blanchi totalement, puisque selon toute vraisemblance le contrôle de cette norme pour la téléphonie mobile de haut débit n’était pas inscrit dans le cahier de charge de l’Art à sa création le 14 juillet 1998. Pour Jean-Louis Beh Mengue, il est donc urgent de réécrire les accords de concession, ainsi que les cahiers de charges y afférent, l’Art s’occupant « des contenant.

Fibre optique
Au sujet des tarifs, le Dg de l’Art s’est félicité de ce que les tarifs de l’appel à la minute aient régressé considérablement en 15 ans de concession, passant de 500F la minute en 2001 à 60 F Cfa à ce jour. Sensiblement pareil au tarif pratiqué chez nos voisins gabonais où le coût est de 1F la seconde. Au sujet de la fibre optique, M. Beh Mengue a déploré le retard accusé par le Cameroun, qui ne devra pas atteindre les objectifs de 25.000 kilomètres de fibre optique avant les 20 ou 25 prochaines années, à moins d’un changement de politique. Un retard qui va impacter la qualité voulue. Pour le moment, le Cameroun dispose d’environ 9000 kilomètres ou moins, et la libéralisation pourrait être une solution, à en croire le Dg de l’Art. En 2008, le gouvernement avait sommé l’opérateur Mtn d’arrêter les travaux de pose de la fibre optique. Une charge confiée exclusivement à Camtel depuis lors.

Théodore Tchopa

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