Société

Succession à la chefferie Balengou : Paul Atanga Nji désavoue le préfet du Ndé

Pour Balengou, le ministre de l’Administration territoriale invite le chef-terre à reprendre les consultations dans le strict respect de la règlementation des us et coutumes de la localité.

La désignation de l’actuel chef supérieur de la chefferie du 2nd degré du groupement Balengou dans le département du Ndé, s’est faite avec l’onction du préfet de l’unité administrative. Le chef du groupement Bangangté qui partage avec la chefferie de ce groupement des pactes traditionnels ancestraux séculaires pour leur survie, a dénoncé la violation flagrante des coutumes dans le processus. « En raison de multiples contestations enregistrées au sujet de la désignation du chef traditionnel de 2nd degré Balengou, honneur de vous demander de bien vouloir reprendre les consultations, en vue de la désignation du chef traditionnel dans le respect strict de la règlementation en vigueur des us et coutumes de la dite localité. Vous voudrez bien me rendre compte du résultat de votre action. Urgence particulièrement signalée. »

Le message, signé en date du 18 janvier 2022, manifestement, virale sur la toile et portant la mention « Très urgent, » est de Paul Atanga Nji. Il est, intentionnellement, adressé au préfet du Ndé, Ernest Ewango Budu. Il faut relever que cette communication incisive du Minat, fait suite à la dénonciation de violation flagrante des us et coutumes faite par le Chef Supérieur Bangangté, Sa majesté Monluh Seidou Pokam, par rapport à l’arrestation, en date du 11 décembre 2021, de l’actuel chef Balengou, Sa majesté Elvis Nguemeni Hapy qui succédait ainsi à son père, Feu Sa majesté Marcelin Hapy, disparu. Sur quoi le Fo’o de Bangangté fonde-t-il sa récrimination ?

Pactes traditionnels ancestraux et séculaires

Selon ses dires, conformément aux pactes traditionnels ancestraux et séculaires qui, en termes de survie, lient la chefferie Bangangté et Balengou, c’est le chef Balengou qui doit arrêter le chef Bangangté et réciproquement, en cas de décès de l’un ou l’autre Fo’o dans le cadre de leur succession respective. Après le décès du chef Balengou, Feu Sa majesté Marcelin Hapy, « j’ai été informé » que l’illustre disparu, dans ses dernières volontés, avait plutôt porté le choix sur le chef de Batcha dans le Haut-Nkam pour l’arrestation de son successeur. Il s’est agi, « à mon égard, » d’une décision unilatérale et avilissante. Toute chose qui m’a amené à consulter les ancêtres qui s’en sont allés des recommandations applicables et irréversibles à l’encontre de la chefferie Balengou.

Lesquelles : « l’interdiction formelle et stricte à tous les rois Bangangté en commençant par celui au trône de se rendre encore à la chefferie Balengou, une violation de cette disposition entrainera sans aucune solution la colère des ancêtres Bangangté ; aucun chef Balengou ne devra pour quelque raison que ce soit, prendre part aux cérémonies d’intronisation d’un chef Bangangté et si un chef Balengou viole cette disposition en s’intéressant à l’arrestation d’un chef Bangangté, il tombera aveugle ; Jusqu’à la fin des temps et à compter des rois actuellement en fonction, les chefs Bangangté et Balengou ne partageront pus jamais le même repas et pour traduire dans la coutume, ils ne mangeront plus jamais ensemble les repas apprêtés dans une même cuisine ; à compter de ce jour, il est formellement interdit à tout Bangangté connu de son chef supérieur de se rendre à la chefferie Balengou, d’y apporter une contribution ou un soutien quelconque au chef Balengou.

Sa majesté Nji Monluh Seidou Pokam soutient que ces prescriptions ancestrales induisent désormais la dislocation totale des pactes coutumiers et traditionnels séculaires entre les deux chefferies. » Dans la foulée certaines élites et notabilités Balengou ont mis en cause le représentant de la tutelle dans les manœuvres déloyales et maffieuses où des pots-de-vin et finances, à son adresse, ont circulé. Aux fins de la transgression des pactes traditionnels et ancestraux séculaires entre la chefferie Bangangté et Balengou.

Satisfactions

Par ailleurs, ces éminences ont révélé que le préfet a, délibérément,dans cette ambiance peu orthodoxe, foulé aux pieds les procès verbaux, archivés, qui ont toujours éclairé la lanterne de l’opinion sur le respect des us et coutumes locales dans la désignation des successeurs de l’un ou de l’autre roi au trône de chaque chefferie après son décès. Pour l’heure, la démarche du Minat est reçue avec beaucoup de satisfactions par les fils et filles du Ndé en général et particulièrement ceux de Balengou et Bangangté.

Qui sont restés confondus et tétanisés face aux recommandations sus-indiquées du chef Bangangté. Ils remercient, somme toute, le chef de l’État pour l’attention accordée au département de la noblesse. Toutefois, il est de bon ton, de souligner que dans sa déclaration officielle, le chef supérieur Bangangté, ne s’est pas prononcé sur la légitimité du nouveau roi de Balengou. Nji Monluh Seidou Pokam a simplement dénoncé la violation du processus d’arrestation du nouveau chef suivant les us et coutumes. Ce qui donnerait un autre parfum à son réquisitoire. Pardi !

Filbert Michel Josué AZAP NDONGO

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