Tchad : Liesse et tensions après la victoire contestée de Mahamat Idriss Deby 🇹🇩🗳️🔥

Mahamat Idriss Deby

La proclamation de la victoire de Mahamat Idriss Deby à l’élection présidentielle tchadienne a déclenché des scènes de liesse chez ses partisans, sur fond de tensions sécuritaires. Entre tirs d’armes automatiques et rassemblements spontanés, N’Djamena a vécu une nuit d’euphorie et de fièvre, malgré les consignes des autorités. Mais la contestation de Succès Masra, arrivé deuxième, fait peser un risque de crise post-électorale.

N’Djamena en ébullition après l’annonce des résultats, malgré l’interdiction de tirer

La nouvelle est tombée dans la soirée du 9 mai 2024 : Mahamat Idriss Deby, candidat de la coalition pour Un Tchad Uni, a été déclaré vainqueur de l’élection présidentielle tchadienne. Aussitôt, ses partisans ont envahi les rues de la capitale N’Djamena pour exprimer leur joie, comme le rapporte 237online.com. Rassemblements spontanés, liesse populaire, poing levé en signe de victoire… L’euphorie était à son comble dans les différents quartiers de la ville.

Une effervescence qui s’est vite muée en défoulement sonore et pyrotechnique. Malgré les instructions fermes du général Abakar Abdelkerim Daoud, chef d’état-major général des armées, et du ministre de la Sécurité publique interdisant les tirs d’armes à feu, d’intenses rafales d’armes automatiques ont résonné toute la nuit. Un déchaînement de joie qui en dit long sur la ferveur et la passion suscitées par ce scrutin historique.

Mahamat Idriss Deby fêté en rockstar, ses soutiens en transe

Épicentre de la fête, le rond-point Cheval où les membres de l’équipe de campagne du vainqueur avaient donné rendez-vous à leurs sympathisants. Dans une ambiance survoltée digne d’un concert de rock, Idriss Youssouf Boy, directeur de cabinet civil à la Présidence et trésorier de la Direction nationale de campagne, est monté sur un podium pour danser au rythme de la musique, galvanisant une foule en transe.

Même les forces de l’ordre semblaient avoir succombé à l’ivresse ambiante. À la Place de la Nation, policiers municipaux et autres agents de sécurité ont été vus en train de festoyer avec les militants de Mahamat Idriss Deby, le poing rageur brandi vers le ciel. Une communion qui tranche avec la retenue habituellement de mise dans les rangs des uniformes. Signe que cette victoire a brisé les codes et libéré les énergies.

Succès Masra conteste et promet d’en découdre, vers une crise post-électorale ?

Seule ombre au tableau de cette parenthèse enchantée, la réaction virulente de Succès Masra, arrivé deuxième selon les résultats provisoires. Le candidat a lui aussi revendiqué la victoire avant même la proclamation officielle, laissant entendre qu’il s’opposerait par tous les moyens à l’élection de son rival. Une posture va-t-en-guerre qui fait peser de lourdes menaces sur la stabilité du pays et le bon déroulement de la suite du processus électoral.

Car en appelant ses partisans à la mobilisation pour défendre son « bon droit », Succès Masra joue avec le feu et prend le risque d’une confrontation aux conséquences imprévisibles. Surtout après une campagne émaillée de violences et d’invectives de part et d’autre. Le spectre d’une crise post-électorale majeure se profile, alors même que le Tchad a cruellement besoin d’apaisement et de concorde pour avancer.

Il revient donc aux acteurs politiques, mais aussi à la société civile et aux partenaires du Tchad, de tout mettre en œuvre pour éviter l’engrenage de la violence et privilégier la voie du dialogue et du consensus. C’est le sens de l’appel lancé par Pahimi Padacké, arrivé en troisième position, qui a eu la sagesse de reconnaître sa défaite et de féliciter le vainqueur. Un exemple de fair-play et de hauteur de vue qui devrait inspirer tous les acteurs de cette séquence électoral. Pour que la paix et la démocratie sortent gagnantes de ces périlleuses échéances.

Par Alain Kemgou pour 237online.com

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